Papistacheries

C'est curieux quand je dis que je suis fêlé mes amis de blogue rient mais ne démentent pas...

mardi 22 décembre 2009

Je ne suis pas...

Je ne suis pas un saint.
Louis IX l’était (le devint) ; sous un chêne, il rendait la justice.
Mon banc de pierre est à l’aplomb du pêcher.
Verrait-on un saint rendre la justice à l’ombre d’un péché ?

Je ne suis pas un saint.
Cette nuit, j’ai rêvé qu’un don me tombait du ciel : guérisseur universel !
Je me gelais les fesses sur la pierre glacée du banc que le pêcher surplombe.
C’est douloureux ; certes le froid soulage les hémorroïdes mais il glace les viscères : la file d’attente des désespérés s’allongeait.

Je ne suis pas un saint.
J’ai vu les charters déposer leurs impressionnantes cohortes de miséreux dans ma rue.
J’ai vu se multiplier les Thénardier et leurs échoppes branlantes.
Les pèlerins comme sauterelles au Maghreb ont dévasté mon jardinet, chacun brandissait sa maigre relique : jusqu’au dernier rhizome de muguet.

Je ne suis pas un saint.
J’ai coupé court ; j’ai achevé mon rêve, me suis levé et ai entrouvert les volets : la rue était déserte.
Me recouchant, j’ai touché Épouse-Endormie de la jambe ; elle s’est tournée sur le côté ; j’ai passé ma main le long de son dos ; il m’a semblé qu’elle ronronnait ; j’ai fini d’user et l’étoffe de son pyjama et les dernières bribes de mon pouvoir. Je ne suis pas un saint : j’essaie juste d’être un homme à peu près bien.

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mercredi 2 décembre 2009

Sans doute il eut raison

Au diable les accouchées.

Foin des mises bas.

Voyons que je procrée de nouveau.

Mardi soir, je sortais les poubelles. Mercredi matin, je les rentrais.
Entre les deux : une nuit.

Une nuit pendant laquelle les éboueurs sont passés.

Pleines au soir, vides au matin.
Poubelles plurielles.
Plurielles à force de singularité.
Déchets organiques.
Déchets à incinérer.
Déchets à recycler.

Il me revient en mémoire cette aventure contée par la presse voici quelques mois.
Dans ce ministère — était-ce celui de l’écologie ? ce serait plus goûteux, faisons comme si — la foi verte chevillée aux principes, le gentil personnel s’efforçait de diversifier au maximum le moindre rebut de son activité. Las, la dame préposée au ménage des bureaux ne disposait que d’un seul sac pour procéder à la collecte des cartons soigneusement étiquetés. Ainsi, chaque nuit, elle s’appliquait à rassembler les débris divers gentiment dispersés au long du jour. Et zou... à la benne !

Il se chuchote que bientôt les ordures seraient taxées au poids. Verra-t-on fleurir des serrures à combinaisons au couvercle de nos poubelles ? Qui le premier songera à vendre sous le manteau des passepartouts ? Les décharges sauvages — pas encore totalement éradiquées en nos campagnes en dépit des déchetteries gratuites — retrouveront-elles vigueur et laideur réunies ?

Hier soir, je m’interrogeais. Le local à ordures est en contrebas de la route ; chaque mardi, je tire les deux conteneurs  lourds, lourds, — pourvus de roulettes, grâce aux essieux — dans la montée vers le trottoir ; chaque mercredi, dans la descente, mes poubelles vides au bout du bras, je philosophe :

" Oh, oh, dit-il, je saigne ! et que serait-ce donc

S'il fût tombé de l'arbre une masse plus lourde,

Et que ce Gland eût été gourde ?

Dieu ne l'a pas voulu : sans doute il eut raison;

J'en vois bien à présent la cause. "

En louant Dieu de toute chose,

Garo retourne à la maison.

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mercredi 4 novembre 2009

Le vent soufflait fort ce matin...

Le vent soufflait fort ce matin. Dans ma poche, une maigrelette enveloppe. J’ai remonté le col de ma veste, enfoncé un peu ma casquette sur mon crâne. Un frisson m’a saisi au carrefour. Quand je suis arrivé devant la boîte jaune — fente de droite pour autres départements et étranger— je n’ai pas retrouvé la maigrelette enveloppe. Le vent m’avait fait les poches. Il tourbillonnait ; les feuilles arrachées aux arbres ne savaient pas où donner du pédoncule. Elle s’est perdue la maigrelette enveloppe. Sans doute ne fallait-il pas qu’elle arrive ? J’ai rapporté le frisson. L‘automne aura voulu se mettre au chaud. Pas sûr qu’il ait fait le bon choix.

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mercredi 21 octobre 2009

Où le Papistache avoue tout cru son QI...

elqu aabzr rsu mno aberuu !
ho adnopr !
aij oprt bein aégnr.
ej eenpdrs.

Quel bazar sur mon bureau !
Oh pardon !
J’ai trop bien rangé.
Je reprends.

                      Des miettes de papistacheries ?
                      Ça vous va ?
                      Déjà que des papistacheries, ce n’est pas bien lourd !
                      Alors,
                                 des miettes !


                                                             Je n’ai que ça.
                                                             Bon, va pour tes miettes.
                                                             Aboule tes résidus !

  • Une idée jaillit en moi... ou plutôt devrais-je écrire : « Une idée jaillit de moi... »
  • Où siègent les idées ? Croissent-elles ?
  • Sont-elles déjà formées à la naissance, comme les petites tortues, les reptiles en général?
  • Ont-elles besoin d’une éducation ?
  • Sont-elles génétiquement programmées ou l’apprentissage peut-il agir sur elles ?
  • Une idée peut-elle avoir un éclair de génie ?
  • Une idée a-t-elle idée qu’elle est une idée ?
  • Une idée jaillit ? Une idée sourd ? Pas sourde ? Du verbe sourdre ! Une idée sourd-elle d’un sourd ? Suinte ? S’il a une otite, le sourd ?
  • Germer. Une idée germe ? Une graine, alors !
  • S’immisce ? Une idée s’immisce, l’intruse.
  • Où vont-elles les idées qui nous effraient et qu’on repousse ?
  • Elles se vexent les idées ?
  • Elles dépriment les idées ?
  • Une idée est-elle comme l’eau que nous buvons ? A-t-elle, l’idée, été pissée par trente dinosaures ?

J’ai balayé sous mon bureau. De plutonium, n’en ai guère trouvé. Honnêtement (toi ? honnête ? Mais tu mens comme tu penses !) rien, pas un gramme. Qu’en ai-je fait ? Épouse-Au-Sourire-Radieux l’aura rangé, dans un bocal... l’aura du plutonium... ou Laura ? Laura ! C’est nouveau ! Épouse-Irradiante se prénommerait Laura et je l’aurais ignoré. Me tairait-on tout ?

C’était une idée en laquelle j’avais cru mais qui soudain décrut.
Qui l’eût cru ?
Je suis QI bien bas...

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Je fais le ménage et je reviens

Le billet de notre amie Aude * me donne une idée, je fais la poussière sur mon bureau et je vous dis ce que j'y ai trouvé.
Je reviens.

* Enfin, ce serait plutôt mon commentaire plus que son texte, mais celui-ci étant induit par celui-là, ou le contraire ? Je ne sais pas, je ne sais plus... ai-je su ?

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dimanche 11 octobre 2009

Où cours-je ?

 

Que je bannisse le pronom interrogatif !
J’ose « Cours-je ? ».
C’est court « Cours-je ? », pour faire plus court encore que « Cours-je ? », j’omets le point interrogatif et je donne « Cours-je ».

 

Mon billet s’intitulera donc « Cours-je ».

 

Cours-je

 

C’est laconique et peu explicite, aussi n’est-ce qu’un titre et pas une conclusion.

 

Le nombre de bougies qui ornera mon gâteau d’anniversaire (ne cherchez pas, je suis né en hiver) est plus près de soixante que de cinquante (également plus près de quarante que de trente mais, ce n’est pas le sujet du présent billet) et, pour le moindre de mes déplacements, je me crois toujours obligé de courir.

 

Ce matin, Épouse-Tôt-Levée sous la douche, je sors acheter baguette et croissants. La rue est déserte, envahie des brouillards d’automne, la température est douce, il ne pleut pas... je cours à la boulangerie. J’aurais le temps, la boulangerie n’est pas très éloignée (jadis je comptais les pas), Épouse-Aux-Cheveux-Mouillés ne se hâte pas le dimanche. Je cours. Pas vite, mais je cours.

 

Au travail, pour aller d’un bâtiment à un autre, si je suis seul, je cours. Accompagné, je n’ose pas. Certains collègues que je fréquente depuis plus de dix ans, j’ignore s’ils (ou elles, “collègue” est hermaphrodite) savent même se presser sous une pluie de grêlons.

 

Au jardin, j’ai besoin d’un outil oublié (où donc est-il rangé d’ailleurs) je traverse la pelouse et la terrasse en courant.

 

Le courrier. Je relève la boite en courant (enfin, j’effectue le trajet en courant, je m’arrête pour ouvrir la porte de la boite mistral). Je reviens en courant.

 

Les escaliers. Je les monte quatre à quatre (genre Chaban Delmas, mais sans les caméras).

 

Au bras d’Épouse-Aux-Foulées-Prudentes. Je donne mon bras, souvent le gauche, mais pas toujours. Je marche à pas lents et graves, le dessin de mes semelles s'imprime dans le macadam.

 

La poste. A mon travail, il m’échoit souvent de porter le courrier à affranchir. Madame Dusourire, la préposée, ressemble plus à Épouse-Pas-Jalouse que sa propre sœur, mais est-elle en congé que, quand même, je cours à l’aller et je cours au retour (au retour, c’est du bonheur, la rue est en pente favorable).

 

Je cours. Pressé de toucher à la dernière issue ? Non ! Je cours parce que c’est mon mode de locomotion naturel.

 

En ville, je sais que je passerais inaperçu. La ville génère la fuite et le stress. Ici, je me surprends. Dans les rues, seuls les enfants de moins de dix ans courent ainsi que les joggeurs, mais ai-je la silhouette d’un joggeur ?

 

Qu’on ne me parle pas de déléguer quoi que ce soit. Je cours et j’aime ça. J’appréhende le jour où mon corps  abdiquera. Croyez-vous qu’il se puisse installer une roue à hamster à ma taille dans une chambre d’hospice ? Un tapis de marche ? C’est une bonne idée.

Je repense, en écrivant ces sottises, combien je suis spectateur du ballet involontaire que donnent les patients d’un hôpital comme celui où Épouse-En-Rodage se rend mercredi. J’aimerais bien être le-vieux-qui-court-dans-les-couloirs-en-attendant-la... Qui sait ? Peut-être ne fais-je tout cela que pour être prêt à lui échapper ? Naïf ! Comme si...

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samedi 10 octobre 2009

Des couleurs et des aliments

Autorisez-moi, chers lecteurs, à rebondir sur un commentaire que j’ai donné, voici une heure, sous le billet qui précède, en réponse à Claire.

Claire, suivant en cela Tilu,  bouleverse ma représentation du monde. Si aujourd’hui les colorants alimentaires envahissent le marché et peinturlurent  de mille nuances les aliments les plus basiques comment les petits  scribouilleurs de mon acabit réussiront-ils à véhiculer leurs pauvres images ?

Si désormais, mes volets sont bleu moutarde et le crépi de mon mur jaune framboise (quoique jaune framboise, je connais, un voisin héberge des drupes de cette nature, disons jaune crevette) jaune crevette, comment parviendrai-je à aider mes lecteurs à visualiser mon environnement ?

Ça n’intéresse personne.

Ah, vu comme cela, évidemment !

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mardi 11 août 2009

Dix secondes avec Papistache

J'ai écrit dix secondes, j'aurais pu pu n'en déranger que six, voire moins.

Grisette, de passage entre nos murs, trouve que l'air ambiant sent la crotte. Ce n'est pourtant pas l'heure des épandages de lisier dans les champs. Je l'ai même surprise à me flairer l'épaule et lâcher en souriant :
— Ce n'est pas toi !
C'est heureux ! Qu'elle ait souri. Et que ce ne soit pas moi.

Du coup, sa mère — celle de Grisette — flaire à tout va et confirme les mauvaises odeurs. Mon odorat vaut ma vue sans verres correcteurs et j'ai l'ouïe épaisse.

Rien vu, rien entendu, rien senti !

Chez vous ?

Ici, rien.

Ou  serait-ce l'idée que je vais enfouir du fumier de cheval au pied des rosiers que j'envisage d'acheter en octobre ?
Alors ma fille serait donc capable — et sa mère avec elle — de sentir PAR ANTICIPATION les fragrances de l'engrais  préféré des roses aux riches parfums.

Un peu comme pour les vertus que les simples prêtent à l'homéopathie, l'idée même du fumier aurait une odeur ?
Moi qui savait mes idées volatiles, ne voilà-t-il pas que désormais j'en ai la preuve : leurs atomes chatouillent les narines de mes proches.

Je vais devoir apprendre à me méfier.
— Hum ! Ça sent la farine ! Toi, tu penses encore à Mme Patapin !

Et encore, la boulangère, c'est un moindre mal. Dieu sait les odeurs qui risquent d'imprégner les rideaux si je  laisse mes idées vagabonder à leur guise !

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vendredi 7 août 2009

Jeu de mots

A propos, si vendredi sait tout, pourquoi n'a-t-il rien dit ?

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mardi 7 juillet 2009

Courant d'air

De joyeuse humeur, j'avais écrit un gentil billet pour ce mardi ; je l'avais posé sur le rebord de la fenêtre. Il fait chaud, la maison est ouverte à tous les vents : un méchant courant d'air l'a emporté. Je ne l'avais pas signé, qui donc songera à me le rapporter ?

De rage, j'ai  écrit un méchant billet pour ce mardi ; je l'avais posé sur le rebord de la fenêtre. Il fait chaud, la maison est ouverte à tous les vents : un gentil courant d'air l'a emporté. Hélas, celui-ci, je l'avais signé. On sonne au carillon et je tremble que ce ne soit lui qu'on me rapporte.

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