Papistacheries

Vains petits écrits

dimanche 20 avril 2008

Le virtuel ne s'oppose pas au réel mais à ce qui existe dans le concret, alors que le réel s'oppose, quant à lui, au possible

Épouse-Bien-Tangible conduisait.

A son côté droit, comme de coutume, j’arrachais, d’un doigt divin, les panneaux routiers et publicitaires qui, en dépit de mes nombreuses tentatives persistent à encombrer les bernes de nos sympathiques routes départementales.

Clac ! J’adore gifler les panneaux d’aluminium, ou les enfoncer, d’un poing  même pas rageur, sous cinquante centimètres de terre. Parfois, j’en déterre un, pour faucher les autres.

Je vous assure que les automobilistes qui nous suivent me rendent grâce pour la pureté retrouvée du paysage. Enfin, ceux qui y parviennent. J’avoue que je sors souvent les huit socs d’acier bleui qui labourent, derrière notre automobile justicière, le vilain bitume des laides routes départementales. Comme la nature exulte après notre passage ! Dans le rétroviseur poussent, en accéléré, les fleurs sauvages libérées de la dalle funèbre qui les couvrait et les étouffait.

Je balaie bien quelques habitations disgracieuses sises de part et d’autre de la chaussée mais j’ai développé une technique qui laisse indemnes les habitants. Marris mais indemnes !

A ma modeste confusion, il m’est arrivé de dévêtir quelques représentants de la force publique en exercice, mais c’est un passe-temps qui ne m’a pas apporté toutes les joies que j’en espérais.

Ces petits jeux innocents nous obligent à trouver un itinéraire de retour différent de celui que nous empruntons à l’aller. C’est que nous ne possédons pas de véhicule tout-terrain et que le confort d’un ruban d’asphalte nous agrée autant dans un sens que dans l’autre.

Évidemment, il advient qu’Épouse-Aux-Tempes-Fières sollicite ma présence à son côté gauche. Je m’exécute et je n’ai plus guère le loisir de débarrasser les routes de ces odieux panneaux plantés là exprès pour m’occuper pendant les longs trajets.
Mais, il me reste le frein à main !
Ou plutôt la gâchette qui commande le mécanisme.

Cli-cli-clic  !  Et toute voiture qui me précède,
                                                          me double,
                                                          me croise,
                                                          traverse mon champ de vision
                                                          est
                                                                automatiquement
                                                                                                    désintégrée.

Je vous assure que l'expression des pauvres conducteurs,
frappés d’incompréhension, qui se retrouvent, en caleçon, au milieu de la route, m’est d’une consolation inexprimable.

Personne dans votre entourage ne vous a jamais conté pareille mésaventure ? Vous m’étonnez ! Encore qu’à la réflexion, il me faille admettre, qu’en voiture, Épouse-Jamais-Lasse se tient rarement à ma droite.

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samedi 19 avril 2008

J'emprunte mon titre à Val : le marasme continue à étendre ses ravages

Ce matin, j’attendais mon tour, sagement, pour déposer, sur le tapis roulant de la caisse N° 5 du supermarché local, les articles, qui, fort benoîtement, dormaient au fond du caddie de location que j'avais poussé entre des rayons débordants, quand j’ai réalisé qu’il y avait belle lurette que Kloëlle ne nous avait pas gratifié d’un billet croqué sur le vif en son temple de la consommation à elle.

Et comme ses enfants ne pilleront pas le frigo avant au moins huit jours et qu’elle va se nourrir d’un courant d’air et de deux concerts, il va encore falloir attendre parce que, moi, je suis incapable d’écrire trois lignes de ce que j’ai entendu à l'occasion de ma sortie hebdomadaire.

Un père de famille a bien égaré sa petite fille de deux ans, environ, et a bloqué la file d’attente dix minutes avant de la retrouver. Tire-t-on une chronique de cela ?

Mamoune a fait résonner le portique, en voulant  retourner à l’intérieur du magasin, les bras chargés de ses victuailles ; elle a eu peur. Mais comme c’était moi qui tenait la boîte avec les œufs... !
Qui passionner avec cela ?

                            Voyez !
                            Personne ne songe à demander
                            la raison
                            qui l’avait poussée à rebrousser chemin  !

Oui !
La jeune femme enturbannée qui dépose, sur le tapis, cinq cent grammes de pièces jaunes pour payer son kg de viande hachée ! Mais bon, je ne suis pas peintre et seule l’expression du visage de la caissière méritait que je mentionne le fait.

En cherchant bien... peut-être le meeting des retraités devant  les tablettes de chocolat ? Mais comme je n’appartiens pas à leur syndicat, j’ai mal saisi la nature de leurs revendications. A peine si j’ai surpris que le temps était frais pour la saison.

— "Et la petite dame avec son  paquet de pois surgelés du même gabarit qu'elle ?"
Ah ! Belle affaire !
Imaginez un sac en plastique mal soudé et tenu du bout des doigts. C’est que c’est froid cette engeance !  Auriez-vous cru qu’un petit pois rebondisse avec tant d’allégresse ?
Un ?
Ben, non !
Tous !
Et la pauvre dame confuse — alors qu’elle n’y était pour rien — qui s’emploie à rassembler la marchandise terrible et qu’un époux courroucé morigène. Je crois qu’ils ont  opté pour une pizza cuite au feu de bois d’arbre : on ne peut pas manger des légumes tous les jours aussi !

Certains vont penser que j’en rajoute, que je condense une année d’observations sur la même matinée, ils auront tort, mais comme Mamoune est couchée à cette heure tardive et que seul son témoignage aurait pu asseoir ma crédibilité, il vous faudra bien me faire confiance.

Val avait raison.

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vendredi 18 avril 2008

Vue imprenable

 

Elle sera déçue, Tilu, quand elle viendra fouler les forêts percheronnes.

panorama


        Point de panorama grandiose.
        Aucune vision vertigineuse sur les collines pierreuses.
        Pas de paysages où l’œil se perd,
        ni de trouées magnifiques sur une falaise déraisonnable.

        De perspective confondante, inutile d’en rêver.

Quand je marche en forêt, je baisse le nez et je vois ça.


jolieA gauche, un étrange animal aux écailles toutes de douceur empreintes, sur le dos duquel se dressent de sombres toupets émeraude.







A droite, la vase fétide et nocive d’Anglora,
lointaine planète aux confins de l’univers des Fanes.laide












Je baisse le nez, pour éviter de néantiser ces trésors d’une semelle lourde et colonisatrice.

moussess


Je baisse le nez au mépris du danger. Les arbres, en forêt, ne s’ingénient-ils pas à se placer en travers du passage du promeneur voûté ? Encore que les arbres, bien casqué — accessoire indispensable au randonneur un peu cintré— on se remet vite de la rencontre, surtout si le tronc, pourri, héberge des perles de nacre.perles









Non, le danger, c’est cela.
troudo
















Elle sera déçue, Tilu, quand elle viendra fouler le tapis de feuilles mortes.

Tiens, une comparaison me vient au bout  des doigts. Je pense à Darwin et à ses pinsons des Galapagos, à ses iguanes des mêmes îles.

Tilu, elle s’est adaptée aux collines provençales. L’œil de l‘aigle, le pied sûr, la petite taille comme ces pins qui poussent sur les arêtes rocheuses, économie de surface pour déperdition d’eau  minimale, aiguilles plutôt que feuilles.

Ici, les arbres
marofeuillestrempent leurs racines dans l’eau
et s’élèvent à des hauteurs
où aucun humain ne les concurrence.












Elle ne sera pas déçue, Tilu, bien sûr que non !

C’est juste une manière de renouveler l’invitation.
L’osmondecrosses_osmondes_avril aura déroulé ses crosses. J’arrête les miennes,

et puis, on évitera les jours de chasse.tir___balles

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jeudi 17 avril 2008

Elle m'intrigue

        Le mistral véhicule de bien curieux messages.

        Celui-ci s’est arrêté à mes oreilles — non qu’elles soient plus réceptives par grand vent que par petit temps mais parce que, certainement, son contenu m’était destiné, magie de ces transmissions confiées aux éléments naturels qui savent joindre précisément leur destinataire — il y résonne encore.

        Quelque part, logée au carrefour d’un nœud de la toile médiatique, se tiendrait, invisible, silencieuse, muette peut-être, mais faite de chair, de sang et d’émotions, comme vous et moi, une internaute, abonnée aux billets qui vous attirent vous-mêmes ici — sinon quoi ?— , qui ne souhaite pas manifester sa présence.

        Elle m’intrigue.

        Je me souviens des premiers commentaires recueillis par les chroniques. Je revois la lente construction — chaque soir remise en chantier — de l’identité de celles ou ceux qui accordaient un peu de leur vie à partager une boisson tiède avec moi.

        Elle m’intrigue.

        Je sais qu’elle existe, comme je sais la présence de l’air. Je sais mettre en évidence l’existence de l’air. J’ignore si, enfermée dans un sac et plongée dans un liquide, la lectrice mystérieuse ferait des bulles.

        Comme sur le suaire de Turin, existerait-il une image négative de son empreinte ? En quelle chambre noire devrais-je développer la plaque de verre pour qu’elle se dévoile au contact du révélateur ?

        Serait-ce que mon pauvre cerveau gauche — sous utilisé s’il en est de par le monde — seul , possèderait l’aptitude à lire son passage ?

        Pâquerette est ergothérapeute, elle nous a étonnés en nous exposant les troubles de certains patients, incapables de voir, de concevoir même, le monde au-delà de leur perception altérée par la maladie. Qu’on leur serve une assiette remplie de petits pois — de la polenta ferait aussi bien l’affaire — et ils ne toucheront pas au contenu situé dans leur champ de vision déficient. “L’assiette est vide”, diront-ils, alors qu’à droite ou à gauche sera restée intacte et invisible une demi-portion de leur ration. Que l’aide-soignante tourne l’écuelle et le malade terminera son repas !

        La raison du patient pourra n’être pas atteinte, tant que son cerveau ne lui enverra pas l’information, il persistera dans son jugement : “Ma gamelle est vide !”

        Combien de lectrices déposent-elles des commentaires que je suis incapable de lire faute de posséder l’usage de mes deux hémisphères cérébraux ?

        Quelqu’un pour tourner le plat ?

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mercredi 16 avril 2008

Lettre ouverte à Janeczka

A la Papistachière, ce mercredi 16 avril 2008



      


         Chère Janeczka,





        Vous n’avez guère quitté mes pensées depuis ce jour d'avril où vous crûtes bon de m’associer à vos jeux dominicaux. Ne vous méprenez pas, lecteurs d’occasion (même si vous êtes  novices en ce lieu !) si mon avant-propos vous paraît tendancieux, Janeczka n’occupait que la digne partie de mon cerveau.

        J’admire la célérité avec laquelle mes partenaires de circonstance ont su, sur le champ, satisfaire à vos exigences. J’en suis incapable.

        Voyez le point numéro trois de votre ludique badinage : Quelle est votre boisson du matin ? Songez qu’il m’aura fallu une année entière pour traiter du sujet. Une année, Janeczka ! Une année !

        Alors, quand vous me demandez quel animal j’aurais rêvé être, j’ai interrogé tous mes souvenirs, aucuns de ceux qui répondirent à l'appel n’a pu retrouver trace d’un quelconque jour où j’aurais voulu être animal. Toute ma vie, j’ai essayé, sans résultat particulièrement notoire, de devenir un homme. Oui, je ressemble à un homme, biologiquement. Mais un HOMME ? Vaste question  dans les rets de laquelle je me débats depuis plus d’un demi-siècle.

        Ma couleur préférée ? Encore une question impossible à trancher sans la nuancer. Encore, eussiez-vous demandé "LA" couleur que je préférais, j’aurais pu mentir mais... "MA" couleur ? Ai-je une couleur ? Et dois-je la préférer à d’autres ?
        J’ai retourné ce point à mille reprises, (fallait-il que le trou soit important qu'il nécessite un si gros raccommodage ?) je n’en ai rien conclu sinon que le rouge, lui, ne m’aime pas. Mais ce n’était pas la problématique.

        Nourriture préférée ? Voulez-vous une pirouette que j'aimerais que vous qualifiiez d'élégante : Mais, chère Janeczka,  le plat que vous aurez, de vos propres mains, confectionné, à mon attention, EST le plat que je préfèrerais à tout autre. Vous m’objecteriez, avec votre air canaille, que j’aime vivre dangereusement et l’affaire serait close. Ma nourriture préférée n’appartient pas à la Terre.

        Infatigable, vous espériez connaître l’objet auquel  je tenais le plus. J’ai consulté le dictionnaire pour redéfinir le sens du mot objet. "Tout ce qui s’offre à la vue, affecte les sens." La lumière qui brille au fond des yeux de Mamoune. Comment voulez-vous qu’une image vous la restitue ?


        Votre dernier point. Vous voudriez qu’au moins, pour celui-ci, je consente à un petit effort. Vous le méritez, enfin. Non ?
        Acceptez que je vous livre un court récit, que j’ai, peut-être, déjà dû confier car il m’habite depuis fort longtemps. Lecteurs qui reconnaîtrez un billet précédent, profitez de ce moment gagné sur l’existence et faites-vous couler un bain.
       Un instituteur, digne hussard noir de la République, d’un village reculé de Corse (pourquoi reculé ? peut-être qu’avancé il aurait pris l’eau ) se voit offrir à l’automne de sa vie, un voyage sur le continent, lui qui, au terme d’une brillante carrière, n’avait jamais pris le bateau (l’avion balbutiait alors).
Il revient (tout voyage, un jour, prend fin), on l’attend, on l’interroge : “Alors ?” Il laisse tomber : “Tout ce que j’ai visité était déjà dans mes livres !”

    Voilà donc le produit très insatisfaisant, je le conçois fort justement, de ce petit divertissement que vous aviez initié voici une dizaine de jours. Mes réponses vous décevront et vous passerez à autre chose.
        "Ah ! Mais c’est déjà fait ! "

        Quant à moi, Janeczka, j’espère en tirer une once de soulagement qui me fera retrouver un peu de sérénité dans l’inlassable quête de mon insaisissable humanité.


        Je vous embrasse  comme ma fille, Janeczka, ne changez rien.


Papistache

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mardi 15 avril 2008

Sous la peau, jouent les muscles de l'avant-bras

— Brrrouummm ! Brouuum ! Brrrouuummmm !
Oui, je conçois que l‘évocation manque de limpidité, mais j’avais les oreillons — ou la gale, ou de l’impétigo — le jour où Madame Théneau, après avoir fait lire “Frrrtttt, fit le lièvre” initia la classe aux mérites des onomatopées. Je n’ai jamais réussi à combler la lacune.

Disons que le moteur tourne rond et que la voiture, entraînée, file bon train sur l’autoroute.

— Brrrouummm ! Tic, tic ! Brouuum ! Tic, tic ! Brrrouuummmm ! Tic, tic !
Une anomalie sous le capot ?
Vous n’y êtes pas ! Penchez-vous voir un peu !

Sous le bras droit, l’aiguille maintenue prisonnière presse le sein. Le fil, bleu, s’enroule autour de l’index pointé et l’auriculaire tendu, raide comme (placer ici, dès que possible, toute image suggérant la rigidité...), régule la tension du fil et l’annulaire, sollicité, l’y aide.

Avez-vous remarqué que le pouce s’ouvre quand le poignet lance en avant la main — machine de précision aux réglages pointus — pour enrouler le fil autour de la pointe de l’aiguille ?

Main gauche, maintenant ! Aiguille libre, tenue du bout des doigts, pouce et index. Mettons une petite aide du majeur, mais... infime.

Ah ! Du nouveau sur la droite. La main s’écarte pour délivrer soixante centimètres de fil de la pelote lovée au fond du sac, entre les jambes d’Épouse-Ouvrière-Industrieuse.

Sur le nez, les lunettes. C’est que, sur les genoux, repose l’énigmatique codex dont le scrupuleux déchiffrage permettra d’obtenir la réplique attendue.

Je ne me lasse pas du spectacle, moi qui peine à tricoter voyelles et consonnes de la pince de trois doigts seulement sur le canevas 5 × 5 du bloc  secrétaire qui me suit en vacances.
— Tic, tic ! Tic, tic ! Tic, tic !
Je me laisse bercer quand s’entrechoquent les aiguilles ; pour un peu, je m’endormirais.



T’endormir ?
        Au volant !
                Danger public !
                            Regarde la route !


Eh ! Pensiez-vous que je roulais réellement ?
“Brrrouummm ! Brouuum ! Brrrouuummmm !”, c’est du bout des lèvres que j’imitais le ronronnement du moteur.
Si vous y avez cru, c’est que je suis meilleur acteur qu’écrivain !
Quant à regarder ma passagère (inamovible)  tricoter alors que je conduis, n’y croyez pas !

Au volant, je n’ai de cesse de repeindre le monde à mes couleurs, et cela ne me laisse pas le temps de me distraire à ce qui se trame (encore qu’Épouse-Aux-Aiguilles ne tisse guère en voiture) à mon côté.

— Brrrouummm ! Tic, tic ! Brouuum ! Tic, tic ! Brrrouuummmm ! Tic, tic ! Étonnez-vous que nous ayons mis si longtemps à nous en retourner de ce week-end aux portes d'Eden !

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lundi 7 avril 2008

Un jour de sentier, dix jours de santé

post_it

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dimanche 6 avril 2008

DÉCADENCE

Alors, il est tombé.
Il est tombé, très bas.
Très, très bas, l’avocat.
Il est tombé si bas, si bas,
qu’il ne s’est pas arrêté.
Au niveau du bitume,
il aurait pu stopper là sa chute.
Non !
Il a poursuivi sa descente.
Les égouts, l’argile à silex,
le manteau permien, il a tout traversé.
En fait, il tombe encore, aujourd’hui,
il n’a pas fini de tomber.
Il est tombé de si haut, faut-il dire,
de si haut qu’il ne s’est pas arrêté.

Il aurait pu tomber pour fraude fiscale
Comme Al Capone.
Non, il est tombé comme un fruit
tombe d’un arbre.
Sauf que le fruit s’écrase au sol,
voire sur un naseau impassible
ou un roseau penchant
et qu’il reste là, le fruit,
ahuri de sa chute,  perdu, au ras des pâquerettes,
son horizon chamboulé.

Lui, il est tombé sans s’arrêter.
Il a traversé la matière :
il traverse la matière.
Il tombe et s’affranchit de la pesanteur.
Paradoxe ! Il s’était affranchi de tout, l’avocat,
des lois, des règles, des usages, des principes, des mœurs,
restait la gravitation et c’est elle qui a tranché.

"Vous avez beaucoup péché, mon fils,
je vous absous de toute gravité."

Et il tombe, en tous sens.
Pas éclipsé, il reviendrait à périodes fixes.
Néantisé.
La chute infinie.
On n’a pas fini d’en parler.

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Sortie dominicale

Aujourd'hui, je suis invité chez les Fanes.

Mais, bon, elles font la grasse matinée jusqu'à huit heures du mat'.

Il va falloir patienter jusque là !

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samedi 5 avril 2008

Saturnal

Il fut un temps
où je m'ingéniais
à composer
une image
pour chaque thé
dominical.
peche1


En voici trois, pondues du jour (de la veille du jour, enfin, vendredi ! quoi ! N'allez pas croire que le soleil soit levé à 6 h 01, un samedi  de surcroît) trois au parfum du mois (si vous en voyez plus c'est que j'aurai changé d'avis en cours de publication).

J'ai volontairement négligé les violettes
dont un proverbe dit qu'en avril elles sentent le pourril.

peche2


J'ai également évité de photographier le muguet,
d'aucunes m'accuseraient de poster des images de l'an dernier (ce qui outre le fait de passer pour une calomnie serait de la pure fiction, j'ai déjà oublié où j'ai rangé mes photographies de cet hiver ! ! ! )

zanemones

J'ai ciblé le pêcher
parce que la pluie annoncée du week-end  le malmenera, assurément.

narcisses


J'ai cadré les narcisses si purs, si blancs, si pudiques qu'ils cachent leur cœur ;
le soir, je tire les rideaux quand je me déshabille, de crainte de les choquer.

cornarcisses


J'ai retenu dans ma sélection les anémones patriotiques.

coeursjaunes


Et puis, il a fallu rentrer pour peler les carottes ( quoi ? j'ai dit les carottes, pas les Fanes, irais-je peler des Fanes ?) pour les accommoder avec quelques clous de girofle (j'aurais pu montrer les giroflées, je ne l'ai pas fait !) et force oignons (nous aimons bien les oignons (qu'ici, jamais nous ne confondons avec bulbes, tubercules, griffes, gousses,rhizomes ou caïeux )) sans oublier (le pourrions-nous ?) deux ou trois gousses d'ail préalablement écrasées du plat de la lame du couteau.

Mais je voulais vous entretenir des fleurs gardiennes du jardinet en nos absences
et, me voilà, vous narrant une plate recette de carottes à l'étouffée.

Allez, jouissez de la vue de ces gentilles corolles épanouies.

Vous avez lu, qu'aujourd'hui, je prends bien garde d'éviter de citer, ici, le moindre nom d'animal, sinon le mien, que je dépose au bas de ce billet saturnal.

Papistache

Posté par Old_Papistache à 06:01 - Commentaires [13] - Permalien [#]
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