Papistacheries

C'est curieux quand je dis que je suis fêlé mes amis de blogue rient mais ne démentent pas...

samedi 19 décembre 2009

Partage

Tiens, si je partageais mes lectures avec vous.
C’est que, cet après-midi, dégageant trottoir, allées et terrasse, j’ai été habité par le souvenir de ce billet.
J’ai hésité à le publier ; je n’ai pas demandé la permission, cette Lionne-ci hiberne en ce moment. Son blog est public, j'ai déjà, par le passé, donné le lien. Il est là.
Chez elle, la neige et le froid sont de nouveau installés.  Qu’est-ce donc que mon petit trottoir et mes six centimètres de neige ?
Prenez cela pour une invitation au dépaysement.



« Mon sport préféré
30 janvier 2009


Lalionne aime pelleter. C’est son sport préféré.

- Votre sport préféré?
- Pelleter.
- Héhéhé. Très drôle. Sérieusement?
- Pelleter.
- Et bien! Ça tombe bien, j’ai plein de neige chez moi!
- Alors, invitez-moi!
- Je le ferai!
- Sérieusement?

(Hmpf. Ils disent tous cela, mais je ne les crois plus. Aucune des 341 personnes m’ayant fait cette proposition n’a tenu sa promesse. Bande de menteurs!)

Période chanceuse pour moi, j’entretiens la maison de Sonpére. Or, qui dit entretenir une maison québécoise, dit pelleter la neige québécoise!

Du coup, Lalionne étrenne avec joie sa nouvelle pelle, cadeau de Noël de Boumba.

Dossier à traiter:

Pendant mon gardiennage, je n’arrivais pas à comprendre d’où provenait l’espèce de montagne de neige qui se formait devant l’allée de la maison. Ni celle qui se formait sur le stationnement des visiteurs. Ni celle qui se formait dans l’allée des piétons, normalement nettoyée par les employés de la ville.

J’avais beau pelleter un chemin jusqu’au stationnement, quelqu’un venait irrémédiablement l’emplir.

Toutes ces montagnes à escalader au petit matin pour se rendre au véhicule entraînaient un coup de balai sur Tipiti avant de s’asseoir dans le véhicule. Pauvre Tipiti! À chaque matin, ces montagnes le dépassaient de tête et d’esprit.

Qu’à cela ne tienne, j’ai espionné. ESSSSpionné.

Résultats de l’enquête:

Les voisins de Sonpére, ceux-là même qui ont clôturé leur terrain en empiétant sur son terrain, ceux-là aussi qui ont construit leur cabanon en empiétant encore plus sur le même terrain, déposent leur neige un peu partout.

Leur marde blanche!

Leur marde blanche dans l’allée de Sonpére, dans l’allée des piétons, dans le stationnement des visiteurs. Leur marde blanche partout… sauf sur leur terrain!

Rugissement.

Mesures disciplinaires :

J’ai pris congé du bureau. Pas pire que ceux qui s’absentent pour faire du ski. (À chacun son sport favori.)

L’après-midi m’a donc permis de retourner la marde blanche à son propriétaire.
Chaque flocon.
Tous les flocons.

L’envahisseur me regardait faire par la fenêtre. Elle m’ESSSpionnait à son tour. Je ne voyais pas son visage, mais je distinguais sa silhouette à travers les rideaux.

J’ai pris mon temps, espérant ainsi créer assez de hargne pour la faire sortir de sa tanière. Elle n’est pas sortie, la peureuse. Dommage, car j’avais préparé pour l’occasion un long et édifiant discours sur les bienfaits d’un bon coup de pelle.

J’ai quand même fait un froncement de sourcils vers la fenêtre.

Pour la forme. »


Six centimètres !
Une fois dans l'année.
Je serais mauvais bougre à oser m'en plaindre.

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vendredi 28 août 2009

Écrire, c’est donner la parole à celui qui ne parle pas*

Je ne suis pas malade, je lis des magazines que je trouve sur ma propre table de salon, on n’a pas tous les jours l’occasion de poireauter dans la salle d’attente d’un médecin.


Un entretien entre une journaliste de
Télérama — n°3111— et un auteur que je découvre, Jean-Bertrand Pontalis**.

La journaliste demande au vieux philosophe s’il est d’accord avec le poète Georges Perros quand il a dit : « On n’écrit que lorsqu’on est au bord de se taire... »  Jean-Bernard retourne la phrase : « On écrit pour laisser la parole à ce qui ne s’est jamais dit, à ce qu’on n’était pas à même de dire. »

Est-ce que ces phrases me déboussoleraient ?

*Le titre est très exactement issu de l'article de Marine Landrot
** L'ouvrage dont l'article fait l'article est : Le Songe de Monomotopa.

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mardi 25 août 2009

J'ai l'air de poser des questions mais je me demande si, sous couvert de vous interroger, je n'apporterais pas une réponse

J'avais noté cette phrase sur un mouchoir en papier, en 2004, je crois.
Une phrase arrachée au Journal interrompu de Sylviane Agacinski.

« On peut se faire de nouveaux amis, mais non pas de nouveaux vieux amis comme ceux qui nous ont connus jeunes. »

Que vous en semble-t-il ?

Si j'abusais des billets "rétroviseurs" ne serait-ce pas comme si vous m'aviez connu jeune ?

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lundi 10 août 2009

Une semaine avec Robert Gaillard

6 h 01 : Je vais écrire un billet qui traitera de la semaine que j'ai passée jadis en compagnie de Robert Gaillard, mais, présentement je me dois à mon Épouse, heureusement la journée sera longue, je reviendrai.

9 heures et une poignée de minutes : le récit.

A cette époque, je n’arrêtais pas d’avoir onze ans. Le temps s’étirait mollement. Disons onze ans et demi, j’étais entre la sixième et la cinquième, en vacances chez mes grands-parents paternels, vraisemblablement avec mon jeune frère, j’ai oublié s’il m’accompagnait ou pas, il était assez autonome pour avoir noué des relations amicales avec les enfants du bourg et devait passer son temps libre à jouer autour de l’église.

L’album relié de Mickey, je le connaissais certainement déjà par cœur. J’avais très probablement dévoré les rares romans photos que ma grand-mère se faisait prêter de droite et de gauche, il me fallait du consistant. Heureusement, une vague parente — je n’avais jamais percé à jour la nature exacte du cousinage qui nous liait, je ne la connaissais que par son prénom, ce devait être une cousine de mon aïeule elle-même — possédait une résidence secondaire dont elle avait confié les clés à qui vous devinez, sinon, comment aurais-je pu avoir accès au salon de la dite demeure ? salon qui recelait la toute première bibliothèque que je vis couvrant tout un mur.

— Prends ce que tu veux, me dit Mémère.

Je choisis au hasard, un fort gros pavé, sans illustration, d’un certain Robert Gaillard : Marie des isles.

L'île de la Martinique, des corsaires, des combats navals, des esclaves, les caraïbes et... de l’amour. Je n’ai pas décollé le nez du bouquin de la semaine, d’autant que j’avais repéré qu’une suite m’attendait dans le salon de la cousine. Et quelle suite... de plus en plus voluptueuse la demoiselle. Marie des isles II Marie Galante,  Marie des isles III Capitaine Le Fort, Marie des Isles IV L’héritier des isles.
Ça changeait des livres empruntés à la bibliothèque de l’école — lesquels je ne renie aucunement, ça changeait, c’est tout.

A la fin des vacances, je surpris une conversation entre ma mère et sa belle-mère. — les relations entre les deux femmes étaient excellentes.

—  Suzon, Papistachounet a passé son temps à lire, j’ai jeté un œil sur ce qu’il a choisi dans la bibliothèque de Dédette, ce n’était pas pour son âge.  Je ne l’avais pas lu avant. Je regrette.

Ce que ma mère répondit, ou je l’ai oublié ou je ne l’ai pas entendu. De retour à la maison, aucune allusion jamais ne fut faite à la remarque de ma grand-mère.

Si je retrouvais, aujourd’hui, ces livres, certainement ne ressentirais-je plus le rouge qui me montait au front à l’évocation de scènes  à la brute sensualité. Pour être franc, je n’avais pas retenu le nom de l’auteur. Quelques années plus tard, dans le quotidien que mes parents achetaient  alors, l’Écho  Républicain de la Beauce et du Perche, une adaptation du succès de Robert Gaillard fut donnée. Sur une colonne s’alignait une série de cinq à six dessins — peut-être moins — accompagnés d’un condensé du chapitre, intercalé entre chacune des images. J’avais grandi, j’étais pensionnaire,  le texte était édulcoré, je ne me suis pas attaché à la publication  du feuilleton, d’autres amours de papier avaient
depuis touché mon cœur.

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samedi 8 août 2009

M'est avis que ça limite un peu les mouvements, et on doit transpirer autour de la jarre, on a intérêt à avoir un bon déodorant

jarre

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mercredi 29 juillet 2009

Le pouvoir de l'imagination (du souvenir, désormais !)

mandrake1
mandrake3
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vendredi 24 juillet 2009

Stop ou encore ?

bebdeumDans le numéro 3106 de Télérama, un article de Sophie Lherm sur trois pages : Internet rend-il bête ?
 
Je ne sais pas : je n’ai pas réussi à le lire en entier.
Oh ! Trois pages... et écrites en tout petit...
 
En revanche, une belle illustration de beb-deum.com. Vraiment en adéquation avec le sujet. Bravo. Bien fait.
 
En adéquation ? Sans avoir lu l’article ? Papistache, vous vous gaussez !
Un petit effort, s’il vous plait.
 
Bon, alors je zappouille :  « La lecture et la navigation sur le Web utilisent le même mode de mémorisation et stimulent les mêmes centres d’activité du cerveau. »
 
C’est une information qui me rassure, j’étais arrivé au même constat. Cependant, on se doute que la phrase qui suit celle que j’ai mise en évidence commencera par... je vous le donne en mille...  par une conjonction... celle-ci : MAIS.
 
« Je vous trouve très beau, mais.... mon cœur est pris ! »
 
MAIS, cette navigation stimule des secteurs (pour autant qu’on en possède plusieurs) liés à la prise de décision et  au raisonnement complexe et... et... et... ces multiples prises de décisions induites vont consommer mon énergie (la vôtre, je ne sais) mentale, au point de l’é p u i s e r.
 
Comprenez qu’arrivé à ce stade de ma lecture, j’ai fini par jeter l’éponge, d’autant, que la chère Sophie (ses camarades journalistes font tous comme elle à Télérama) me conseille de lire quatre documents complémentaires pour m’édifier davantage et la dernière des références me rend le sourire : Le numéro spécial  juillet-aout de la revue Books, « Internet rend-il encore plus bête ? »
 
Encore ?

Plus ?

Chère Sophie, très chère Sophie, très très chère Sophie, vous auriez usé de ces deux adverbes dans votre titre je me serais contenté de regarder la belle illustration de beb-deum.com.
Encore plus bête ! Au moins, chez Books, ne nous cache-t-on pas la vérité, avec vous — et Télérama — j’ai cru un instant que j’aurais (temps incertain) pu, dans un passé lointain, frôler l’intelligence. Merci Books de me remettre à ma juste place et pardon d‘avoir fait perdre du temps à mes rares lecteurs estivaux.


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lundi 15 juin 2009

Bavardage

Si se baisser à tout moment, remplir le creux de sa main des fraises des bois qui colonisent les massifs, porter la cueillette à sa bouche et recommencer s’apparente à une orgie, alors, cette fin de semaine en a vu des vertes et des pas mûres au jardinet.

Vous pouvez venir.

Faute de pouvoir composter comme je souhaiterais les végétaux déchus, j’ai effectué deux voyages à la déchetterie. De nouvelles floraisons sont attendues ; les fruits se gonflent. Le jardinet  est accueillant.

J'écris peu. Ne croyez pas que mon désir soit tari. La plaidoirie en faveur de ce personnage aperçu sur un blogue ami ne demande qu’à sortir. Il me faut juste trouver le temps de m’assoir devant le clavier.

J’ai bien réussi, hier, à donner ma version du récent (écrire dernier m’est un peu difficile) défi de Janeczka. Je l’ai jeté hardiment sur l’écran pendant la douche de Mamoune. Il manquait le titre et, pendant le déjeuner, une idée m’a traversé la tête. Je n’ai eu qu’à modifier la fin pour qu’elle soit en adéquation avec la promesse du titre.

Justement, dimanche matin, je me faisais la réflexion que le défi 64 était le premier que je n’arrivais pas à relever depuis un bon moment. Heureusement, c’était moi qui l’avais lancé, l’offense est moindre. De plus, étant probablement le seul à avoir lu la nouvelle de Fredric Brown, j’en étais si imprégné que je ne sais pas si j’aurais pu trouver un angle original. J’ai même envisagé un moment d’en faire le résumé. Mon emploi du temps a tranché : je ne le fis pas. Sachez que F. Brown a judicieusement placé un serpent et que la gent reptile se devrait d’honorer la mémoire de l’écrivain pour sa tentative de réhabilitation de Ceux-Dont-Le-Ventre-Touche-La-Terre.

Pages 109 à 123
Le livre de poche
La grande anthologie de la science-fiction
Histoires d’extraterrestres
N° 3763 ****

J’ai vu que des sites de vente de livres d’occasions proposaient l’ouvrage pour quelques euros. En 1974, la colle de la reliure était de bonne qualité, mon exemplaire (qui n’est pas à vendre) a bien supporté les outrages du temps. Vous auriez vu la tête que j'avais en 1974 !

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samedi 28 mars 2009

Une inconnue dans le train

A Aude, pour son regard sur les usagers des  transports en commun.



Ses yeux verts, pailletés d'or, croisent mon œil gris.
Sur ses pommettes, sans fard, sa peau, tendue, ambrée.
A la commissure des lèvres,  les siennes, un filet de salive
où quelques caractères d'imprimerie tressaillent encore :
Des bribes du dernier roman qu'elle vient de dévorer...

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mardi 17 février 2009

Certains livres, on les pose, ils se rouvrent tout seuls



Stendhal distingue quatre amours différents :

1/ l’amour physique, celui des bêtes, des sauvages et des Européens abrutis ;
2/ l’amour passion, celui d’Héloïse et Abélard, de Julie d’Etanges pour Saint-Preux ;
3/ l’amour-goût qui, pendant le XVIIIe siècle, a amusé les Français et que Marivaux, Crébillon, Duclos, Mme d’Épinay ont esquissé avec tant de grâce ;
4/ L’amour de vanité, celui qui faisait dire à la duchesse de Chaulnes, au moment d’épouser M. de  G*** : “Une duchesse n’a jamais que trente ans pour un bourgeois.”

En relisant cette note manuscrite au bas d’un cahier à couverture rouge et dont la spirale fatiguée dénote un usage abusif, je me dis qu’il me démange de relire quelqu’un parmi les auteurs cités plus haut.

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