Cette fois, j’ai  peur.
Qu’est-ce que ça cache ?

Ce matin, en conduisant mon épouse sur son lieu de travail, sur une route que nous empruntons au minimum huit fois la semaine, souvent plus, je songeais à ce bûcheron qui, ayant coupé trois fort gros sapins de sa propriété à un mètre du sol, a joué artistement de la tronçonneuse et sculpté, dans les souches érigées, autant de champignons tous différents.
Un peu de ce style :

champignons sculpté à la tronçonneuseQue l’on aime ou pas, n’est pas la question.

Les sculptures sont terminées depuis l’automne et, par une facétie de ma mémoire, j’y songeais, donc, ce matin, comme certains à leur portefeuille d’actions ou de plus verts au décolleté de la bouchère.

Le lecteur de CD de la voiture diffusait Mi chiamano Mimi de Puccini quand, et croyez-moi  je dis vrai — « Ça va devenir une habitude, on va se lasser, Papistache », lâche le chœur des lecteurs — Épouse-A-Mon-Côté pivote sur son bassin et s’attache à suivre des yeux les trois champignons de bois que la course de la voiture laisse sur notre droite. Ce qu’elle ne fait jamais !

Comme dimanche, je l’interroge :
— Je ne sais pas, répond-elle, j’ai eu envie de les revoir.

C’est un signe.
Je le pressens néfaste.
J’ai peur.