vendredi 31 juillet 2009
Faire et défaire, cela s'appelle travailler
Grisette a eu pitié de ses vieux parents. Pour son Xième déménagement, elle a fait appel à ses amis. Interdit aux plus de cinquante ans.
Bien.
Mais, la jeune personne ne reprend pas de nouvel appartement. La maison jaune est vaste et ses greniers accueillants. Comment résister à lui donner un coup de main pour monter cartons et meubles divers sous les ardoises du toit ? D’autant que l’aide des amis ne concernait que la partie parisienne de la dite transhumance. Un seul, parmi les élus, a aidé à tout entasser dans le garage. Mais du garage au grenier : deux escaliers.
Alors, ce remue-ménage plus la menuiserie évoquée hier, comprenez que je viens me faire plaindre.
En reportant le camion de location, la secrétaire, qui nous connait désormais comme de fidèles clients , me glisse :
— On se revoit en septembre ?
A Dieu ne plaise, la demoiselle s’envole pour une durée indéterminée vers le Québec, bien décidée à en éprouver les rigueurs de l’hiver. Les voyages forment la jeunesse.
jeudi 30 juillet 2009
Mamoune jardine en carrés
Mamoune jardine en carrés.
Suis-je bien clair ?
Mamoune — mon épouse — jardine — cultive — en carrés — de petites parcelles de terre de forme carrée.
Voici six ans, nous installant au sein de la maison jaune, en août — il faisait une chaleur extravagante en terre percheronne — nous dessinâmes — tiens, un passé simple ? — quatre carrés que nous encerclâmes de bordures de bois traitées et censées résister à la pourriture. Six ans, le contrat me semble rempli.
Nous décidons, d'un commun accord, que tous les membres mâles de la famille se chargeront de réaliser de nouveaux cadres aux jardinets carrés. J'ai un projet pharaonique à base de fontaine, allées pavées et jardinets clos de briques collées à la chaux, mais je le repousse afin de meubler ma retraite professionnelle, laquelle je ne cesse de différer dans le même temps. Soyons fous jusqu'au bout.
Hier matin, un camion me livre cinq bastings de quatre mètres. Pour le premier des carrés, je découpe quatre longueurs de 125 cm : le côté intérieur du carré devant impérativement mesurer 120 cm, le basting ayant une épaisseur de 5 cm.
Auparavant, la veille, nous avions fait l'achat de 32 équerres afin de rendre solidaires les quatre côtés du cadre.
Quatre vis par équerre — de 50 mm chacune — 128 vis seront nécessaires, j'en achète 150.
Aïe, aïe, aïe !
Muni de mon tournevis à manche orange, j'entreprends de viser la première des 128 vis. Un petit coup de marteau pour amorcer la chose et 50 tours de poignet plus tard la vis est logée dans le dur bois du basting de 125 cm.
Vous, oui, mais moi, non.
Oui, vous avez compris que 50 multipliés par 128 représentaient 6400 tours de poignets (j'ai mis un "s" à poignets car je suis ambidextre au tournevis) et que mes articulations ne résisteraient pas à ce traitement de forçat.
Jugeant que les ampoules naissantes à la paume de ma main gauche ne m'empêchaient pas de tenir le volant de la voiture, je me suis rendu au magasin de bricolage le moins éloigné de mon domicile pour y faire l'acquisition d'une visseuse-dévisseuse de 18 V, en attendant le jour où, la science progressant, le bricoleur occasionnel pourra se faire poser, par les hommes de l'art, des prothèses articulaires de 24 V.
mercredi 29 juillet 2009
Le pouvoir de l'imagination (du souvenir, désormais !)
mardi 28 juillet 2009
Plomberie TEFLON fils, successeurs de TEFLON père
La douche fuyait. Oh, pas vite. On l’a arrêtée avant qu’elle ne quitte la salle de bain.
La douche fuyait. Une douche-cabine d’angle.
On a appelé le plombier vendredi. Il est venu... lundi matin. Au bout d'une demi-heure, il est reparti en nous laissant son diagnostic.
L’après-midi, il est revenu avec son beau-frère. Il fallait qu’ils soient au moins deux. Ils ont démonté, réparé puis remonté la cabine et ont nettoyé les saletés et sont partis.
Alors qu’ils quittaient la maison, Mamoune leur lance :
— Nous nous adresserez la facture ?
— ...
— Ne faites pas comme votre père* qui oubliait de les envoyer.
— Oh, vous savez, c’est un peu la même école. On essaiera d’y penser avant la Saint-Sylvestre. Papa, lui, avait plusieurs années* de retard. Nous, on essaie de ne pas trop en prendre.
— Vous avez une secrétaire ?
— Oui, c’est Maman qui continue à nous donner un coup de main, comme du temps de Papa.
C'est triste, hein, comme histoire. Des délais inimaginables partout ailleurs dans l'hexagone et des tarifs exorbitants comme ceux-là, je me doute que ça doit arracher des larmes dans les chaumières. Eh, aussi, je ne PEUX pas me montrer drôle tous les jours non plus. La vie se charge d'apporter son lot d'adversité quotidienne tout de même.
* Nous en voulons pour preuve que ce papa plombier, aujourd’hui à la retraite, ne nous a toujours pas fait parvenir deux factures concernant des travaux à la maison, effectués voici six ans, et ce n’est pas faute de les lui avoir réclamées souvent.
lundi 27 juillet 2009
Rien ne se perd tout se transforme et réciproquement
Chère Maminette*,
J'aimerais encore vous arracher un sourire — même pâle, un sourire reste un sourire — aussi, vais-je vous donner à lire une histoire drôle que j'avais écrite pour les défis du samedi — à ce propos, le thème de la semaine tourne autour de la mayonnaise et de la blague à trois sous, allez y faire un tour, j'ai raconté une histoire de Toto, elle pourrait vous distraire deux minutes — mais que j'ai recalée, précisément parce que j'y ai donné l'histoire de Toto et que je veux pas squatter les défis en les abreuvant de ma prose.
Une histoire que vous ne lirez nulle part ailleurs :
Un fou repeint un plafond.
Un autre fou entre dans la pièce.
Il dit au premier : “Accroche-toi au pinceau, j’enlève l’échelle.”
Un fou ? Un déséquilibré ? Un déséquilibré sur une échelle ? C’est risqué ! Il pourrait tomber.
Repeint ? Donne une deuxième couche ? Ou peint un plafond que son collègue aurait peint précédemment ?
Un plafond ? On dit des fous qu’ils ont une araignée au plafond. Ce serait donc une allégorie pour signifier que le déséquilibré, en équilibre sur son échelle, serait en période de récidive (il repeint) ?
Un autre fou ? On serait dans un asile et les patients seraient assez autonomes pour se déplacer d’une pièce à l’autre sans la présence d’un infirmier ?
Entre dans la pièce ? La pièce du fou ou la pièce du fond ? Pas la fesse du pion ? Quoique ? Il entre dans l’intimité du premier. Il le dérange. Il viole son espace personnel. Ou serait-ce le même ? Un dédoublement de personnalité.
Un schizophrène repeint un plafond. Il se dit à lui-même...
C’est une hypothèse, docteur, à retenir.
Il se dit à lui-même. Il essaie donc de se convaincre. “Accroche-toi au pinceau.” Il ne dit pas "au rouleau". La profession repeint les plafonds au rouleau. Pas au pinceau.
Pinceau = symbole phallique.
Accroche-toi au pinceau. Accroche-toi à ton pinceau.
Le type se masturbe en fait.
Je retire l’échelle.
L’échelle = ascenseur. Ascenseur vers le septième ciel.
Je retire l’échelle. Je te prive de l’accession au plaisir.
Je te castre. L’univers hospitalier est castrateur. Branle-toi, tu n’en tireras aucun plaisir.
Un schizophrène s’astique le manche ; du fond de sa névrose, un autre lui-même lui envoie un message : l’amour physique est sans issue.
Autre hypothèse : échelle = évasion.
Accroche-toi au pinceau = masturbe-toi !
J’enlève l’échelle = ce n’est pas ainsi que tu recouvreras la liberté.
A Charenton, un malade mental prend conscience que l’onanisme, une fois éprouvé l’éphémère plaisir plus ou moins longuement conquis, ne lui ouvrira pas la porte vers la liberté. Il le sait et pourtant il ne peut s’empêcher de repeindre son plafond. Il n’est pas sorti d’affaire, le barbouilleur.
C’est bien triste comme histoire**, Maminette, n'est pas amuseur qui veut. Au moins, aurais-je essayé ; cet effort mérite un sourire n'est-ce pas ?
*La vie étant faite ainsi que l'on sait, j'aime à croire que d'autres que vous tireront profit des trois minutes accordées à la lecture de ces papistacheries estivales.
** Je me plais à penser que le succès inter-générationnel de cette histoire doit tenir en grande partie au sens que je viens de révéler.
dimanche 26 juillet 2009
De l'art ou du handicap de ne pas parvenir à en placer une
Madame Claireau me voue une reconnaissance éternelle pour avoir, voici vingt ans, appris à nager à ses deux fils. Vingt ans que je la connais — bien que je la vouvoie toujours, j’ai le tutoiement difficile. Madame Claireau a la reconnaissance généreuse.
Madame Claireau a une qualité rare : elle respire par la peau. Cette rare qualité lui permet d’enchainer ses propos sans avoir besoin de reprendre son souffle.
Madame Claireau est une insatiable bavarde et moi une bonne poire s’il en est en pays de pommes à cidre. Hier, j’ai rencontré Madame Claireau en sortant du supermarché. Elle y entrait. Madame Claireau, connaissant mes problèmes de mémoire, aime à me retracer le parcours de sa progéniture depuis la première séance de piscine, voici vingt ans, et ses bougres ont beaucoup roulé leur bosse.
Mamoune m’a enjoint de retourner au supermarché au prétexte qu’il ne fallait jamais recongeler des produits qui auraient décongelé. Quand je me suis retrouvé sur le parking, j’ai reconnu l’emplacement près duquel j’avais croisé Madame Claireau : le sorbet au citron n’avait pas encore achevé de sécher et tous ceux qui marchaient dans la flaque juraient. Le sorbet au citron, ça colle aux semelles.
Justement Madame Claireau sortait du magasin. Je ne suis pas le seul à souffrir d’incontinences mnésiques. Madame Claireau m’a entrepris derechef, comme si on ne s’était pas croisés depuis une semaine.
J’aurais bien envie de lutter pour la fermeture des magasins le jour du Seigneur, mais, là, comme le directeur de l’enseigne a baissé le rideau de fer avant que Madame Claireau ne soit arrivée à l’adolescence de ses deux petits, je suis rentré bredouille ; je vais devoir retenter ma chance ce dimanche matin.
Ma crainte est que j’ai trouvé que le charriot* de Madame Claireau ne contenait pas grand chose. De là à ce qu’elle ait oublié quelques provisions,... je crois qu’il serait plus prudent de renoncer aux sorbets pendant les grosses chaleurs ; un melon tiède, ça devrait pouvoir constituer un bon dessert.
* J'ai déjà écrit pourquoi deux "r"
samedi 25 juillet 2009
Les Papistache n'en finissent pas de s'instruire
Vicq.
Vous connaissez ?
Vicq en Yvelines.
Un petit village.
Pas très loin de Thoiry en Yvelines. Thoiry ! Les lions de Thoiry.
Vicq. Depuis des années Épouse-Éprise-Des-Arts voulait y faire une visite.
Le village cache le MIDAN.
MIDAN : Musée International D'Art Naïf.
C'est chose faite.
La visite !
Le parking international accueille cinq voitures, pourvu qu'on les range en épis.
Jolie maison bourgeoise réaménagée.
Une exposition thématique : Histoires d'hommes.
Mamoune a longtemps regardé ce petit monsieur — pas triste mais songeur — qui trainait sa maison. Elle s'est reconnue, en partie. En partie seulement.
C'est Xavier Ramos qui a peint ce petit tableau, on le trouve dans la première salle — ce qui ne vous apporte rien mais à moi ça me détend de le dire, alors, s'il vous plait.
En voyant celui-ci, un hommage au Douanier Rousseau, j'ai pensé à Walrus et ses chats. D'autres internautes, familières de cet espace aiment les chats, mais nues, je ne puis me les représenter, alors, j'ai pensé à Walrus. C'est un homme qui a peint l'œuvre : André Duranton.
Le tableau que j'ai préféré ?
Vous voudriez pénétrer mon inconscient et y lire mes côtés obscurs.
D'accord.
Je ne triche pas.
C'est celui-ci, juste au-dessous de ce paragraphe. La toile est mal tendue sur le cadre
Oh, et puis, c'est une dame qui l'a peint : Cristina de Santa Maria.
Je vais vous donner l'adresse du site internet du musée. Il est simple et très joliment fait. Bonne promenade, il peut encore pleuvoir d'ici la fin aout, ce serait une bonne idée de vous y promener à défaut de pouvoir garer votre voiture en épi dans un petit village des Yvelines.
Le Midan.
vendredi 24 juillet 2009
Stop ou encore ?
Dans le numéro 3106 de Télérama, un article de Sophie Lherm sur trois pages : Internet rend-il bête ?
Je ne sais pas : je n’ai pas réussi à le lire en entier.
Oh ! Trois pages... et écrites en tout petit...
En revanche, une belle illustration de beb-deum.com. Vraiment en adéquation avec le sujet. Bravo. Bien fait.
En adéquation ? Sans avoir lu l’article ? Papistache, vous vous gaussez !
Un petit effort, s’il vous plait.
Bon, alors je zappouille : « La lecture et la navigation sur le Web
utilisent le même mode de mémorisation et stimulent les mêmes centres
d’activité du cerveau. »
C’est une information qui me rassure, j’étais arrivé au même constat.
Cependant, on se doute que la phrase qui suit celle que j’ai mise en
évidence commencera par... je vous le donne en mille... par une
conjonction... celle-ci : MAIS.
« Je vous trouve très beau, mais.... mon cœur est pris ! »
MAIS, cette navigation stimule des secteurs (pour autant qu’on en
possède plusieurs) liés à la prise de décision et au raisonnement
complexe et... et... et... ces multiples prises de décisions induites
vont consommer mon énergie (la vôtre, je ne sais) mentale, au point de
l’é p u i s e r.
Comprenez qu’arrivé à ce stade de ma lecture, j’ai fini par jeter
l’éponge, d’autant, que la chère Sophie (ses camarades journalistes
font tous comme elle à Télérama) me conseille de lire quatre documents
complémentaires pour m’édifier davantage et la dernière des références
me rend le sourire : Le numéro spécial juillet-aout de la revue Books,
« Internet rend-il encore plus bête ? »
Encore ?
Plus ?
Chère Sophie, très chère Sophie, très très chère Sophie, vous auriez
usé de ces deux adverbes dans votre titre je me serais contenté de regarder
la belle illustration de beb-deum.com.
Encore plus bête ! Au moins, chez Books, ne nous cache-t-on pas la
vérité, avec vous — et Télérama — j’ai cru un instant que j’aurais
(temps incertain) pu, dans un passé lointain, frôler l’intelligence.
Merci Books de me remettre à ma juste place et pardon d‘avoir fait
perdre du temps à mes rares lecteurs estivaux.
jeudi 23 juillet 2009
J'ai la tête qui tourne et pourtant je me vois toujours dans le miroir sans bouger les yeux.
Paradoxe : un gâteau sec oublié sur la table est retrouvé mou au retour de la balade digestive ; une tranche de pain frais, échappée à l’appétit matutinal et à la poubelle, devient dure après quelques heures d’exposition à l’air ambiant.
- Qu’est-ce donc que cette maison où trainent tant et tant de denrées alimentaires ?
- Que l’on soit gâteau sec ou pain frais n’est-on jamais content de son sort ?
- Existe-t-il un état intermédiaire entre le sec et le mou dans lequel gâteau et pain du jour pourraient se retrouver ?
- Le gris est-il plus consensuel que le noir ou le blanc ?
- Entre se taire et ne rien dire quelle alternative devrait prévaloir ?
- Eh dis, Papa, quand tu étais petit, tu étais un garçon ou une fille ?
mercredi 22 juillet 2009
Mes amis de blogue sont des héros
Épouse-Aux-Côtes-De-Fonte remplit des grilles de Sudoku.
Elle a découvert ce loisir éducatif pendant sa convalescence.
Elle y a mordu.
Elle s'est offert un joli petit livret et... a lâchement abandonné les niveaux 1, 2, 3, 4, 5 pour ne se consacrer qu'aux grilles de niveau 6 — en attendant pire !
Pas facile d'échanger avec elle quand elle crayonne ses fenêtres grillagées, alors, pour la séduire et montrer combien je puis m'investir dans des activités créatives au gout du jour, j'ai entrepris de réaliser une grille pour elle.
— Niveau 0, ça n'existe pas, a-t-elle jeté en condescendant à poser un regard sur mon ouvrage.
Tant pis, des héros, j'en ai plein qui se retrouvent sur mon blogue.
Et les premiers commentaires, déposés sous ce billet, confirment mon impression matutinale : mes héros de blogue sont des amis, je ne saurais jamais dire la quantité d'informations que j'ai eu la curiosité d'aller chercher, de gauche et de gauche, grâce à nos conversations — en décalage horaire constant — virtuelles.
La preuve, ce matin, Wikipédia me livre ceci :
Le crayon mine peut aussi être appelé « crayon à papier ».
Dans le nord et l'ouest de la France, il peut être appelé « crayon de bois », « crayon-bois » ou « crayon gris ». Dans l'est de la France et en Suisse romande, c'est plutôt « crayon de papier » ou « crayon de mine ».
Au Canada, il est souvent appelé « crayon de plomb » ou « crayon à mine », alors que « pousse mines » désigne plutôt les crayons (de plastique ou de métal) à mines rechargeables.
En Belgique, on l'appelle généralement « crayon noir », « crayon ordinaire » ou simplement « crayon ».





