lundi 23 novembre 2009
Le vent de novembre a déshabillé le poirier
Au cœur de la ramure : un nid d’herbes entrelacées.
Un nid de merles ? ? ?
Stupeur !
Le poirier se dresse à deux mètres de l’angle sud de la charmille !
Jamais !
Jamais !
Pas une seule fois, nous n’avons aperçu le va-et-vient du couple entre le garde-manger (le jardinet) et le nid dissimulé.
J’ai compris !
Avec ma manie d’écrire ton sur ton (ce weekend encore chez les amis des défis) j’ai eu — nous avons eu — affaire à un merle as du camouflage.
Un merle bleu sur le ciel de l’été,
un merle vert poirier,
un merle brique comme le muret...
Le seul couple de merles-caméléons du Perche, qui sait ?
Et je ne l’ai pas photographié !
Ni mâle !
Ni femelle !
Ni merluchons et merluchettes !
Le printemps me tarde.
samedi 19 septembre 2009
Pour faire mentir Virgibri (que j'aime bien, elle ne cesse de me faire rougir à force de compliments) usons d'un titre court :
Les Pêches
Les pêches sont mûres.
Au jardin, les pêches sont mûres.
Au jardin, les pêches mûres se meurtrissent en tombant.
Depuis deux jours, au jardin, les pêches mûres — trop mûres ? — meurtrissent leur chair tendre en chutant de l’arbre.
Ce matin encore — et depuis deux jours, déjà — les fruits du pêcher qu’on aperçoit à peine franchi le portail repeint de blanc au début de la saison, fruits gorgés de sucre et de soleil — il n’a pas manqué l’animal, cet été — meurtrissent leur délicate chair parfumée au rude contact avec le sol, qu’un été trop sec a durci comme l’argile dont on fait les briques qui parent les encadrements de fenêtres en ce coin-ci du Perche.
Ce matin encore, c‘est le troisième déjà — le Papistache se lève tôt, même le samedi, c’est un vice familier à ceux que la terre nourrit et régénère — les fruits du pêcher qui ombre le portail repeint de blanc, au début de la saison, et qui attire l‘œil du passant surpris de la profusion et de la dimension des fruits gorgés de sucre et de soleil — l’été 2009 restera sur les tablettes comme une année record en matière d’ensoleillement — meurtrissent leur délicate chair parfumée au rude contact avec le sol plus damé qu‘un trottoir ; la terre argileuse dont on fit longtemps les briques aux reflets irisés qui caractérisent les encadrements de fenêtres des maisons traditionnelles en ce coin-ci du Perche sonne quand une pêche lourde vient s’y éclater.
Au son sourd que rend la terre — ou serait-ce la pêche qui exhalerait une plainte ?— le Papistache montre son nez à l’encadrement de la porte ; il faudrait enrayer l’hécatombe ; sortir l’escabeau, les paniers ; de la main, paume offerte au ciel, cueillir le fruit souple ; distribuer de-ci, de-là, aux amis, aux voisins, la récolte ; en conserver une partie pour en emplir mille pots de la confiture que Mamoune saura — alchimie de saison — tirer du monceau parfumé des fruits étalés sur la table de la cuisine en émoi.
Il faudrait ?
Ami jardinier, non !
Considère qu’il te faut t’en charger sans remettre à demain.
Souffrez, chers amis, que je vous laisse ; j’ai, parait-il, du sucre à me mettre sur les mains.
dimanche 23 août 2009
Tilleul, ai-je bien compris que je devais vous garder les plus beaux spécimens de la couvée ?

Promis, je guette l'éclosion et j'envoie à qui en veut la descendance de ces superbes spécimens bourguignons.
Quel spectacle attendrissant*, non !
L'espèce n'est pas en voie de disparition : réjouissons-nous !
J'avais bien celle-ci à montrer également, mais j'ai eu peur qu'elle ne choque les âmes bien nées.
* Après enquête, il s'agit de limaces en train d'échanger leur sperme. Ces animaux sont à la fois mâles et femelles mais pas exactement en même temps, elles pondront leurs œufs un peu plus tard, lesquels œufs auront été fécondés par le sperme de l'autre et réciproquement.
samedi 22 août 2009
Tous les arbres ne sont pas des tilleuls, même en Belgique
Un
noisetier tortueux végétait dans un énorme pot. Depuis notre arrivée en
la maison jaune. Noisetier que j’avais ôté à la pleine terre du
précédent jardinet pour l’emporter avec nous en ces lieux. Nous lui
avions offert un pot de circonstance, mais, nous voyions bien que
l’arbuste souffrait. Petites feuilles, branches grêles, dynamisme
éteint.
Il a fallu prendre une décision.
Vous auriez fait de même.
Nous avons décidé de le transplanter en terre ferme.
Creuser un trou d’une taille supérieure à celle du pot ne fut pas si
difficile. Pioche, barre à mines et pelle n’attendent que ce genre de
projet pour se dérouiller manches et fers.
J’ai creusé le trou, entre le poirier et le pommier, l’ami noisetier serait installé à mi-ombre.
Déplacer le pot jusqu’au bord du trou ne fut pas une mince affaire.
J’ai dû attendre qu’Épouse-Ma-Plus-Que-Moitié s’absente afin de ne pas
l’effrayer.
Tirant, roulant, basculant, poussant, je réussis à m’approcher de la fosse circulaire.
Dépoter l’arbuste ? Le soulever hors du pot ? Mes bras maigrelets ne me
l’auraient pas permis. Briser le pot ? Mon tempérament conservateur me
l’interdit. Demander de l’aide ? Mon orgueil m’en empêcha.
J’avais ourdi un plan qui devait me permettre de parvenir à mes fins
proprement : je couchai le pot, m’assis face à l’ouverture et agrippant
des deux mains la base du tronc, j’appuyai mes deux pieds sur les bords
du dit pot ; ce que mes bras me refusaient mes cuisses me le
permettraient ; la motte s’extirpa aisément du nid. Il ne me restait
qu’à me relever, à redresser l’arbuste et à le glisser au fond du trou.
Combler les interstices entre motte et parois de la fosse ne prit que
quelques minutes, arroser copieusement se fit dans la joie et au tuyau,
ne restait plus qu’à ranger le pot débarrassé de son hôte de six ans,
ce fut exécuté sans presque se tenir les reins lesquels ne se privèrent néanmoins pas, en dépit des précautions
apportées à l’opération, de rappeler au jardinier son
âge et sa prétention.
vendredi 21 août 2009
Jardin d'acclimatation
Tilu me demande des nouvelles de la bouture de rosier de Banks que j’ai emportée dans mon chapeau depuis son domicile au mien.
Le chant des cigales lui manque, l’hiver a été rude, le mistral ne souffle guère. Il hésite. Une branche lui a poussé l’été dernier, elle s‘est étoffée en 2009 et une autre lui vient aujourd’hui. Il va affronter l’hiver avec deux branches. Tout nu, sans fleurs, ni fruits, il préfère ne pas encore se donner en spectacle. Promis, s’il se décorait de quelques fleurs au printemps, je le soumettrais au flash de l’appareil photo.
mardi 4 août 2009
Les deux autres tiers du jardinet (reste encore l'allée aux fougères, mais ce sera pour une autre fois)
lundi 3 août 2009
L'agencement précédent a tenu six ans, le Papistache n'était pas encore né, son épouse espère que celui-ci ne lui survivra pas
Oh, je sais bien que la grammaire manque de souplesse.
Mamoune, Valérie et Tiphaine me montrent au doigt.
Honte !
Et que dire de Choubine qui a dû se mordre les lèvres.
SOUS-TITRE
L'agencement précédent a tenu six ans — le Papistache n'était pas encore né — son épouse espère que celui-ci ne lui survivra pas non plus.
Est-ce clair désormais ?
Non ?
Ainsi ?
L'agencement précédent a tenu six ans ( le Papistache n'était pas encore né) son épouse espère que celui-ci ne lui survivra pas non plus.
Comment ? L'épouse de l'agencement ?
Oh, en aout, je vous trouve chipoteuses.
Cela ira-t-il ?
L'agencement précédent a tenu six ans. le Papistache n'était pas encore né. Son épouse espère que cet assemblage de bric et de broc ne survivra pas au long vieillard chauve.*
* Comprendre qu'elle lui a signifié qu'il n'était pas encore quitte des jardins en carrés et qu'il pouvait commencer à s'entrainer afin de parvenir, avant de partir au champ d'naviots, à dresser dans les règles de l'art maçon, de gentils murets de briques et de chaux à l'intérieur desquels elle pourrait jeter les résidus de l'incinération du corps maigre du jardinier fertilisateur pour enrichir le substrat enfermé entre les dites parois.
L'épouse du Papistache — si elle lisait ces lignes — s'indignerait : elle refuse d'envisager l'idée de la disparition de son compagnon, quand toutes les statistiques lui prouvent qu'il est dans l'ordre des choses qu' il s'en aille le premier. En revanche, visiteuses occasionnelles, lavez bien les fraises que Mamoune devenue veuve pourrait vous servir, il serait dommage que vous vous étranglassiez avec les cendres de feu le jardinier.
De la fenêtre de la chambre, le tiers droit du jardinet.
Maintenant, je m'attaque à refaire la roseraie (4 m²),
mais c'est sur la gauche, d'ici on ne voit rien. Au travail !
vendredi 31 juillet 2009
Faire et défaire, cela s'appelle travailler
Grisette a eu pitié de ses vieux parents. Pour son Xième déménagement, elle a fait appel à ses amis. Interdit aux plus de cinquante ans.
Bien.
Mais, la jeune personne ne reprend pas de nouvel appartement. La maison jaune est vaste et ses greniers accueillants. Comment résister à lui donner un coup de main pour monter cartons et meubles divers sous les ardoises du toit ? D’autant que l’aide des amis ne concernait que la partie parisienne de la dite transhumance. Un seul, parmi les élus, a aidé à tout entasser dans le garage. Mais du garage au grenier : deux escaliers.
Alors, ce remue-ménage plus la menuiserie évoquée hier, comprenez que je viens me faire plaindre.
En reportant le camion de location, la secrétaire, qui nous connait désormais comme de fidèles clients , me glisse :
— On se revoit en septembre ?
A Dieu ne plaise, la demoiselle s’envole pour une durée indéterminée vers le Québec, bien décidée à en éprouver les rigueurs de l’hiver. Les voyages forment la jeunesse.
jeudi 30 juillet 2009
Mamoune jardine en carrés
Mamoune jardine en carrés.
Suis-je bien clair ?
Mamoune — mon épouse — jardine — cultive — en carrés — de petites parcelles de terre de forme carrée.
Voici six ans, nous installant au sein de la maison jaune, en août — il faisait une chaleur extravagante en terre percheronne — nous dessinâmes — tiens, un passé simple ? — quatre carrés que nous encerclâmes de bordures de bois traitées et censées résister à la pourriture. Six ans, le contrat me semble rempli.
Nous décidons, d'un commun accord, que tous les membres mâles de la famille se chargeront de réaliser de nouveaux cadres aux jardinets carrés. J'ai un projet pharaonique à base de fontaine, allées pavées et jardinets clos de briques collées à la chaux, mais je le repousse afin de meubler ma retraite professionnelle, laquelle je ne cesse de différer dans le même temps. Soyons fous jusqu'au bout.
Hier matin, un camion me livre cinq bastings de quatre mètres. Pour le premier des carrés, je découpe quatre longueurs de 125 cm : le côté intérieur du carré devant impérativement mesurer 120 cm, le basting ayant une épaisseur de 5 cm.
Auparavant, la veille, nous avions fait l'achat de 32 équerres afin de rendre solidaires les quatre côtés du cadre.
Quatre vis par équerre — de 50 mm chacune — 128 vis seront nécessaires, j'en achète 150.
Aïe, aïe, aïe !
Muni de mon tournevis à manche orange, j'entreprends de viser la première des 128 vis. Un petit coup de marteau pour amorcer la chose et 50 tours de poignet plus tard la vis est logée dans le dur bois du basting de 125 cm.
Vous, oui, mais moi, non.
Oui, vous avez compris que 50 multipliés par 128 représentaient 6400 tours de poignets (j'ai mis un "s" à poignets car je suis ambidextre au tournevis) et que mes articulations ne résisteraient pas à ce traitement de forçat.
Jugeant que les ampoules naissantes à la paume de ma main gauche ne m'empêchaient pas de tenir le volant de la voiture, je me suis rendu au magasin de bricolage le moins éloigné de mon domicile pour y faire l'acquisition d'une visseuse-dévisseuse de 18 V, en attendant le jour où, la science progressant, le bricoleur occasionnel pourra se faire poser, par les hommes de l'art, des prothèses articulaires de 24 V.





