Parfois, en vacances, loin de chez soi, un livre traîne ; on s’en saisit et, alors  qu’on ne l’aurait pas même ouvert si l’été n’avait pas posé une paire d’heures de désoeuvrement entre la chaise longue et le bord de la piscine, non seulement on le feuillette mais on le lit jusqu’à la dernière page.

Page 29 : « Elle avait l’air heureux... »
Page 37 : « Vous n’avez pas l’air folle, dit-il...»
Page 39 : « Elle avait l’air à la fois épuisé et heureux...»
Page 40 : « Vous avez l’air fatiguée, dit Bernard... »
Enfin, page 158 : « Vous n’avez pas l’air gai, dit Jacques... »

Et, petite gourmandise signée d’une auteure qu’on devinerait Parisienne, si on n’avait jamais entendu parler d’elle et qu’on ait l‘orgueil provincial un brin chatouilleux: « la femme du notaire de Caen...”.
La femme du notaire de Caen ! Aujourd’hui, les pages jaunes de La Poste donnent 32 occurences  pour la requête “notaires à Caen“ ; alors, en 1957 — ce roman est sorti des presses le 14 août 1957 —, même en divisant par quatre — les notaires se prêtant particulièment bien à la division —  on peine à imaginer un unique notaire pour une ville qui devait déjà bien compter 100 000 habitants à cette date, sauf à considérer, du haut de la butte Montmartre, le chef-lieu du Calvados pour un pâté de maisons.

Mais, on s’amuse, on s’amuse et on n’a toujours pas fait blanchir les braises du barbecue. Ce n’est ni dans un mois ni dans un an que les petits estomacs de la marmaille encore occupée à s'éclabousser avec de grands rires dans la piscine de la location estivale vont crier famine. Il me reste une heure ; la tribu aurait l’air dépité si, sortant de l'eau et s'ébrouant au soleil, elle devait se résoudre à manger des saucisses froides.