Je lis* dans la presse qu'un surfeur californien de 41 ans retrouve sur la plage son portefeuille perdu quelque vingt-quatre années plus tôt.

Moi, qui ne suis ni surfeur, ni californien, ni quadragénaire, ni insouciant au point de faire le poirier en bord de mer — et, au demeurant, incapable —, je me demande quelle tête je ferais, dans vingt-deux ans, si une auxiliaire de vie retrouvait, en passant le balai dans un recoin, le porte-monnaie que j'ai égaré, à mon domicile, voici deux années pleines.

 

 

* Là, j'ai bien conscience d'écorner mon image de sentinelle du présent et de flétrir ma respectabilité en dévoilant la futilité de mes lectures ; mais, aussi, ai-je laissé entendre que je n'avais parcouru que cet entrefilet au cours de ces deux derniers mois ?

Un de mes beaux-frères, spéléologue à ses heures, a perdu puis retrouvé ses lunettes de myope — déjà qu'il est bâti comme Apollon, insolemment doué pour tous les sports de glisse et bronzé toute l'année, il eût été inique que la nature ne l'eût pas affublé d'un petit handicap. Non ? Pas tout pour les mêmes ! — au creux d'un siphon d'une rivière souterraine, également à une vingtaine d'années d'intervalle. Vingt-quatre ? Je ne sais pas. En Ardèche, je suis certain.