dimanche 17 mai 2009
Tandis que je pelais une botte d'asperges...
Pas de lectorale en ce dimanche. Partie remise.
Mais cadeau partagé.
Samedi matin, je pelais une botte d'asperges, ce qui ne prend guère de temps avec mon rasoir à légumes — car, depuis que je sais tenir une fourchette, nous avons, dans la famille, utilisé un rasoir à légumes, plutôt qu'un couteau économe, comment faites-vous, en votre cuisine, sans ?—, Grisette se saisit de son carnet de voyage — sa tête est encore en Nouvelle-Zélande— et elle me croque avant que j'aie terminé mon opération culinaire.
Pour les amateurs, d''autres aquarelles sur le site de voyage de Grisette ainsi que des photographies.
mardi 28 avril 2009
Ne te laisse pas mourir de faim, me dit-elle. J'ouvre le dictionnaire, je tombe sur épenthèse, je n'ai jamais goûté : Banco !
La pârte à frirme
Quantitrés :
Pour 750 grasmmes de fruits ou 10 petithes crêptes........... 100 g
œurf.............................................................................................. 1
psel
poilvre ou squcre
huilve................................................................................. 1 cuillmerée
rhoum ou kirchht............................................................. 1 cuillmerée
ehau ................................................................................. 1 dL environ
Mettre la flarine dans une tesrrine. Faidre la frontaine. Y mettre l’huilve, l’alchool, le psel, le poilvre ou le squcre, l’œurf.
Commtencer le mérlange au milhieu à l’aide de la spartule ou du fouret.
Travaniller pour que le liquidre absorbve la flarine progresstivement sans falire de grumaleaux. Ajouster l’ehau petith à petith jusqu’à consistancre désirée.
Laissert reposter si possible, même si ce n’est pas trigoureusement findispensable.
Fairne chaluffer une posêle très netthe, très flisse et la gradisser clégèrement.
Verster dans la posêle justre assez de pârte pour en grarnir le flond d’une coluche très mincle. Laissert prendre, puis fraire saluter la crêpte de l’austre côfté.
Glorsque la crêpte est curite, la farire gralisser de la posêle dans une cassiette, la salupoludrer de squcre, la roluler ou la plimer en chéventail.
Golûter la premifère crêpte pour vérifiver l’assaistonnement et la consistrance, mettre la pârte au phoint si c’est néchessairfe.
Continuler la curisson des crêptes, le diressage et serfvir chamud ou tivède.
Cremarques :
1/ Pour gradisser la posêle, on peurt :
a) mettre dedans un petith morcelau de beurrne.
b) chenfermer le beurrne dans un noupet de thissul blanct trigoutreusement prospre et gralisser la posêle avec ce noupet.
c) On peurt piquler un morcelau de flard gracs au bolut d’une fomurchette
et gralisser la posêle.
d) On peurt chutiliser aussi de l’huilve, ou bien de la margacrine ou de la vergétraline en procédédant cromme dit plus chaut.
2/ Pour un dressert, falire les crêptes très flines et sonignées. Elles peluvent zêtre pluchs éplaisses pour des crêptes salvées ou lorsqu’elles cronstiturent un frond de trepas ; subivre dalors les chabitudres flocales.
3/ Polur cretourner une crêpte, on peurt la falire saluter ou la cretourner simplement avec un croustreau.
4/ Si la premifère crêpte est un pneu skcartronneuse, la pârte est strop gliquide, l’épalissir chavec un petith preu de flarine déclayée avec de la pârte à crêptes.
Varixantes :
Crêptes fourrnées : Les crêptes squcrées pneuvent zêtre également fourrnées de confriture — grelées — marmeflades — carème de machrrons — etc.
Crêptes saltées : Dans ce cas, les flarcir :
— de champfignons fliés avec une saluce Bécharmel épalisse ou avec une saluce Morfnay ou encorce une saluce tomante,
— d’épifnards à la carème, ou à la Bécharmel ou au fromcage,
— d’un chachis de vidande en saluce,
— de prestes de phoissons fliés avec une bonne saluce, etc.
Roluler ces crêptes fourrnées, les dranger dans un plant allant au fourtch, mettre un petith morcelau de beurrne sur chanque. Tréchauffer. Les serfvir telles quelles ou namppées de la même saluce que celle de la farche.
lundi 23 mars 2009
Solennelle communion
J’avais fait un pain,
dimanche matin,
un pain chaud pour déjeuner.
J’y avais mis de l’eau,
un verre plein.
Du sel marin,
entre trois doigts,
trois fois, au moins.
Du miel.
Je sucre ma pâte au miel de châtaignier ; c’est ma signature.
Combien ?
Deux cuillères dégoulinantes et rebondies.
De la farine,
trois verres — de celui qui avait servi pour mesurer l’eau —.
Deux cuillerées à soupe d’huile d’olive
et encore un peu, comme ça, que la mesure soit bonne.
Vingt-cinq centilitres de coulis de tomates
et douze ou seize olives noires — à la grecque — dénoyautées.
Une poignée grosse
et pleine d’inflorescences de thym de l’été.
Une dosette de levure de boulanger,
billes beiges à l’odeur marquée.
Y avais-je glissé du gingembre ?
Il faut le croire,
le pot trainait,
ce soir encore,
auprès du four.
Pétrie deux fois,
levée autant
et cuite longtemps.
Ah ! La bonne pâte à Pâtepistache !
Cuite et odorante.
J’ai fait un pain, quoi.
Belle pâte cuite levée comme jamais.
L’alchimie sans moi avait opéré.
Le petit Nicolas (onze ans, je crois), fils des amis invités, est connu pour son chiche appétit. Vous l’auriez vu savourer sa tranche de pain. Il n’en a rien laissé, ni mie ni croute ; il en a même repris et je crois bien trois fois.
Sa mère l’a tancé :
— Nico, ne mange pas tout le pain.
Vrai, le gamin, n’était pas là.
Il communiait,
c’était certain.
Etait-ce le thym ?
le coulis ?
les olives ?
le miel ?
la farine boulangère ?
Bref, le pain était frais — encore tiède — et l’appétit du gamin en a fait cent bouchées savourées.
La Pâtepistache, ravi, regardait l’enfançon s’enfiler la miche quasi toute entière.
Au dessert, Nicolas n’avait plus faim.
Du pain d’épices à la tomate ?
Où donc ailleurs aurait-il pu en manger ?
La recette, je vous l’ai donnée.
Essayez-la !
mercredi 11 février 2009
Daphné au bain
Je cuisais, hier soir, des pommes de terre. Excusez-moi, je n’ai jamais su dire “patate” sinon à mon miroir. Enfin, je cuisais ! Ajoutons “in” et disons que je cuisinais des pommes de terre. Dans l’eau de cuisson, j’avais jeté trois feuilles pour la parfumer.
— C’est chaud ! frémit une douce voix féminine.
— On me parle ? me suis-je étonné.
— Oui, c’est moi, Daphné. Daphné ! La nymphe qui fut changée en laurier pour échapper à Apollon.
Je lui ai demandé si elle voulait que je baisse la température.
— Non, m’a-t-elle répondu, j’ai l’habitude... c’est juste que... refuser de passer à la casserole pour finir au court bouillon, c’est pas très glamour. Une fois par siècle — ça tombait hier — j’ai droit à un quart d’heure de communication.
Comme l’eau bouillonnait, la voix s’est faite moins distincte. J’ai néanmoins pu comprendre qu’elle ne m’avait pas choisi pour mes beaux yeux mais parce que, adolescent, j’avais versé une larme sur son tragique destin.
Un quart d’heure ! C’est à peine suffisant pour faire une purée. On a mangé les patates (ah, tiens, j’y suis arrivé) égouttées avec un filet d’huile d’olive. Les feuilles de laurier, je les ai laissées avec l’eau de cuisson sur le bord de l’évier. Je n’ose rien jeter. Pensez, l’eau du bain d’une nymphe !
lundi 2 février 2009
Qu'on ne se méprenne pas, j'aime bien le travail de Pierre Soulages, ceux qui me connaissent un peu savent que l'art informel
ne devrait pas me laisser sans émotions
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Cependant, je me demande si Pierre Soulages n'avait pas une maman ou un papa qui lui aurait confectionné force gâteaux au chocolat en son enfance.
Jugez vous même
Une œuvre du peintre Une œuvre de l'auteur
dont je cite le nom de ces papistacheries
dans le titre de ce billet que vous lisez peut-être

Qu'a-t-il* bien pu faire de mille cinq cents grammes de chocolat ?
Eh bien, ceci :![]()
il*, c'est l'auteur des papistacheries
mardi 16 décembre 2008
N'est-ce point trop machiavélique ?
Voyez mon désarroi.
Si, là !
Voyez !
Dimanche, j’écris un billet, que je veux mobilisateur. Je soigne sa mise en page et le range à la suite du précédent, juste sous la date qui s’affiche, acajou sur vieil ivoire.
Lundi, je poste une photographie, sous laquelle, à la hâte, je jette trois fariboles qui me traversent la pensée. Je centre le tout et toujours le vieil ivoire accueille l’acajou de la date.
Mardi, je tire des conclusions :
a) mon billet incitatif recueille sept commentaires, hors les miens. Fanes de carottes : sept.
b) mon image et sa légende un brin fantasque attire, hors les miens, vingt-six commentaires (à l’heure où brouillonne ce texte). Épluchures de carottes : vingt-six.
Toujours mardi, j’hypothèse :
Les fines pelures (peu s’en faut) apportent quatre fois plus d’eau à mon moulin que les fanes qui pourtant appartiennent au même végétal.
Mardi encore, je machiavèle :
Combien de litres de bouillon de légumes pourrais-je cuire en traitant de la racine pivotante plutôt que de ses attributs ?
Mardi enfin, àl’eaujemejette :
La carotte se consomme râpée, encore que je préfère les morceaux échappés au disque du mouli-julienne, morceaux de la cuisinière qui se les croque en douce comme le boucher les rognons blancs du taureau vaincu dans l‘arène.
La carotte se consomme glacée, bien tiède et aromatisée de clous de girofle.
La carotte se consomme bouillie, en purée, réduite en potage, obscène avec l’aïoli dans sa turgescence exhibée, en rondelles avec la viande de bœuf, anonyme dans le couscous parfumé, en tartes ou mêlée à la pâte d’un pain fantaisie, à la poulette, au beurre, au lard, à la Vichy, en gratin, en médaillon, à la poêle, à la mode...
Logiquement,
si la proportionnalité s’applique à la carotte (n’est-ce pas la sœur de la racine carrée) ce billet-ci, ou :
a) prend le bouillon (ce qui serait dans l’esprit, sinon de Noël, du moins du sujet )
b) récolte (là encore le verbe est bien choisi (merci !)) la toque d’or de la blogobulle (laquelle ne s’acquiert qu’au seuil d’un nombre à trois chiffres).
A l’eau, je me jette !
Bouillante et salée.
Surveillez le minuteur.
mercredi 10 décembre 2008
Poireau
Poireau, poireau, que me chantez-vous là, chère Revenante* ?
Moi, poireau, je lui taille la barbe.
Pas de raison que je sois le seul à sentir l’air frais me souffler au visage.
Je lui offre une petite coupe rafraichissante d’un puissant trait de la lame du couteau à manche de hêtre.
Toilette !
Shampooing au Château La Pompe.
Ce poireau ( Parfois, j’en prends deux !) je le coupe fin, fin, en rondelles, et je demande à l’huile d’olives de le faire fondre doucement.
Alors, profitant de la fonte, j’appelle le client suivant :
— "Signor Brocolis, per favore, prenez place dans le fauteuil du figaro des légumes."
Même sort, jusqu’à la fonte à l’huile d’olives.
Ensuite ?
Ensuite, le bain à l’eau très chaude. Une pincée de sels marins, deux carottes en rondelles et... secret du chef... une poignée de pois cassés pour donner du corps aux guerriers fatigués à l’huile d’olives.
Cuisson.
Cuisson.
Cuisson.
Cuisson.
Au nom de la grande mixité sociale de la République Soupière : bol mixer.
Vous pouvez ajouter un filet d’huile d’olives, moi, je trouve que j’en déjà assez mis pour l’opération fonte des légumes. J’attends juste que le velouté refroidisse suffisamment pour être consommé sans que les convives ne se brûlent le palais.
C’est tout !
Osez le fromage râpé ou les croutons, voire une poignée (petite, alors) de pignons, c’est vous les invités.

