dimanche 31 mai 2009
Plus besoin de courir les autoroutes, le papistache peut se consacrer à l'entretien du jardinet
samedi 30 mai 2009
Cartoonita, je ne suis pas du genre à dénoncer mes semblables à la police, réglons cela en toute intimité, et je passe l'éponge
Hier, j’ai eu peur.
J’ai perdu ma carte bleue.
Je n’ai pas de carte bleue mais Épouse-De-Son-Siècle en possède une — deux, en fait, car l’ancienne arrive à expiration le 31 mai — et elle me les a prêtées pendant son incarcération volontaire.
Je l’avais utilisée, — la plus ancienne — la dernière fois, dimanche soir, pour régler mon passage au péage de l’autoroute.
Depuis, je croyais la promener dans un élégant petit cartable noir avec les papiers de la voiture et autres documents afférant à la conduite du véhicule.
***
Au travail, je pose le cartable sur une chaise, vaque à mes occupations qui me promènent d’un bout à l’autre des bâtiments et la reprends le soir.
Ce matin, — pourquoi ?— je veux m’assurer que la carte est bien là.
Elle n’y est pas.
Mon premier réflexe est d’accuser Cartoonita. C’est elle, cette semaine, qui a comparé la navigation internet sans anti-virus avec l’oubli de sa carte bancaire sur un banc avec le code personnel. Mais, je me raisonne, comment aurait-elle su ? Je la disculpe.
***
Oui, je sais, vous, vous auriez alerté illico le centre financier. Pas moi. Cartoonita disculpée, je n’avais plus aucun coupable (présumé) à me mettre sous la dent, sinon moi-même. J’ai vaqué à mes ouvrages.
***
Au moment de la pause méridienne, je suis remonté dans mon engin à moteur, ai sacrifié mon déjeuner ( maquereau sauce tomate, hachis parmentier, pomme) pour rentrer fouiller la maison de fond en comble — du moins les zones que j’ai arpentées ces derniers jours — en espérant trouver l’objet.
Salle de bain : rien.
Toilettes : rien.
Bureau : rien.
Chambre : rien.
Cuisine : rien.
Escalier : rien.
Jardinet : rien.
Je n’ai pas fouillé le grenier, ni la cave, ni les chambres des enfants, ni l’arrière-cuisine ; j’ai négligé le salon, le bûcher ; j’ai exploré la charmille, merlette n’avait rien sous son aile...
L’heure tournait, je suis reparti travailler. J’avais déjà exploré chaque pouce² de la voiture. Les soupçons me reprenaient ; Cartoonita se révélait plus sournoise que je n’aurais cru.
***
Mes poches ?
Quoi, mes poches ? Je n’ai pas dit que j’avais retourné toutes mes poches ? J’avais, ce matin, retourné toutes mes poches. Je savais que vous m’auriez reproché de ne pas y avoir pensé.
***
Oh, ne craignez rien, j’ai retrouvé la carte bleue d‘Épouse-Aux-Mains-Des-Kinés. Pendant que je quadrillais la maison, Cartoonita — crainte ou remords ?— s’est glissée entre le muret et le véhicule garé devant le portillon et a poussé le porte-carte sous une vieille couverture que je promène dans le coffre depuis des semaines.
J’ai retrouvé la carte, c’est le principal. Je compte sur votre discrétion pour n’en rien dire à sa propriétaire, j’y perdrais le peu de confiance qu’elle consent encore, parfois, à m’accorder. En revanche, Cartoonita serait gentille de me rendre le second jeu de clés de la voiture. Désormais, je sais que c’est elle qui l’a en sa possession.
vendredi 29 mai 2009
880 : huit de plus, c'était un palindrome...
Un thé ?
Un petit thé aux chiffres romains dont personne ne parvenait plus à suivre le décompte tant cela devenait compliqué ?
S’il vous plait ?
C’est en ces termes — à moins que ce n’en fussent d’autres — que votre amie Valérie me proposait, voici peu, de renouer avec les petits billets matutinaux de jadis.
Quelle gymnastique !
CCCLXV jours en MMVII
CCCLXVI en MMVIII
CXLIX en MMIX
CCCLXV + CCCLXVI + CXLIX = DCCCLXXX
Soit ! Alors...
Thé DCCCLXXX
Comme l’ambiance a changé depuis 2007. La cuisine est froide et humide. Le Papistache — tiens, il s’est fait beau, il a mis la majuscule ! — ne daigne plus s’assoir sur cette chaise où vous le vîtes s’assoir.
Hémorroïdes ?
Non !
Sept heures ! L’amie bouilloire se couvre de poussière, là, à l’angle de la plaque neuve. Autrefois, tandis qu’il ouvrait les volets, le Papistache l’aurait mise à siffler sur le feu vif puis l’aurait soulevée pour verser, frémissante, l’eau excitée — dont il aurait, de la manche, essuyé les gouttes éclaboussées autour des bols jumeaux— excitée par le plaisir de tirer des volutes miel d’un sachet choisi entre cent. Il aurait... il aurait...
Sept heures dix. A l’étage, son pas traine encore entre la douche et le bureau.
Sept heures douze. Le Papistache descend les marches de son escalier de bois sombre.
Combien ?
Beaucoup.
Il manque la dernière, se retient à la boule de verre facettée de la rampe et jure. Il jure comme jure un célibataire. A voix haute.
— Gavish-borno-caïté !
Il remonte quatre à quatre les marches impaires, souffle au palier et cherche où il a bien pu poser sa montre.
Renonce.
Redescends.
Jure.
La bouilloire tend ses joues, veut rutiler, se résigne. Le Papistache emplit son verre — un verre qui se trouvait là, à l’angle de la table ronde (oui, il écrit à l’angle de la table ronde : le lecteur rougit, il a honte à sa place) — d’eau chaude au robinet. Le jet, violent, arrose l’évier et un peu plus. Le Papistache ferme les yeux : sa manche se vexe.
Un petit cuiller rincé — l’a-t-il vraiment rincé ou essuyé du coude ? — plonge dans le pot jaune d’or de la ricorée* durcie. Le Papistache écrase un grumeau du dos du cuiller (Henri IV, parait-il, donnait le genre masculin à cuiller ) et le jette à la surface du liquide. La poudre s’y agglomère et forme une pâte molle qui naufrage lentement vers les abysses du verre.
Le Papistache furète les tiroirs — sa montre y serait-elle celée ?— s’agace, repousse l’un, tire l’autre.
Quoi ?
Nulle tartine et déjà sept heures vingt-et-une ?
Nulle tartine.
L’armoire épicière est vide.
Le pétrin enfariné oublié.
Madame Patapin fit bien de quitter la ville avant pareille déchéance.
Sur l’étagère de l’arrière-cuisine — les volets restent clos tout le jour— les confitures délaissées s’aigrissent.
Sept heures vingt-cinq à la pendule qui se retient d’aller vite dans l’espoir d’un sursaut de la part du maître. Vain espoir.
Le Papistache sort sa voiture du garage qu’il a oublié, la veille, de fermer à clé. Il revient, charge ses affaires dans le coffre, retourne, inspecte la maison de l’œil, a conscience qu’il oublie quelque chose, ne trouve pas. Sur le paillasson, sa montre voisine avec le sécateur et la pelote de raphia. Le vent a soufflé et la veille il a fallu consolider les palmettes des fruitiers chéris d’Epouse-Opérée.
Mamoune ?
Le téléphone sonne. Pas un matin, depuis son opération, elle n’a oublié de lui souhaiter une bonne journée. Il se pose sur la chaise lamellée de bois bleu mistral. Promet. Ment.
— Tout va bien. Je suis prêt. J’ai bien dormi. J’ai donné les miettes aux oiseaux.
Sept heures trente. La voiture démarre.
Parvenu au stop, à l’angle de la rue des Marronniers d’Hiver et de l’avenue des Criocères Défunts, il se souvient qu’il a oublié de boire son verre tiède de ricorée* gluante*. Il en jettera le contenu à son retour, au soir, où le laissera aligné près des autres, comme de tristes témoins de son désarroi.
Samedi matin, le papistache — c’est samedi, il a ôté la cravate —effectuera son dernier aller retour entre la maison jaune et le centre médical de rééducation. Son Épouse-Plus-Que-Moitié rentre définitivement au foyer. Finie la belle vie de célibataire, le papistache va devoir réapprendre à vivre à deux. Saura-t-il supporter, de nouveau, les contraintes d’une vie partagée ?
* Un édit du bon roi Henri — toujours en vigueur, comme le fier Béarnais— stipule que tant qu'il sera en usage de donner du masculin aux petits cuillers matutinaux, il conviendra de ne pas user du même genre pour les boissons issues de la torréfaction de la racine de la chicorée amère. Fi ! Ce n'est pas chez le PaPistache qu'on boira, un jour, du Ricoré®.
jeudi 28 mai 2009
Merci amie MAP
Au bord du lac : la lectorale
Il est £à £e texte † à £ire ± £e texte !
Et ne manquez pas les jolies voix de Joye, l'amie des Amish.
mercredi 27 mai 2009
Virus informatique ?
Garroté par celui-là même à qui vous aviez confié votre protection rapprochée.
Entre hier 21 h 30, et 11 h 00 ce matin, mon anti-virus m'a tenu ligoté au fond de mon lit. Impossible de déserrer mes liens. Heureusement, à force de me débattre, j'ai pu libérer un bras et téléphoner à Rosette — la maman du jeune Mowgli — qui m'a enseigné comment désactiver l'odieux traitre et parjure.
Me voilà nu et sans défense face à tous les virus de la terre, mais au moins, l'ennemi intérieur est mis hors de nuire.
Advienne que pourra.
mardi 26 mai 2009
Réponse à une question technique
L'an dernier, déjà, Walrus m'avait demandé le type de matériel que j'utilisais.
J'ai remisé, technologie oblige, mon vieux Minolta SRT 101 et son prodigieux objectif de 135 mm.
Je rêve d'acquérir un réflexe numérique, mais, allez comprendre, dès que j'ai économisé un peu, un aléa d'importance se fait jour (ah ! vous connaissez aussi !), alors, pour l'instant, je me sers de ce petit appareil, là, sur la gauche de l'écran.
La preuve, regardez, au fond de l'image, c'est ma main gauche qui détourne l'attention de l'oiseau. Imaginez, alors, que la droite n'est pas loin. Je dirais... vingt centimètres de l'oiseau.
Ainsi, Tilu et Virgibri, ce qui fait la qualité de la série de photos, c'est l'instinct maternel de la merlette qui ne s'enfuit qu'au contact de la main ennemie, pas avant.
Des dangers généraux d'aérer trop sa literie les jours de grand vent
Et si j’avais épuisé toutes mes ressources ?
Si la mine n’était plus rentable ?
Si le gisement était à sec ?
La forêt dépouillée ?
Le puits asséché ?
Le filon tari ?
Je me suis assis à mon bureau avec de bien belles idées nées de la nuit et...
je n’ai pu sortir la moindre solution alternative,
pas un retour de flamme,
ni le plus petit regain d’or noir,
encore moins de plants vivifiants à repiquer,
de baguette de coudrier, je n’en ai pas trouvé,
et de concession où exprimer mes talents pas plus...
Je n’aurais pas dû secouer la couette à la fenêtre, le meilleur de moi-même, je l’ai confié au vent, et ce matin, il soufflait fort.
Mon meilleur fera-t-il l'ordinaire d'un qui prendra le frais sur sa terrasse à mille lieues d'ici ?
— Chérie, dira-t-il, je viens d'avoir une idée. Ce matin, la tempête m'inspire.
Plus tard, son épouse lisant ce qu'il aura pondu lui dira :
— Mon amour, tu aurais pu rester couché plus longtemps, c'est une idée folle. Je me demande d'où elle t'est venue.
Vous qui savez, vous pourrez le lui dire.
lundi 25 mai 2009
La starlette s'est fait désirer : La voici ! Elle n'y est plus !
Connaissant la calvitie du personnage, est-il encore raisonnable de laisser sortir le papistache sans son chapeau ?
J’ai réussi une très belle photographie des œufs de Merlette ainsi qu’une où, sur son nid, elle tourne la tête. Son profil est moins effrayant que l’image que j’ai donnée samedi. Mais, je pense que vous en avez soupé des merlettes au petit déjeuner. Aussi, vais-je vous entretenir des escargots. Pas des petits gris. Non.
Ici, au jardinet, ne vivent que des petits gris, mais, au pays où croissent les orobanches, prolifèrent de jolis petits escargots à la coquille bariolée. Non, je ne les ai pas photographiés. Il va falloir se les représenter.
Là-bas, donc, j’ai repéré ces petits gastéropodes. Si j’avais été une cigogne, je mourais d’indigestion. L’équipe des jardiniers du centre médical a brûlé, au napalm, pour mieux la refaire, une grande pelouse qui jouxte la chambre de Qui-Vous-Savez.
Les pauvres escargots sont désormais sans abri et sans nourriture à moins de franchir le no man’s land pour gagner les sous-bois voisins. Au lieu de cela, ils se sont réfugiés sur une touffe immense d’herbe de la pampa que le napalm a épargnée.
Et là, les animaux chétifs tentent de survivre en s’arrachant la langue sur le dur feuillage de l’herbe argentine. Je ne sais pas si vous avez déjà essayé de brouter une feuille du végétal : j’ai gouté, c’est dur, râpeux, hérissé, immangeable.
Alors, moi, vous me connaissez, j’ai cueilli délicatement tous les gastéropodes condamnés à mourir d’insolation et je les ai rangés au fond d’une boîte à gâteaux— vidée par Épouse-Quatre-Heures et ses amis— que j’ai véhiculée jusqu’au seuil de la maison jaune.
A minuit, après avoir fermé le portail, j’ai délicatement vidé le contenu du V.S.L. dans le jardin de madame Yvonne. Nul n’ignore combien la prolifération des pissenlits lui gâche ses nuits. J’en ai fait des heureux en une demi-journée !
Ah ! J’ai fait promettre aux immigrants de ne pas se glisser entre les mailles du grillage. Je pense avoir été compris. Que tous ceux qui croient à une nouvelle galéjade se détrompent, tout ce qui précède est authentique. Foi de Papistache.









