mardi 10 novembre 2009
Oui... ? Et... ?
Une petite note en passant : ♪
Oui, c’est un peu léger.
Ça me rappelle la lecture de l’almanach Vermot.
Un vieil almanach trouvé chez un oncle un peu lettré.
Il disait — l’almanach, l’oncle, non — :
DO c’est UT et utérus donc DO c’est RUS ;
RÉ c’est SION car récession ;
MI fait F car FMI ;
FA vaut RI car favori ;
SOL (j’ai oublié pour sol) ;
LA vaut KA car l’avocat ;
SI c’est RON pour Cicéron.
Résumons : RUS-SION-F-RI-?-KA-RON
C’est maigrelet, en plus ça ne veut rien dire une fois mis bout à bout.
Bon, DO RE MI FA SOL LA SI, c’est maigre de sens également (sauf pour qui connaît la musique) mais pour un sourd ? hein ? c’est comme pour un billet chez Papistache écrit ton sur ton, ça manque de sel.
Je me demande si le billet aurait plu davantage si j’avais mis 2/10. C’est une petite note aussi. Mais je n’aurais eu aucun souvenir d’almanach Vermot à ajouter.
Je vais laisser comme ça.
Comprend qui peut, chantait Bobby Lapointe.
mercredi 30 septembre 2009
Ou-a-é-ou-a-é-ou
Je crains bien que ma plume se soit rouillée à ne pas servir ces derniers jours.
L’écriture serait-elle sport ?
Quels muscles solliciterait-elle ?
Le fil de ma plume, quelqu’un l’aurait trouvé et mis en pelotes ?
L’ai-je laissé chez vous ?
L’avez-vous, du pied, écrasé et frotté contre le rude poil du paillasson qui rehausse le seuil de votre maison ?
S’est-il replié sur lui-même comme se vrille un cheveu sous la pluie et chassé par le souffle de vos pas a-t-il roulé sous un meuble ; tient-il conférence à quelques moutons placides que vous entretiendriez sous le sommier de votre lit ?
Le fil de ma plume, si vous le trouviez, lui rendriez-vous son tranchant comme s’aiguise la lame du couteau à rôti dominical le long d’un fusil finement strié.
Cherchez bien, s’il vous plait ; au besoin, baissez-vous : c’est un petit fil, un filet, intermittent, lent, pas très clair, caractéristique peut-être, singulier sûrement, pas trop voyant, le genre de fil à se cacher derrière l’ombre d’une spore de fougère — ai-je jamais dit les liens qui m’unissaient aux fougères ? une autre fois, quand le fil de ma plume aura retrouvé le chas de mon aiguille, et l’aiguille ? à propos, l’aiguille ? au revers de quel revers l’ai donc glissée ? — cherchez si vous avez souri, ne fût-ce qu’une seconde à la lecture d’un mot, maladroit, déposé sur l’écran de votre tabatière — tabatière ! si vous avez prisé, jamais, de l’herbe apéritive que j’ai tant aimé vous tendre — cherchez !
Si nul ne parvenait à déloger, en sa demeure, de mon écriture, le moteur, je m’interrogerais :
« Rééduquerait-on les écrivaillons las ? »
Ré-é-du-ke-ré-ton-lé-zé-cri-va-ion-là.
Articulons :Ré-é-du-ke-ré-ton-lé-zé-cri-va-ion-là.
Ou-a-é-ou-a-é-ou* !
Ou-a-é-ou-a-é-ou* !
Ou-ou-a-é-é-é-ou* !
*Se trouvera-t-il un lecteur pour se souvenir de ces vocalises des programmes de radiophonie musicale que les écoliers, mains posées sur le pupitre de chêne ciré, modulaient, en préambule de chaque séance de chant radiodiffusée dans les années 50 et 60 ?
samedi 1 août 2009
De la fatigue
J'ai écrit le mot "fatigué" dans une récente réponse à un commentaire.
Avais-je bien le droit d'user du terme ?
Mon père aurait pu, il en repoussait toujours l'idée.
Mon père, ouvrier à la F.A.D.E.I.C., se levait tôt pour aller travailler. Il ne se déplaçait qu'à vélo. Cinq kilomètres environ. Peu de dénivelé. Heureusement, le vélo de mon père n'était pas équipé de dérailleur. Vers 12 h 30, il rentrait déjeuner, à l'époque on disait "manger". Son café avalé, il repartait et ne rentrait que vers 18 h 30. Les samedis et dimanches, pour mettre du beurre dans les épinards il allait "donner un coup de main" chez quelques "Parisiens". On appelait ainsi tous les résidents secondaires : les "Parisiens".
Le soir, à table, on écoutait la radio (quand j'eus dix-onze ans, ce fut la télévision qu'on regarda), mon père repoussait son assiette, croisait les bras sur la table, posait son front sur ses avant-bras et s'endormait. Ma mère lui disait invariablement :
— Gérard, va te coucher, tu es fatigué.
Invariablement, il répondait :
— Je ne dors pas, j'entends tout.
Ma mère couchait les enfants, redescendait, lavait la vaisselle. Dans les premiers temps où je pris conscience de la scène, j'ignorais si mon père montait, à son tour, se coucher ; le matin, il avait disparu bien avant que les enfants ne s'éveillent. Plus tard, quand il nous arriva de regarder la télévision au delà de 20 h 30, nous eûmes l'occasion de partager le programme avec lui, nous, assis sur nos chaises autour de la table et lui, la tête dans ses avant-bras. Quand l'émission était terminée, et que le bruit de nos chaises le tirait de son sommeil, il s'étirait et mentait en assurant qu'il avait tout suivi.
Mon père, le soir, était fatigué. Je ne crois pas, une seule fois dans ma vie, avoir éprouvé cette irrésistible envie de dormir après quelque repas que ce soit. Puis-je, alors oser dire que je me sois fatigué un jour au travail ?
dimanche 19 juillet 2009
J'ai mis deux sucres dans ta tasse, j'en ajoute un autre ?
Mes grands-parents paternels habitaient sur le plateau de la Beauce et nous dans la vallée de l’Eure. Cinq kilomètres nous séparaient les uns des autres. Nous n’avions pas de voiture, ma mère ne faisait jamais de vélo, quatre sur la bicyclette de mon père, cela aurait fait beaucoup, d’autant que, déjà à cette époque, nous étions cinq. Nous « montions » les voir à pied.
En arrivant, mon père se servait un verre de vin. Je me souviens qu’il était le seul à avoir chaud. Les enfants allaient se perdre dans le grand jardin. Une balançoire qu’avait connue Henri IV achevait de se disloquer à la branche d’un poirier. Nous jouions.
Après la vaisselle, les adultes sortaient ; j’imagine ! la maison était déserte. C’était l’heure où roder dans la cuisine pouvait s’avérer payant. Pas de réfrigérateur, ni de congélateur, personne ne savait ce qu’étaient un sorbet ou une glace ; pas de boite à bonbons non plus, mes grands-parents ignoraient une foule de choses, mais... quand même, une boite de sucres en morceaux dont nous faisions de seyants portefeuilles environ deux fois l’an.
Chez nous, dans la vallée, le pillage de la dite boite permettait de résister aux longs sièges des ennemis Sioux ou Apaches contre nos forteresses de branches et de ficelles que nous construisions dans le petit bois voisin. Chez mes grands-parents — ah ! Grand’Mère comme tu étais rusée ! — un pacte avait été signé entre mes aïeux et les cent-mille ouvrières de la fourmilière qui occupait le foyer de l’antique cheminée désaffectée. « Pissez sur les sucres de la boite, en toute liberté — ce qui découragera les plus téméraires de nos petits-enfants — et en échange nous vous laissons la vie sauve. »
Jamais sucres n’ont paru plus amers que ceux-ci, il fallait toute l’insouciance de l’enfance pour vouloir mordre aux parallélépipèdes empoisonnés à l’acide formique. Étonnez-vous que mon père ait toujours préféré un verre de vin rouge — enfin, un à la fois — au café de sa propre mère. Il aurait pu le boire nature, mais je l’ai déjà dit, dans ma famille on ignorait vraiment beaucoup de choses à l’époque.
Je ne vous raconte pas le vin chaud en hiver ! Mes grands-parents s’étaient habitués au gout de leur réserve, peut-être même s’étaient-ils un peu mithridatisés, ce qui expliquerait l’activité fébrile de mon grand-père qui ne prit sa retraite de garde-champêtre qu’une fois ses soixante-quinze ans sonnés. Il mourut peu après, comme il se doit dans ces cas-là.
jeudi 21 mai 2009
Oh, Captaine Lili, vous aviez raison, la douleur est un sujet en or, je le tiens mon billet à mourir d'ennui
Cette fois, vous n’y couperez pas : un exposé sur la douleur, tâchez voir moyen, comme disait mon grand-père, à faire drôle.
Impossible.
La douleur physique*
Éloignez les enfants de l’écran, je vais pousser un cri : Aaaah !
La douleur physique, chère Captaine Lili, n’est pas équitablement répartie sur la planète. Sur une échelle de un à dix, vous en êtes à douze parfois, je l’ai lu.
Et moi ? Sur votre échelle ? Je doute que j’aie pu, un jour, atteindre le deuxième échelon.
— Ne regarde pas sous les jupes des filles qui sont en haut de l’échelle, garnement.
Garnement, car, je vais devoir me replonger dans mon enfance pour trouver quelque douleur digne d’illustrer ce soporifique exposé.
En classe de sixième, je me suis cassé un orteil (oui, Adi, c’est véridique, mon squelette à la faculté de médecine si je mens) et comme j’avais peur de me montrer ridicule (c’était en grimpant à la corde ; enfin, en tombant de la corde à laquelle j’étais supposé devoir grimper : j’ai toujours eu le biceps discret, tendre mais discret) je n’ai rien dit à personne. J’ai eu mal pendant des semaines. Mais, bon, j’ai recyclé ma douleur en paratonnerre sentimental : Tant que j’aurai mal au pied, aucune fille ne m’adressera la parole. Ça a bien fonctionné sept années ! Pas la douleur, le paratonnerre. Je n’ai peut-être pas beaucoup d’expérience en matière de douleur mais, comme grand marabout, j’avais atteint un bon niveau de performance.
Voilà ! J’ai fait le tour de mon expérience sur la douleur.
0,4 sur l’échelle de corde de Captaine Lili.
Vous pouvez rapporter vos tabourets, la séance est terminée.
J’espère que ça vous a plu.
Sérieusement ?
Sérieusement !
La dentiste ? 0,1 ! En revanche, je vomis quand elle me met ses doigts dans la bouche, mais ce n’est pas de la douleur, un effet secondaire du maraboutage, allez savoir.
Les migraines ? 0, 05 ! Je suis hyper réactif au Paracétamol.
Doigts dans la porte, échardes, coups de soleil ? 0,6 ! Menues broutilles de l’existence.
Accouchements ? Sans douleurs !
Opérations ? Vérifiées à la calculatrice, bonnes !
Crampes ? Une, en 1971, après une séance de sport.
Morsures ? Non !
Engelures ? Non !
Sciatique, lumbago ? Chasse gardée d’Épouse-J’accapare !
Coupures en se rasant ? Je ne rase que les asperges !
Voyez le paradoxe, Captaine Lili, vous pensez ennuyer tout le monde avec le récit de vos douleurs, j’ennuie quinze personnes avec mon absence de récit consistant, sur le même sujet.
Rien.
Rien ?
Rien !
Pas une bagarre ?
Un coup de poing ?
Une gifle ?
Une chute ?
Ah ! Si ! Une chute de vélo.
L’année où ma vie s’est liée à celle d’Épouse-A-Bicyclette. On s’embrassait en roulant. Chacun sur son vélo. On a dû se faire mal. On descendait une côte. En Corse ! Mais amour est antidote : on s’est allongés sur le talus ; on a oublié d’avoir mal.
Voilà, je le tiens le billet ennuyeux. Vrai de vrai, je me creuse la cervelle (même pas mal) depuis une heure. Je me suis dit que des souvenirs oubliés allaient me remonter en tête. Une ablation des amygdales (trop lointaine) une fessée aux orties (imaginaire) une colique néphrétique (je ne sais pas si on fait encore) rien, rien, rien.
Ah ! J’aurais choisi de parler de la trouille, là, le billet aurait fait trois jours !
Allez, bonne journée. On remballe. Bredouilles ! ça vous pendait au nez.
Pour être honnête, il y aurait bien un épisode force 7 ou 8, mais ça n’intéresserait personne.
Autant le passer sous silence.
Comment ?
Non, rien. Une histoire de... oubliez !
Pardon ?
Pas la peine... franchement... qui se passionnerait pour une histoire de fermeture éclair de pantalon relevée un peu précipitamment... Voyez... aucune main ne se lève... tout le monde (quinze personnes) est parti faire son marché. D’ailleurs, je dois y aller. Mamoune m’attend, on passe la journée ensemble. A ce soir ! Bonne journée, attention aux orages.
jeudi 15 janvier 2009
6 h 01, mon œil ! (bis)
Oh ! Quelqu'un ?
6 h 01 et le bonhomme n'est pas encore levé ?
A partir de quelle heure faut-il lancer l'alerte ?
Bon, alors, pour donner à patienter en attendant qu'il retrouve un peu d'allant.
Samedi dernier, j'accompagne Épouse-Apprêtée chez, chez..., euh..., chez.... Disons que je l'accompagne. C'est moi qui conduis (histoire d'aérer mon permis de conduire). Elle (Épouse-Arrivée) descend du véhicule et se rend chez... rrrrrrh... chez..., elle s'y rend.
Quand elle en sort ! Plus de voiture ! On nous l'avait volée !
Non ! J'étais au volant. Je m'en serais rendu compte. Non, ne me charriez pas, je m'en serais rendu compte !
Elle sort de chez..., enfin..., de chez... Elle en sort ! Plus de voiture ! J'étais rentré à la maison ! En l'oubliant !
Qui ?
Ben, Épouse-Outragée ! J'ai oublié mon épouse en centre-ville. Ça ne vous est jamais arrivé ? Non, pas d'oublier MON épouse ! Mais la vôtre ? Remarquez, c'est elle qui avait les clés. Non, pas celle de la voiture ! Eh ! ça monte pour rentrer chez nous, j'aurais eu l'air malin à pousser la voiture, c'est que ça pèse ces engins-là ! Non, elle avait les clés de la maison. Aussi, j'ai trouvé curieux d'être obligé d'aller chercher le trousseau de secours sous le..., le..., le... enfin j'ai dû le chercher.
Comment je m'en suis aperçu ?
Je ne m'en suis pas aperçu. Ah si, quand même, elle m'a téléphoné. J'ai trouvé curieux, je la croyais chez le..., le..., je la croyais chez... Enfin, ça s'est arrangé, je suis reparti la chercher... en oubliant de refermer la maison. Ce n'est pas grave, on a gagné du temps en rentrant, la porte était ouverte.
Vous pensez que c'est l'age !
Voici vingt-cinq ans, Épouse-Nostalgie s'absente tôt. Je prépare les enfants pour l'école. Pâquerette a trois ans, trois ans et demi. J'oublie de lui mettre une culotte ! Elle part à l'école sans culotte. C'est la maîtresse d'école qui a été surprise. Ça s'étonne de rien, cette petite engeance ! Hey ! Elle avait quand même un collant ! Non, pas la maîtresse, enfin, la maîtresse, je ne sais pas, ma fille, ma fille avait un collant, pas de culotte mais... un collant.
Vous pensez toujours que c'est l'âge ?
J'avais dix ans. Ah ! Non, à dix ans, je contrôlais tout, je n'oubliais rien.
J'avais onze ans. Ouh, là, là, à onze ans, je contrôlais tout, même que je m'entraînais à ne pas sursauter quand le train dans lequel je rentrais à la maison après le collège en croisait un autre. Je connaissais les horaires par cœur. J'aimais bien être le seul à ne pas sursauter.
Finalement, c'est peut-être bien l'âge, mais alors ça m'a pris très tôt !
Ben, toujours 6 h 01. Il aurait oublié de faire sonner son réveil que ça ne vous étonnerait pas.
Attendez qu'il rentre du travail et vous verrez s'il le prend bien !
Oh ! J'ai retrouvé ! Chez son... acupuncteur !
— Mamoune, samedi, tu étais bien chez ton acupuncteur ?
— Moi ? Un acupunteur ? et pour quoi donc y faire ?
mardi 11 novembre 2008
“Si tu t’appelles mélancolie...”
11 novembre, journée du souvenir, j’ai passé la mienne dans de vieux négatifs, pochettes cristal et planches contact. Des images de Mamoune à la mer, j’en ai tant et tant.
Mamoune est née au bord de la mer, à une époque où les mamans demandaient trois heures de patience pour laisser le temps à la digestion de se faire avant de laisser filer les enfants à l'eau.
Mamoune nage comme un dauphin.
Mamoune a failli devenir maître-nageur.
Mamoune a impressionné des dizaines de pellicules Ilford, de pan F à Hp5.
Mamoune nage comme une sardine dans une mer d’huile.
Elle prend le soleil comme une vraie méditerranéenne, sans attraper ni rougeurs ni brulures.
Mamoune nagerait volontiers jusqu’à la bouée pour épater les garçons.
Elle plongerait du haut du rocher et l’eau perlerait sur son corps bronzé.
Mamoune s’est baignée, vêtue comme une sirène, dans les eaux claires qui bordent l’île de beauté. Mamoune nage comme d’autres écrivent.
Mamoune a épousé un garçon des terres qui s’étrangle quand l’eau envahit ses sinus.
Mamoune a laissé ses soupirants bronzés aux muscles sculptés par les eaux tièdes du sud pour un garçon à la peau claire qui rougit sous les caresses du soleil.
Un garçon qui passait par là.
Avec son téléobjectif de 135 mm, il a capturé la plus belle fille de la plage.
Elle a plongé dans ses bras maigres et pâlots.
11 novembre, journée du souvenir.
Mamoune a conservé son sourire, j’ai passé la journée dans de vieux négatifs, pochettes cristal et planches contact.
lundi 10 novembre 2008
A la demande générale
Minolta SRT 101, objectif 28 mm, Ø1,8/22, sur pied avec retardateur, 1 seconde, ouverture 16 ; Ilford hp5 ; révélateur microphen
Rosette avait trois semaines, on s'amusait bien !
dimanche 9 novembre 2008
Planche contact
Cet après-midi, au bras de Mamoune, je me rends à une exposition
Bras dessus, bras dessous, Épouse-On-Y-Va et moi, nous nous rendons à une exposition pluriculturelle. Des artistes, des artisans, des commerçants, des écoliers, etc.
Un espace de deux mètres carrés retient mon attention : quinze à vingt sténopés réalisés dans la cour du château local.
J'aime ces retours en arrière. Je crois même en avoir parlé dans ces billets papistacheries. Les auteurs précisent qu'ils ont utilisé un scanneur pour obtenir une image positive à partir du négatif développé selon les règles de l'art à grand renfort de révélateur, bain d'arrêt, fixateur et lavage de l'épreuve.
Des odeurs remontent à mes narines. Le confinement du laboratoire improvisé (dans la cuisine) rendait plus fortes les émanations des produits de développement. Une cuvette verte pour le révélateur, une beige pour le bain d'arrêt et une rouge (qui paraissait grise sous la lumière de la lampe inactinique).
J'aurais pu dire, samedi, pour le défi, comment je m'y prenais pour développer mes photographies argentiques au sein de ma notre cuisine. Je ne l'ai pas fait.
De retour à la maison, je cherche un souvenir de cette époque en sachant que je n'ai jamais eu l'idée de me photographier développant mes photographies, mais je cherche quand même et je dégotte (rime en "otte" pour Tilu, lisez son texte chez les Fanes si ce n'est déjà fait) une planche contact de l'époque.
Épouse-Rien-Moins-Qu'unique y est enceinte de notre ainée. J'y Votre serviteur s'active à la réalisation de ce qui semble bien être un gâteau.
Finalement : planche contact, cuisine, noir et blanc, sténopé, nostalgie, passé, vie quotidienne post soixante-huitarde, Elle et moi, autant de tags que je ne recopierai pas une seconde fois ce soir.
dimanche 19 octobre 2008
Désolé, ce sera peut-être pour une autre fois
Les jambes du Papistache flageolent. C’est que, ce samedi, il s’est pris à rêver plus bas que son nombril.
Tous ces textes sensuels publiés ici :
l’ont émoustillé puis rendu bien las.
D’ailleurs, il en revient encore.
Encore ?
Un commentaire de Tiphaine vient de lui rappeler un souvenir oublié. Celle qui trouve — celui, pour Walrus s’il veut jouer — de quel commentaire il s’agit m’écrit, je lui envoie, en retour, une carte postale du premier volatile que j’attrape à la M.D.L.P..
Tout petit, le Papistache s’appelait encore Robert, ou Simon, ou Jean-Claude, mais il inventait déjà des histoires.
Écoutons-le !
Écoutez-le !
"Je dormais dans le même lit que mon frère, de deux ans plus jeune que moi. Un grand lit qui nous servit jusqu’à notre départ, à l’un et à l’autre, de la maison familiale.
La porte de la chambre ne se fermait pas. Un seul poêle, à charbon d’abord, puis à fioul, chauffait le palier et les trois chambres. On se caillait à la salle de bains.
Mon petit frère, appelons-le Paul, ou Gérard, ou Jean-Claude, me demandait rituellement une histoire avant de s’endormir.
Je devais être un mauvais conteur, il s’endormait toujours avant la fin.
Je parlais bas car Maman élevait la voix : “Taisez-vous, les garçons !”
Je n’ai pas souvenir que les filles, pourtant elles étaient trois, aient reçu la même injonction. Je parlais bas. Paul écoutait et se rapprochait de moi.
Il était question d’un petit canard qui s’aventurait hors de la ferme, se perdait, traversait ce que je connaissais du monde et arrivait à la mer —dans laquelle il me fallut bien encore dix années avant d’y pouvoir oser un orteil — mais, je viens de l‘écrire, Gérard s’endormait toujours avant la fin, ce qui fait que, par contagion, je m’endormais à sa suite.
Croyez-moi ou pas, en dépit de mon nouvel appétit pour l’écriture, je suis, aujourd’hui, toujours incapable de poursuivre la picaresque aventure du caneton téméraire. Chaque fois que j’essaie, je m’end..."









