Je taillais un silex, gentiment, à l'ombre d'une fougère, un enfant s'approche de moi :

— Tu fais quoi ?

J'explique, je montre. L'enfant s'assied sur la mousse, saisit un éclat tranchant comme un rasoir et pèle une baguette de noisetier dont il fouettait les herbes folles.

 

Le soir, au téléphone, son père l'interroge :

— Qu'as-tu appris en vacances, mon fils, en vacances aujourd'hui ?

— J'ai taillé des silex pour en faire des outils et demain, si on trouve de l'amadou, Grand-Père a promis : on fera un feu.

 

J'aime beaucoup les étincelles que deux pierres qui se choquent peuvent allumer dans l'œil d'un enfant. Sinon, ça va, j'ai encore tous mes doigts. La preuve !