Encore une paire de Témoins de Jéhovah qui sonne au carillon. Sur le coup, j’ai cru que ces dames m’apportaient une part de gâteau de l’anniversaire de Jésus — j’avais décliné l’invitation du 14 avril dernier !
Nenni ! La fête a regroupé 169 personnes, tout a dû être mangé. Dans le plus gourmand des cas, je pense qu’il ne devait y avoir que du pain et du vin. Dans l’hypothèse la plus gastronomique ! Mais, laissons cela, je ne suis pas de la famille.


En revanche, j’attends toujours l’homme des vœux Bartissol. Mon grand-père tenait serré dans son porte-monnaie trois à quatre coiffes, découpées d’une lame affutée et d’un mouvement circulaire d’expert autour du goulot de la bouteille de cet apéritif— à moins que ce ne fussent de plus rigides capsules, mais je revois le faible volume du trésor ; en étain ? je ne sais, je ne buvais que du lait ou de l‘eau en ce milieu de XXe siècle ; la limonade ? il aura encore fallu attendre quelques années avant d’en trouver dans les rayons du Familistère, ou s’il s’en trouvait depuis longtemps aura-t-il fallu patienter que la bourse de mes parents accepte enfin de prendre un peu de poids, car son anorexie dura longtemps.


Je me faisais ces réflexions en revenant du portillon, après avoir salué le duo des dames missionnaires ; c’est un peu léger, je l’accorde, pourtant j’ai marché paisiblement, mais aussi, même à pas lents, du portillon à la porte d’entrée moins de vingt mètres à parcourir… et c’est en ligne droite !