samedi 31 mai 2008
Plus fort que "Jacques a dit" jouons à "Still a dit"
Still est une femme prévenante. Comme elle envisage de m’inviter à sa table et qu’elle craint de provoquer mon ire ou mon dégoût, elle tente, par le biais d’un fallacieux prétexte, de sonder mes limites à l’audace gastronomique.
Toutes les places publiques de France et de Navarre connaissent ma foi abstème. Peu habitué aux brûlures de l’alcool, mon palais (modeste ! il ne se compose que d’une seule chambre) supporte mal les mets épicés. J’entends de ceux qui arrachent les lèvres, la langue, la gorge et l’œsophage. Ceux-là, non, je ne les prise guère.
Ah ! Parlez-moi de ces fins gressins d’Italie, voire encore de ce certain petit gâteau au miel et aux graines de sésame. Apprenez que la salive me coule entre les poils de la barbiche à la seule évocation de ces fruits en pâte d’amandes dont la vue (hélas, seulement dans les vitrines) me faisait me troubler.
Mais ce ne sont pas des aliments, seulement des envies.
Rangeons donc les envies et dirigeons-nous vers la table.
Régalez-moi d’un potage aux petites pâtes et je vous tendrai mon assiette une seconde fois. Servez-moi un tajine de votre cru à la viande d’agneau et forcez sur le citron ! Pensez que vos haricots verts frais, arrosés d’huile d’olive, me seront un dessert.
Ouvrez-moi, cependant, la porte de votre cuisine et si vous n’êtes pas pressée, je vous mitonne un petit soufflé à la ricotta à peine nappé d’un doigt de glace à la pistache.
Froide, tiède ou chaude, de la fontaine, du robinet ou en bouteille, désaltérez-moi d’eau à peine troublée de deux atomes de verveine, thé ou thym fleuri.
Gavé, repus, rassasié, exaucé, je me laisserai aller à songer au plat que je vous servirai pour mes funérailles, lesquelles vous ferez joyeuses !
Ail, pain grillé, et huile d’olive.
Brochettes d’agneau aux herbes de la colline.
Mesclun au vinaigre de figues et raisins à profusion.
A la source fraîche vous étancherez votre soif.
J’aurai tout préparé avant de partir.
Je vous épargnerai les patelles bouillies à l’eau de mer. Les petits déjeuners fauchés de l’île de Bréhat doivent rester au rayon des souvenirs magiques qui ne se partagent pas.
vendredi 30 mai 2008
Miss-Ter aura, la première, décelé les risques de sous-traiter la rédaction de ses titres à des officines étrangères
jeudi 29 mai 2008
Filiforme production qui naquit du tégument d'un certain mammifère omnivore, assidu buveur d'eau tiède
Un poil. Tout seul. Perdu, sur une lèvre juvénile.
Éclaireur d’une armée indisciplinée.
Un poil.
La langue le cherche au coin supérieur de la lèvre.
La langue le tâte, l’éprouve, l’arrose.
Il pousse.
Quasi à la commissure.
Gauche.
Un grain de beauté l’y a précédé de longue date.
Un poil qui s’allonge, se fortifie.
Seul.
Les suivants pousseront à son ombre, mais pour l’instant, le téméraire s’ennuie.
Roux blond.
Arqué.
Solitaire.
Jumeau inversé du premier poil pubien, plus souple ce dernier, plus long, plus discret.
Inversé parce qu’à gauche, quand l’autre pousse à droite.
Plexus solaire au milieu de la ligne imaginaire qui les relie.
Précoce pilosité pré-pubère.
Petit poil perdu.
Perplexité patente du petit homme.
Conscience, déjà, qu’il portera la barbe.
Pourtant, ni son père, ni ses oncles, ni ses grands-pères, ni le curé, ni personne...
Justement, pas comme les autres...
Le premier poil blanc, n’a pas laissé de marques.
Sûrement n’était-il pas seul, cette terrible armée-là avance groupée.
Restent encore quelques noirs... plus pour longtemps.
Rasoir électrique de papa pour le premier rasage.
Rasoir électrique offert très vite par maman.
Couper ras et souvent fortifie le poil. Soir et matin.
Premier emploi, première barbe.
Première barbe, révolutionnaire castriste.
D’autres, longues, courtes, hirsutes... douces toujours.
Rasé ? Parfois. Jamais longtemps !
Même glabre, se pense barbu. EST barbu !
Se rêve barbu, se réveille barbu, s’endort fourbu !
Un simple poil, sensible vibrisse tendue,
comme le premier point de la ligne
qui sépare l’enfant de l’homme.
Un premier parmi tant d’autres premiers :
Premier rêve érotique,
Premier regard vers l’autre... et les autres...
mercredi 28 mai 2008
Qu'allait-il faire sous une gouttière ?
Hier, il a bien plu.
mardi 27 mai 2008
Tiens, Papistache a retrouvé sa calculatrice solaire !
Mon anniversaire ! Mon anniversaire !
Celui de ma naissance plutôt !
L’anniversaire de ma naissance et le mien seraient donc fêtés le même jour ?
Coïncidence ou circonstance ?
Circonstance dirais-je, car, pour n’enquêter qu’auprès de proches, la situation semble si fréquente qu’on ne saurait croire à la coïncidence.
Le même jour !
Ma naissance serait-elle ma sœur jumelle ?
Serait-ce coutumier de faire quelque bilan à la date anniversaire de sa naissance ?
J’ai relu mon billet du jour de 2008 où Épouse-Qui-N’oublie-Jamais me susurra — fort, car elle voulait être entendue— bon anniversaire, eh bien, nulle évocation de la rareté — rareté, c’est bien ce qui convient pour un épiphénomène qui ne se renouvelle qu’une fois par an ! —.
J’aurais bien relu également le billet de l’an dernier mais je ne l’ai pas fait.
Le jour qu’il est convenu de nommer celui de mon anniversaire, j’essaie de me glisser entre le mur et le papier peint. Peine perdue, toujours quelqu’un me remarque.
800 000 naissances par an.
365 jours
800 000 ÷ 365 = 2191,78
2191,78 Français ont la probabilité de souffler le même nombre de bougies que moi en ce jour “épiphénoménal”.
Mais 6 500 000 000 de terriens et terriennes.
Toujours 365 jours.
6 500 000 000 ÷ 365 = 17 808 219,18
17 808 219, 18 terriens de tous âges qui, nés, ce même 1/365e de l’an, immolent de un à cent (environ) cylindres de paraffine et stéarine ( ou, pour tester les souvenirs de Walrus, s‘il passe par ici, d‘acide octadécanoïque) au dieu procréateur qui les fit naître.
Et d’aucuns voudraient que ce soit le jour de MON anniversaire ?
Si peu de jours en une année, tant d’individus à les partager !
Qu’est-ce qui peut bien m’appartenir en propre en ce monde ?
Comment ?
Mes idées ?
Oh ! Je serais bien heureux si une seule d’entre elles s’avérait n’avoir été caressée qu’un demi-million de fois avant de s’être posée, l’espace d’une seconde, au pli d’une de mes méninges surmenées.
lundi 26 mai 2008
TROP TARD... TROP TARD...
Je ne gagnerai jamais Roland Garros.
Je ne pêcherai jamais un poisson qui parle.
Je ne me ferai plus jamais la raie au milieu.
Je ne peindrai jamais Guernica.
Je ne jetterai jamais à la corbeille le brouillon des plans de la bombe A.
Je ne dirai plus jamais “Je t’aime” pour la première fois.
Je ne publierai jamais le chef d’œuvre du vingtième siècle.
Je ne serai pas le jeune premier que le cinéma attend.
Je ne mourrai pas à trente trois ans.
Je ne porterai jamais un enfant neuf mois dans mon ventre.
Je n’obtiendrai jamais mon permis de conduire du premier coup.
Je ne parviendrai jamais à...
— Petit-Époux-Blogueur, que fais-tu ?
— Je rédige mon billet du jour.
— Si tu ne te dépêches pas, tu ne seras jamais à l’heure au boulot !
Vous voyez, même Mamoune s’y met !
dimanche 25 mai 2008
Solution (mais est-ce bien utile)
Bravo et merci d'avoir joué.
Je me doutais que Tilu, avant de partir au travail, aurait bien débrouillé les choses.
Elle m'épate !
Votre association à tous m'épate.
Autant j'aime concevoir des rébus — pas souvent, en fait — autant je suis plutôt inefficace pour en déchiffrer.
Alors juste une image pour vous éclairer sur ce personnage que vous allez tous reconnaître. Ah ! oui ! Bien sûr !
Et la petite bête, ce n'est pas une martre, c'est un autre mustelidé, plus connu sous cette forme..
Bien trouvé également pour le verbe éclore, mais peu de polices d'écriture nous proposent un "l" avec une boucle, il fallait lire"'ce"
Oh ! j'étais content de mon "ce" rond. Vous avez découvert le futur, épatant ! C'est comme craies à tifs ! Vous l'avez trouvé comme ça, comme si c'était naturel, alors qu'il m'a fallu du temps pour coller la perruque sur la boîte de craies !
"ce" rond après 6 "é"
Vous vous levez peut-être, mais pour moi, au moment où j'écris, il est temps de gagner mon lit.
J'avais promis une réponse pour dimanche, c'est fait. Je suis rompu !
Sinon, le dimanche, je "feuilletonne" toujours chez les Fanes.
Je reviendrai peut-être dans la journée mais j'ai déjà du retard pour le défi du samedi et j'ai également du travail à faire à la maison pour lundi matin. Oh ! Dimanche sera court !
Encore merci pour votre pugnacité !
vendredi 23 mai 2008
TANQUAM AEGRI SOMNIA
jeudi 22 mai 2008
Alea jacta est
L’an dernier,
s’il m’arrivait de manquer de temps pour écrire un billet
mais que j’en trouvais quand même un petit peu
sous le matelas
du lit
de la chambre
de la maison
de la ville
où j’habite,
je proposais un rébus.
Facile,
pas cher,
économique en temps
et souvent apprécié,
sauf par Tilu
qui s’y collait la première
et qui devait partir bosser
sans jouer à fond comme elle aurait voulu.
Tiens ! Je vais recommencer !
Eh ! Tilu, imprimez le rébus avant de partir et à la pause vous y replongerez le nez et sans lire les réponses apportées par les sédentaires vous pourrez nous livrer vos cogitations au retour.
Bon, ça vaut pour toutes celles qui sont soumises au même régime.
Comment je m’y prends ?
J’écris une phrase.
Une phrase simple, comme par exemple :
“La bonne humeur est un jeu d’esprit.”
Bon alors, je découpe la dite phrase :
la bonne (facile une petite bonniche en tablier blanc)
nu (un tableau de Modigliani ou Bonnard)
meurs (un impératif présent ou une affiche de cinéma maquillée, du style “James Bond ne meurs jamais” )
éteint ( un bébé souffle sa première bougie)
jeu ( je montre un rébus dans le rébus, ou un jeu de l ‘oie ou des jeux -au pluriel-)
Dès ( le bon Henri, toujours prêt à se dévouer pour les petits enfants)
prix ( celui des tomates au kilo)
Voilà, trois minutes chrono.
Un billet bâclé, torché.
Pas de quoi être fier, ni mécontent.
Se fâcher quand on est vieux n’est que faiblesse.
Oh ! Tiens j’aurais pu choisir celle-là !
Ou une autre !
Ce n’est qu’un jeu d’esprit.
N’est-ce pas Henri ?
Je ne sais pas ce qui cloche. J’ai comme la vague impression que celui-ci sera facile à découvrir.
J’ai dû sauter une étape.
On verra bien !
De toutes façons, il est trop tard pour faire différemment !
Alea jacta est !
mercredi 21 mai 2008
EXORCISME
La rédaction de ce billet va chasser de mon esprit un récit qui l’habite depuis des temps immémoriaux et qui me hante.
Vous allez lire un texte fondateur de la pensée Papistacherienne.
J’ai oublié et l’auteur et le support et la date de publication.
Tout.
Une requête sur la toile n’a rien donné.
Se pourrait-il que ce texte ait disparu des mémoires humaines ?
Non, quelque part une archiviste méticuleuse l’a répertorié.
Je vous l’offre pour m’en délivrer, cultivez-le !
A son auteur
momentanément
mort !
— "Monsieur ! Quand on porte un nom ridicule, on ne cherche pas à adopter un enfant !
— Mais, monsieur le juge, si vous acceptiez, je pourrais changer de nom !
— Et comment ?
— Je pourrais retrancher une lettre à mon vilain patronyme pour...
— Vous n’y pensez pas, Monsieur Trognon ! A-t-on jamais vu un enfant s’épanouir en s’appelant Rognon !
— Deux ?
— Ognon, déjà pour un légume ça me tire les larmes, alors pour un enfant !
— Trois ?
— Gnon ! Pour qu’il soit le bouc émissaire des voyous de son école et rentre couvert de bleus et d‘ecchymoses !
— Quatre ?
— Non ! Faut-il vous le dire encore ?
— Cinq ?
— On ! Trop vague, trop indéfini, il se perdrait dans la masse.
— Six ?
— N ? Appelle-t-on son enfant N ? Pourquoi pas X ? Non, Monsieur, on n’adopte pas quand on s’appelle Trognon !"








