Papistacheries

mercredi 28 mars 2012

Ni animal, ni végétal, ni champignon... je suis le myxomycète

En avril 2011, déjà, ce "champignon qui marche" était venu faire un tour au jardinet.

Il est revenu — si ce n'est lui, peut-être son frère, ou son fils ( sa fille ?) — en cette fin de mars.

Sur un tronc d'épicéa Le lendemain, le même tronc Le surlendemain, toujours au même endroit Au troisième soir Au matin du quatrième jour Au soir du sixième jour

 

 



dimanche 25 mars 2012

Où l'inspiration se cherche et se trouve sous le pas d'un cheval

Décidément les temps sont durs : le mur s’effrite, le miroir perd son tain et ma chaussette se troue.
Ma ?
Une de mes, plutôt !
N’ai-je pas deux pieds encore ?
Une de mes ? en mars !
Fameuse jument, au demeurant, que cette Une de Mai. Tilu a une fameuse mémoire Comment expliquer sa présence en cette papistacherie consacrée au trou dont se pare désormais une de mes chaussettes ?  Un seul point commun, ténu,  autour du verbe trotter ? Car, si ma chaussette s’est percée, serait-ce que j’aurais abusé du trot ?


Trouée !


Ah, les chaussettes de mon enfance au bout desquelles germaient régulièrement de blancs oignons ou de pâles pommes de terre. Ma mère ravaudait patiemment. Chefs-d’œuvre de patients entrecroisements au coton à repriser que les frottements répétés de l‘orteil contre le cuir d’une chaussure trop petite condamnaient à de nouveau laisser saillir tubercules ou bulbes en perpétuelle croissance.


Celle-ci qui m‘intéresse, ce matin, n’est point trouée en son extrémité, ni même usée par une tige trop rigide et un contrefort sévère au long du tendon d’Achille comme longtemps j’eus à supporter, non, c’est le talon qui bâille.
Qui trotte sur les talons ? Personne.


C’était, pourtant, une maîtresse chaussette, douillette et renforcée aux points stratégiques ; elle a cédé où la garnison ne s’y attendait pas.


Il est passé le temps de l’aiguille à repriser. La chaussette, et tant qu’à y faire, la paire entière, va me précéder au cimetière.
D’aucuns, amputés d’un membre — mais pas de leur humour —, ne s’avisaient-ils pas, en temps de guerre, de plaisanter sur leur pied déjà dans la tombe ? Votre serviteur y aura placé, en avant-garde, ses chaussettes.


Qu’elles soient trouées ne nuira pas à la combustion du corps, au contraire ! L’air circulera mieux et, considérant le prix où risque de grimper le pétrole — voire le gaz, mais les factures ne galopent-elles pas de concert — au jour de la crémation, toute économie sera bonne à réaliser :  mon héritage n'en aura que plus d'allure.

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dimanche 18 mars 2012

De la mue du mur

Le muret qui ceint le jardinet se desquame.
Sévèrement.
Le jardinier suspend ses gestes ; la mue du muret capte toute son attention.

Plus tard, de retour en son intérieur, alors qu’il se lavera les mains, l’homme soulèvera pensivement la tête et son regard se posera sur la glace au-dessus du lavabo. Ce ne sera pas son image que renverra le tain du miroir, mais les larges écailles de l’enduit de ciment dont le muret se dépouille... ou ce sera bien le reflet de son visage.

Quelle différence ?

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jeudi 8 mars 2012

A quelle heure la diligence pour les états de Bretagne ?

Elle voit ces deux grandes enveloppes brunes sous mon bras et m’interroge :
— C’est pour des affranchissements ?
— ¿ Qué más ? rétorqué-je, haussant les épaules.

La préposée me désigne un nouvel automate esquiché entre la photocopieuse et le présentoir des cartes de vœux humoristico-touristiques. Une lueur d’incompréhension m’échappe : la dame se lève, quitte son guichet et, s’excusant :
— Les affranchissements, moi, je ne peux plus, je vais vous montrer.

Écran tactile, balance, fente — l‘appareil n‘accepte pas les billets mais il délivre outre la vignette dûment renseignée la monnaie de vos pièces — la leçon est vite apprise.

— Je n’ai qu’un billet de vingt.
— Je peux vous donner ce qu’il faut — donner ? disons échanger !
La dame regagne sa chaise et — ne me demandez pas comment — transforme mon billet bleu en rondelles métalliques.

Déjà que pas très gai,  voilà que ça me retourne de contribuer à cette évolution du service public. J’entrevois le jour où la poste ne sera plus qu’un hall empli d’automates et la dame qui tendra sa sébile devant la porte sera celle-là même qui m’en aura enseigné l’usage, et je jure qu’elle en a conscience, contrainte qu’elle est de devoir conduire à son prochain licenciement en instruisant les clients de l’art de pouvoir se passer de ses services.

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dimanche 4 mars 2012

Ballade pour un chevalier errant


(Sur un air d’une autre ère)

Hilaire R***, hère solitaire, erre.
Sans haire ni discipline,
Quasi le cul à l’air
Il erre, Hilaire,
L’errant chevalier...

Errant ?
Errant ?
Et ran pa ta plan.



« Situés par 48° 18’ 26”N et 0° 45’ 13”E, les cadrans solaires de Saint-Hilaire-sur-Erre avancent de trois minutes sur ceux de Greenwich. »

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mercredi 29 février 2012

Les ongles noirs

A l’aplomb des branches du pêcher — l‘ombre poindra en mai —, sous les buis qui entourent le tronc du vieil arbre fruitier, dans les espaces que les cyclamens ne couvrent pas de leurs feuilles étalées, parmi la mousse qui colonise la terre nue, prolifèrent les jeunes plants de buis.

buisLa saison venue, les fruits, petites marmites ventrues, ont libéré de dures graines que l’aspect de sous-bois, sciemment entretenu — des fraisiers étendent, à l’occasion, leurs stolons grêles —, chaque année, encourage à la germination.

Cent plantules, grandes comme l’annulaire dressé, délicatement arrachées, du pouce et de l’index, pour se voir repiquées du majeur, érigé en plantoir mineur, dans autant de godets garnis — un doigt au moins, trois phalanges pas plus, allez, disons de la taille de l’aristocrate auriculaire ! — de grossière — mais tamisée un brin — terre de jardin.

Cent godets nourris d'un parterre d’à peine moins un centiare.

Le jardinier, agenouillé, le nez au ras des embryons toujours verts, se voit grand architecte : ne tient-il pas désormais de quoi repeupler tout un are ?



Photo empruntée sur la toile

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dimanche 26 février 2012

Si Eugène Sue, l'étroit mousquetaire transpire (Oui, je sais, je devrais demander à MAP de rédiger les titres de mes inepties)

Faut-il croire que je me sois donné tant d’exercice, hier, au jardinet de mes parents très âgés, que, m’installant au volant de notre voiture, et avant d’avoir franchi cinquante mètres, la face interne du pare-brise se soit couverte  de condensation ?


Est-ce donc cela le cheval fumant après les chevauchées endiablées des mousquetaires de jadis ?

Quelle idée, au XXIe siècle, d’installer le canasson à l’intérieur de la voiture ?

Mais aussi, verriez-vous Épouse-On-Y-Va atteler son transpirant époux à la ridelle d’un carrosse de 120 cv * ?

Pour fringant que j’essaie de paraître, je doute fort que nous eussions pu rejoindre l’écurie à temps afin d’y tremper les croissants dominicaux dans un abreuvoir empli du breuvage dont vous savez l'appétit que je lui voue.

* J’ai noté 120 cv : c’est une licence poétique. Ne croyez pas que ma curiosité mécanique me pousse à soulever le capot du moteur du véhicule auquel je confie le soin de, précisément, nous véhiculer, Épouse-A-Ma-Droite** et moi.

**Laquelle, souvent, se situe à ma gauche, faut-il le rappeler.

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