Papistacheries

Mes amis de blogue sont des héros.

jeudi 12 novembre 2009

Bilan de santé

A la voir aussi fraiche, on jurerait qu'elle* a passé la journée chez le coiffeur (encore qu'un coiffeur qui n'userait que de shampoing à la Bétadine risquerait de manquer vite de clients) . C'est elle* qui m'a appelé à 12 h 30, une fois de retour dans sa chambre ordinaire (sans étape aux soins intensifs). Ce soir,  elle* a mangé de bon appétit (enfin aspiré son potage à la paille, mais je lui ai coupé sa tranche de jambon — ah ! le personnel est sympa mais l'intendante manque un brin d'originalité — et porté la cuillère aux lèvres afin qu'elle* goûte à la compote pommes/bananes. Elle* en aurait volontiers pris une seconde.
Pour l'instant nulle séquelle douloureuse de l'anesthésie et elle* a demandé à emporter sa seringue de morphine pour la finir à la maison si l'envie lui* en venait dans quelques jours.
A mon avis (intéressé) elle* sortira avant le 18.

Merci de vos gentils mots de soutien.
A bientôt.
P.

* Est-il utile de vous la nommer ?

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mercredi 11 novembre 2009

Aux bons du docteur J.-P. R. et de Sainte Bétadine

Ça y est, j'ai confié le squelette de mon aimée aux bons soins du chirurgien. Elle est opérée jeudi matin vers 9 h 00. Présentement, je crois qu'elle sniffe du désinfectant et que demain, elle remet ça avant de tendre sa nuque au bourreau.
Sainte Bétadine ayez une pensée pour elle.

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mardi 10 novembre 2009

Oui... ? Et... ?

Une petite note en passant : ♪

Oui, c’est un peu léger.
Ça me rappelle la lecture de l’almanach Vermot.
Un vieil almanach trouvé chez un oncle un peu lettré.
Il disait  — l’almanach, l’oncle, non — :
DO c’est UT et utérus donc DO c’est RUS ;
RÉ c’est SION car récession ;
MI fait F car FMI ;
FA vaut RI car favori ;
SOL (j’ai oublié pour sol) ;
LA vaut KA car l’avocat ;
SI c’est RON pour Cicéron.
Résumons : RUS-SION-F-RI-?-KA-RON

C’est maigrelet, en plus ça ne  veut rien dire une fois mis bout à bout.

Bon, DO RE MI FA SOL LA SI, c’est maigre de sens également (sauf pour qui connaît la musique) mais pour un sourd ? hein ? c’est comme pour un billet chez Papistache écrit ton sur ton, ça manque de sel.

Je me demande si le billet aurait plu davantage si j’avais mis 2/10. C’est une petite note aussi. Mais je n’aurais eu aucun souvenir d’almanach Vermot à ajouter.
Je vais laisser comme ça.
Comprend qui peut, chantait Bobby Lapointe.

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dimanche 8 novembre 2009

Paraître

Samedi, les forces vives du canton unissaient leurs énergies, sous la houlette du syndicat d’initiatives, pour fêter la pomme et le chocolat. Chaque année, Perche oblige, la pomme est à l’honneur, tantôt associée au pain, au cochon, aux cucurbitacées... cette année, au chocolat.

Épouse-Friande-De-Contacts-Humains me traîne à la manifestation. De pommes pas plus que de chocolats nous ne pûmes goûter. Épouse-A-Mon-Bras est populaire. Chacun s’enquiert de sa santé qu’il a sue chancelante.

Et Épouse-En-Chantier d’annoncer son retour à la case billard le 11 novembre au soir. La consternation se lit sur les visages. L’interlocuteur est gêné, il marque une pause ; les mots lui restent dans la gorge. Croyez-vous que c’est à nous, Épouse-Sur-Le-Départ et moi, qu’il revient de remonter le moral aux gracieux qui croyaient leur pauvre amie sortie de l’auberge.

Épouse-A-Mon-Bras aime ces contacts humains. Elle a jeté l’affliction en plus d’un lieu ; moi, dans mes souliers trop étroits, moi, dont la tête bruissait également d’autres soucis, j’ai joué mon rôle de consolateur à son côté. De retour entre nos murs, je lui ai dit combien l’épreuve m’avait paru difficile. Elle m’a souri en m’assurant que j’avais été très bien et que personne n’avait dû soupçonner mon malaise.

Je vous sers un curieux billet éloigné, fort éloigné, de celui que je voulais poser ce matin. Je voulais vous entretenir d’un rêve où, miracle de la technologie androïque (pour autant que vous me permettiez d’user du barbarisme),  Épouse-Miraculée se voyait dotée d’un squelette en carbone, de muscles de synthèse et de peau artificielle. Un simple transfert de données avait réussi à faire migrer son âme dans un corps inaltérable, dessiné sur ses propres directives, par un artiste de génie.

Que voulez-vous, notre destin nous échappe, le mien glisse entre mes doigts gourds et malhabiles.  Je compte sur votre indulgence pour vous satisfaire de ce maigre court-métrage ; les producteurs ont refusé de financer le film de science-fiction que je ne vous projetterai jamais, ni en privé ni en public.

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samedi 7 novembre 2009

Ma participation au défi du samedi lequel portait le numéro 80

Tir’ eul’ bobinett’ eul’ ch’villett’ cherra (Papistache)

M’l’avait dit la mèr’, faut pas, faut pas, jamais, i’faut pas jamais s’mêler d's affair’s aux z’aut’. C’que l’pèr’ toujours i’y’répétait, eul’père,

Sous sa belle gueule d'apôtre
Et dans son cadre en bois

du temps qu’i suçait pas  ’cor’ eul’ pissenlits par la racin’.

Eul soir, les gens i’disaient comm’ ça, qu’derrièr” la port’ à Mathurin, à des fois, comm’ ça, b’en, paraît — moi j’chais pas, jamais j’y suis-t-allé toquer à la port’ à Mathurin — paraît, à des fois, qu’y’avait des cris qu’on les z’entendait si qu’on collait s’n’oreill’ à la serrur’ à la port’ à Mathurin. Jamais r’en entendu. B’en trop peur qu’la mèr’ é’m’file un’ roust’ avec eul nerf eud‘ bœu’. Mathurin l’était pas l’genr’ qu’on fréquentait, nous autres, à c’tt’époqu’. Mathurin,

Qui fait rien de ses dix doigts
Mais lui qui n'en peut plus
Lui qui est complètement cuit
Et qui se prend pour le roi
Qui se saoule toutes les nuits
Avec du mauvais vin
Mais qu'on retrouve matin
Dans l'église qui roupille
Raide comme une saillie
Blanc comme un cierge de Pâques

Un’ fois, un’ fois seul’ment, j’lai poussée la porte à Mathurin. La mèr’ l’était ret’nue à la m’son rapport à sa phlébit’  qu’avait tourné façon manièr’ à des ulcèr’s. J’y’a collé mon nœil à c’tt’ foutue bon sang d’tabernac’ ed’serrur‘.


C’te porte è’ m’a chu
‘acristi’ bordel d’ hasard
Tout drêt su’ la goul’


B’en les voisins, l’en ont eu des cris, c’tt’ fois, c’taient les miens. I’m’aiment pas les voisins.  I’disent

Que je suis tout juste bon
A égorger les chats
J'ai jamais tué de chats
Ou alors y a longtemps
Ou bien j'ai oublié

B’en m’croyez pas ou b’en m’croyez pas, y’en a pas un qu’est v’nu m’aider à m’rel’ver, j’m’en su’s traîné tout seul jusqu’au gourbi où qu’là mèr’ è’ braillait rapport à sa phlébit’ qu’avait tourné manièr’ d’ulcèr’s... et p’is l’lend’main, b’en... la port’, l’était r’mise tout’ drête comm’ si que r’en n’eud’ r’en s’avait passé.
Comm’ j’vous dis, c’t un mystèr qu’est mystérieux, c’tt’ affair’. J’en sais pas p’us que c’qu’j’en dis et pourtant j’y ai tout dit ce qu’j’en savais.

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mercredi 4 novembre 2009

Le vent soufflait fort ce matin...

Le vent soufflait fort ce matin. Dans ma poche, une maigrelette enveloppe. J’ai remonté le col de ma veste, enfoncé un peu ma casquette sur mon crâne. Un frisson m’a saisi au carrefour. Quand je suis arrivé devant la boîte jaune — fente de droite pour autres départements et étranger— je n’ai pas retrouvé la maigrelette enveloppe. Le vent m’avait fait les poches. Il tourbillonnait ; les feuilles arrachées aux arbres ne savaient pas où donner du pédoncule. Elle s’est perdue la maigrelette enveloppe. Sans doute ne fallait-il pas qu’elle arrive ? J’ai rapporté le frisson. L‘automne aura voulu se mettre au chaud. Pas sûr qu’il ait fait le bon choix.

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lundi 2 novembre 2009

Qué dormiasse le Papistache

12 h 38

Une bulle de souvenir éclate quand j’allais croquer une câpre, roulée au bord de mon assiette, assiette garnie d’une demi-aile de raie, aile baignée d’un filet d’huile d’olive et alanguie, comme savent faire les rajiformes, sur un lit de mesclun du jardinet : cette nuit, regagnant mon lit après quelque miction récréative, j’ai eu l’idée de ce méchant compte rendu que je vous sers.

Ma foi, me suis-je pensé (oui, la nuit, je me les pense les idées) je tiens là — attendez encore un peu, je vous livre — un sujet pour mon billet du jour et si le concept est bon, inutile de le noter, il me reviendra. Il est revenu à 12 h 38.

Pour être franc, à 12 h 38, il m’est revenu que j’avais eu une idée. J’ai dû attendre de croquer la câpre pour que le souvenir se précise.

Flash back


Té, il est deux heures trente du matin, je soulage ma vessie et chemin faisant (chemin faisant, parce que je ne pisse plus au lit depuis... l’été dernier... au moins) je me songe à tous ceusses qui, se réveillant à ces heures pré-matutinales vont peiner à retrouver le sommeil. Tiens, je pourrais dégoiser là-dessus et narguer — si, si, vous le sentez, hé, le ton narquois poindre — mes pauvres compatriotes insomniaques. Vrai ! Moi, je me pose la tête sur le polochon, je me fais le check-up rituel et c’est réglé comme papier à musique, je...
Comment ?
Le check-up ?
Je vous esplique le check-up ?
D’accord, j’esplique. Pieds ? Deux ! Chevilles ? Deux ! Mollets ? Deux ! Genoux ? Deux ! Cuisses ? Deux ! Réglé comme du papier à musique, je m’endors toujours avant d’arriver aux nombres impairs.

Une idée me vient en écrivant. Té, si je meurs un jour, je dis bien “si”, me portez pas la poisse, hé ! si je meurs un jour, je donne mon corps à la science, on en fera des biscuits homéopathiques pour endormir les ceusses qui ont de la peine à se le faire tout seul. Ne me remerciez pas : je suis pas encore mort, hein.  Maurin des Maures, c’est rigolo, hé ! Hé ? Pour quelqu’un dont l’épouse est allée au lycée Jean Aicard de Hyères dans le Var. Maurin des Maures ? Maurin ? Non ? Oh, je suis fatigué, j’esplique pas tout le même soir.

Posté par Old_Papistache à 18:01 - Commentaires [5] - Permalien [#]
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