ver blanc

Casser du verre blanc porte bonheur ; de l’argent inattendu ne manquera pas de gonfler le portefeuille. Certes, c’est entendu, scientifique, irrévocable, confirmé et de notoriété publique — je casse assez de vaisselle pour le savoir ! — mais quid du ver blanc ?

J’en fais quoi, moi, de ce ver blanc trouvé lové dans la racine de la laitue flétrie ? L’assommer avant de le donner aux poules ?  Le jeter par-dessus le mur ? L’offrir à la merlette qui couve dans la charmille ? N’est-ce pas m’exposer à une plainte auprès de la SPA ?

Dans l’expectative, je le garde au creux de la main ; mais je me connais, je risque de céder à l’affection et plus longue sera l’attente plus fort sera l’attachement. D’ailleurs, je l’ai déjà baptisé Konrad, mon petit ver bouffeur de salade. J’ai l’impression qu’il veut me dire quelque chose en se trémoussant doucement dans ma paume qui lui fait comme un petit nid douillet.