— Bonjour prince charmant, me susurre-t-elle.
Prince charmant ? Qu’ois-je ? Charmant ? Sa langue aura fourché et elle aura voulu dire « marchant », encore que « boitant bas » eût été de meilleur aloi. Mais, prince ? moi qui ne suis pas noble, « gueux » me siérait mieux. «  Bonjour gueux boitant bas ! »

bonjour mon prince charmantGueux boite-en-bois, en voilà un pseudo qui me conviendrait parfaitement ;  n’est-ce pas mon destin qui poudroie, là-bas, sur la ligne d’horizon. Papistache boite-en-bois.
— Que marmonnes-tu, mon prince, dans les poils de ta moustache chenue ?
— Rien, ma mie, quasi rien, je pensais à l’avenir.
— Ah, l’avenir ! souriant, radieux, vaste… Allez, fais-moi un petit…
— Un petit ? Vraiment. A mon âge ? Le verrais-je grandir assez ?
— …bisou, mon prince, bisou ; où ton imagination te mène-t-elle encore ?