lundi 12 mai 2008
Il a l'œil, mais lequel ?
Il paraîtrait que j’ai l’œil.
Torve ?
Non !
Ni oblique, ni menaçant !
L’œil !
L’œil qui étincelle.
D'une lueur.
L’œil éteint celle qui brille, ou l’œil qui brille étincelle.
Il brille mais éteint.
C’est éteint qu’il brille.
A moins que l’œil ne soit un sel.
Soit !
D’où les larmes salées, quand l’œil trop étincelle.
Et quel secret l'œil trop éteint cèle-t-il ?
L’œil laid éteint la flamme qu’il y met.
L’œillet teint celle qui le saisit tôt.
Pas sec, l’œillet teint déteint sur celle qui le glisse à sa boutonnière.
L’œil sec éteint la flamme et l’œil humide la ranime.
Un pleur pour raviver la flamme de l’amour,
un œil sec pour l’étouffer.
Il paraîtrait que j’ai l’œil.
Quel œil ?
J’ai l’œil.
Pâle.
Mon regard effraie.
Pas chouette !
Même si l’effraie est chouette.
L’œil pâle, lui, effraie.
Mon regard est frais, ni oblique, ni menaçant, frais.
Frais mais il étincelle.
L’œil pâle effraie ; pourtant si l’œil n’en fait pas les frais qui les fait les frais.
Qu’il est frêle et frais, l’œil pour celle qui le voyant, étincelle.
Il paraîtrait que j’ai l’œil.
Frais.
Gèle œil.
Très frais alors, s’il gèle, l’œil ?
Un œil congelé qui gèle celle qui, à sa vue, étincelle.
J’ai l’œil qui congèle, qui glace, qui pétrifie.
Méduse avait les yeux bleu pâle.
Il paraîtrait que j’ai l’œil.
Mais lequel ?
