Qu’est-ce donc ?
Depuis ce matin aux petites heures, une giroflée à cinq feuilles me hante.
Pas que l’envie me démange de souffleter qui que ce soit, non ; l’expression est là qui tourne. Il faut que je m’en ampute en la jetant sur ces pages saumon.


On croit tout savoir et j’ignore tant.


Giroflée à cinq feuilles ! Tout jardinier observe que la fleur de la giroflée ne possède que quatre pétales. Alors ? Pourquoi comparer avec l’empreinte écarlate d’une gifle sur une peau tendre ?
C’est que, bon ami, l’expression n’intéresse pas la fleur.
À cinq feuilles !
Pas à cinq pétales ni à cing lobes — comme les érables savent faire. À cinq feuilles !
La giroflée porte bien plus de feuilles que cela !


Alors ? Je l’ignore.


J’avais le nez sur la fleur et je devais scruter les feuilles. Peut-être la plantule, sortant de terre, écarte-t-elle ses feuilles naissantes comme une main qui s’ouvrirait ?

Je ne sais pas ; on se croit malin et on passe à côté des grandes solutions aux questions existentielles.
Ça mériterait des gifles !