jeudi 3 avril 2014

Compère qu'as-tu vu ?

Depuis quelques temps, un zigoto — je n’use pas souvent de ce mot — s’amuse — je doute fort qu’il agisse sous la contrainte — à gribouiller des insanités sur les murs du village. Orthographe, syntaxe et discours rudimentaires. Peinture en bombe, bleu métallisé, écriture ronde.Ce matin — je revenais de la boulangerie —, sous le pare-choc d’une voiture à la carrosserie d’un autre âge — mais pas repeinte pour autant —, jeté négligemment j’imagine, l’objet du délit, gisant au sol, me saute aux yeux.Je le ramasse et me le colle sous le... [Lire la suite]
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mercredi 6 novembre 2013

Du couronnement d'un chef à la peau lisse

Guilleret, dans le duplex de Rosette, je dévalais l’escalier — notons, pour circonscrire les lieux du drame, que le plafond de la cage de ladite suite de marches présente une arête fort contondante à qui dépasse six pieds de haut pour peu que sa foulée manifeste quelque allégresse à la descente (pour la montée, nulle liesse jamais ne provoqua ce que ma narration laisse anticiper ; les mystères de la physique, une fois encore ! ) — je me suis ouvert le crâne : rien ne s’est perdu, il était vide ! J’ai recouvert la béance de mon... [Lire la suite]
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jeudi 18 avril 2013

Interlude

Épouse-trop-Ravie et moi partons quelques jours : Yessena*, son père et sa mère nous manquent et réciproquement. Je publie, avant de monter dans la voiture, une historiette écrite cet hiver. J'avais l'intention d'en pondre cent comme celle-ci : l'hiver s'est achevé trop tôt, je me suis arrêté à deux. Un post-it, couvert de pattes de mouches, est en attente quelque part sur mon bureau ; si je concrétise l'idée, il ne me restera que quatre-vingt-dix-sept nouvelles à torcher pour que le compte soit bon. Après tout, j'ai bien essoré, par... [Lire la suite]
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lundi 15 avril 2013

Concert de printemps

Des conditions météorologiques brutales et exceptionnelles, en ce 14 avril 2013, ont conduit l’orchestre qui devait se produire salle Jacques S*** à reporter son concert de printemps. Outre que les fauteuils risquaient de se trouver désertés, les interprètes, des deux sexes, n’ont pas résisté, à la descente de leur bus, à l’envie de se rouler dans la prairie qui descend doucement du pied du château jusqu’à la paresseuse rivière et, de roulades en roucoulades, la baguette dressée du chef d’orchestre n’a pas réussi à rendre à la raison... [Lire la suite]
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samedi 16 mars 2013

Sorcellerie

Voici quelques années, au bord d’une départementale qui mène au chef-lieu du département, une petite maison s’est construite. Petite. Une maison de poche. Quatre murs, une porte d’entrée flanquée d’une fenêtre à droite. Pas de garage, pas d’étage. Aucun aménagement extérieur, pas de terrasse, pas d’allée, pas de jardinet. Une maison posée dans un champ un peu en retrait de la route. Sans charme, sans grâce.C’est plus fort qu’elle, Épouse-Aux-Yeux-Vifs, à chacune de nos transhumances, ne peut s’empêcher de lancer : — Oh, cette maison,... [Lire la suite]
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vendredi 22 février 2013

A comme allumettes

C’est la fête au village. Une grande fille maigre virevolte sur la piste dressée Place de la Mairie. Un peu pour allumer les garçons, un peu à cause du froid, un peu pour elle aussi.La fille aux jambes en bois d’allumettes danse pour se réchauffer. Mais, à frotter ses semelles au parquet rugueux, elle s’enflamme, la fille aux pieds soufrés.Elle a le feu aux pattes, la fille. On aurait juré plus haut, disent les garçons qui souffrent pour elle et un peu pour eux. Ce n’était pas le bal des pompiers, elle s’est consumée là, Place de la... [Lire la suite]
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samedi 20 octobre 2012

Né trop tôt

Sa main gauche palpe le large accoudoir pour trouver la télécommande de la télévision. Il s’impatiente et s’apprête à hurler « Mais où est passée cette putain de télécommande ? » quand il se ravise et s’avachit un peu plus contre le cuir de l’imposant fauteuil marron. Il vient de se souvenir qu’on est le 20 octobre 1950 et que le principe de la télécommande n’a pas encore été inventé et, par voie de conséquence, pas le moindre petit appareil lui ressemblant n’a été commercialisé, pas plus aux États-Unis qu’ici, à Saint-Honorin des... [Lire la suite]
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mercredi 17 octobre 2012

Question d'angle de vue

Elle s’est pesée au saut du lit. Nue. Et de peur d’être déçue, elle a fermé les yeux. Fort.Si elle avait fermé les volets avec autant d’énergie, la veille, le vent ne les aurait pas ouverts et le voisin n’aurait pas pu témoigner.   Mais belle affaire. Elle, yeux clos, n’a rien vu et lui, mâchoire tombante, n’a pas lu sur le cadran le nombre dont la crainte lui fit, à elle, plisser les yeux si forts. Pourtant, il avait bien ses lunettes, du coup. Sans doute quelque chose l’aura distrait.
mardi 9 octobre 2012

Une lettre

Un grelot de laiton retenu par un fil de fer entortillé. Le facteur secoue le portillon. Maigre tintement. Le chien affalé sur le ciment de la courette carrée lève une paupière, la referme. Vieux cabot obèse et incontinent.La cour est ignoble. Des déjections canines écrasées. Des jouets de petite fille, poussette, dînette, peut-être une robe de poupée, jonchent le sol. Un sac poubelle, près des marches du petit perron, éventré, dégueule ses immondices.Le facteur suppute. Si le portillon s’ouvrait, si le chien ne bronchait pas, si un... [Lire la suite]
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vendredi 5 octobre 2012

Mes dernières volontés

1970— Moi, une cravate ? Plutôt me pendre ! 2012Il a mis fin à ses jours.— Pendu ?— Même pas : fusil de chasse !Ses gosses lui ont fait enfiler par les croque-morts un costard funèbre. Qui a eu l’idée de lui nouer autour du col cette limace vert bouteille ?« Si je meurs un jour *», je n’aimerais pas qu’on  m’habille comme un bourge. Alors, je le redis : « Pas de caleçon sous mon bénard. Capiccio, les filles ? »*(sic)
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