Je quitte la rue du Coucou pour m’engager sur le boulevard Pivert et, immanquablement, je passe devant cet arbuste, massacré par je ne sais quel accident.
Chaque fois, je ressens la même admiration devant le phénomène. Sur le tronc éclaté et éventré comme une saucisse de Francfort trop cuite, à un petit mètre du sol, une branche s’est reformée et érigée en un parasol harmonieux.


J’ai déjà évoqué cet arbrisseau martyr.
Venu d’un pays exotique assurément. Rare, assez, pour que je ne trouve aisément ni son nom ni son origine.
Bien des fois j’ai échoué à son identification, en dépit des indices floraux que je pouvais entrer dans les moteurs de recherche et malgré les flores explorées page à page.


Et pourquoi diable, à tout prix, vouloir connaitre son identité ?
Vous seriez de la police, Papistache ? et le faciès du végétal ne vous reviendrait pas ?
Délit de sale écorce ?
Jouissez du prodige et taisez-vous !
A-t-on besoin de savoir le nom des anges assis au bord des nuages pour s’émouvoir d’un coucher de soleil ?
Et pourquoi ce billet si ce que vous avez à dire n’est pas plus beau que le silence ?
Recouchez-vous et dormez en paix, vieillard !
La messe est dite.
Amen !


Amen ?
Amen ?
Toi, mon vieux Papistache, tu as une idée entre les oreilles !

Cette phrase « Bien des fois j’ai échoué à son identification, en dépit des indices floraux que je pouvais entrer dans les moteurs de recherche... », ne l’as-tu pas rédigée au passé ? Serait-ce que tu aurais percé le mystère ?
Ne lanterne pas !

Soit !
Oui !

Rosette m’y a aidé (forcément, avec un pseudo de ce calibre — et une familiarité professionnelle de l‘outil informatique —, ma fille aînée, d’une requête savante et disciplinée, a défloré l’énigme).

Et j’ai délivré des indices.

clerodendron trichotomum


L’arbre du clergé !
Il fallait bien cela pour expliquer le miracle !

Un clérodendron trichotome. Désormais, un clic suffit à satisfaire la curiosité du passant et, promis, dès que je repère un pépiniériste approvisionné je dégage une place au jardinet. Ainsi sera-t-il !