Je ne sais pas ce qui me chagrine le plus, du gros pot de confiture de prunes explosé sur le carrelage de la cuisine ou des fraises sauvages du jardinet qu'aucune petite menotte ne viendra cueillir en juin et qui, trop mûres, se détachent du pétiole et ne trouveront pas, en agissant ainsi, la voie vers une bouche gourmande et fendue jusqu'aux oreilles.


Peut-être, quand même,  le pot échappé des mains d'Épouse-précipitée ?
N'ai-je pas, à l'étourdie, promis de ramasser les morceaux de verre et de nettoyer le sol ?
Pour les fraises, je pourrais toujours accuser les merles plutôt que ma flemme à me courber sous le soleil déjà ardent de si bonne heure, voire qu'à éponger les éclaboussures mes vertèbres auraient épuisé, en dix minutes et pour la journée entière, leur quota de flexions thérapeutiques.


La terre est basse et Albert est basque.