Cher Père Noël,

C’est encore moi : le Papistache. Veuille m’excuser de ce harcèlement et considère que, ne t’ayant adressé aucun courrier depuis ma naissance (hors les trois qui précèdent), ma soif de correspondance — pour astringente qu’elle puisse te paraître —  appelle plus à une tournée générale qu’à une gorgée en solitaire (d’où l’ouverture, à qui pose un œil sur mon journal intime, de ma lettre du jour au Père Noël).

A propos de tournée, Cher Père Noël, qu’est-ce que tu prends ? 

J’ouvrirais volontiers une parenthèse (voire une paire de…) mais tu me diras que j’abuse des propositions incises et, qu’à force, le lecteur se perd dans mes pensées labyrinthiques — et tu aurais, certainement, raison —, aussi m’abstiendrai-je ; néanmoins, allez, tant pis, j’ose : tu vois, je veux faire un peu d’humour — en grattant, comme, sa cervelle, l‘homme dont Daudet fit un conte, il m’arrive de trouver encore quelques paillettes de métal précieux (ou ce que je prends pour tel) — j’ai souvent entendu parler de la tournée du Père Noël et je réalise, qu’en fait, c’est toujours toi qui paie et, plus inquiétant, que, me hasardant à t’offrir de choisir ta consommation, ne risqué-je pas, comme celui-là qui fut contraint, par ruse, de faire traverser ce fleuve à des voyageurs sur telle embarcation à la place d’un plus finaud que lui et, conséquemment, ta réponse, ne va-t-elle pas m’aliéner pour l’éternité à devoir remplir ce qui, jusqu’ici, était ta mission incessible ?


Du coup, Cher Père Noël, je me demande si je vais poster cette lettre ; c’est une chose de te proposer de boire un coup et d‘avaler trois olives, c’en est une autre de devoir se farcir — aux anchois, les olives — ta tournée — surtout pour l’éternité !