Papistacheries

Vains petits écrits

samedi 26 avril 2008

Comment occuper un après-midi avec un simple trou dans un galet

Mamoune a troué un caillou.
Attendez ! J’ai un doute !
— Épouse-Aux-Épaules-Rosies-Par-Le-Soleil, tu m’as bien dit que tu avais troué un caillou, en triant les  galets.
— Petit-Homme-Pas-De-Savoie, si tu écoutais avec plus de concentration, tu m’éviterais les répétitions.
— J’écoute !
— J’ai trouvé un caillou...

Oh ! Pardon ! Elle a trouvé un caillou.
En triant les galets ?

— Épouse-Aux-Épaules-Rougies-Par-Le-Soleil, quel intérêt à me dire que tu as trouvé un caillou dans un tas de galets.
— C’est que, Époux-Trop-Dilué, si tu avais écouté ma phrase jusqu’au bout , tu aurais entendu que le caillou trouvé était troué.

Elle a trouvé un caillou troué dans un tas de cailloux triés.
— Pas triés ! A trier !

Je sens que d’aucunes souhaiteraient savoir de quels jeux nos samedis sont faits pour que Mamoune trie, au soleil, des galets dont l’un était  troué.

Photographie.


Sous la fenêtre de la cuisine, Mamoune aime à voir s’épanouir d’odorantes espèces végétales or elle aime également, le soir venu, à fermer les volets. D’où l’ingénieux dispositif qui consista, voici quelques années, à dresser d’instables, mais élégantes,  bûches, destinées à supporter les  jardinières, à l’intérieur desquelles s’enracinent, au printemps, selon l’année, surfinias, géraniums ou pissenlits.

Mais les galets ?
Ah ! Les galets !
C’est que les bûches avaient une fâcheuse et répétitive tendance à quitter leur station verticale les jours de brise. Votre ami, buveur de thé, avait donc cloué une large base circulaire à l’une des extrémités de ladite bûche et ayant posé cette dernière  sur la terrasse, il avait savamment balancé une brouettée entière de galets  pour lester la marmoréenne colonne de sapin. Ce qui, cerise sur la sellette, offrait l'avantage de cacher le disque inesthétique, et la réalisation plut... jusqu’à ce matin, où Mamoune décida de rénover l’ouvrage.

Armée de patience, elle entreprit de nettoyer— à la brosse à dents (usagée)— chacuns des galets (deux brouettées, une paille !) avant de les remiser jusqu’à la prochaine glaciation. Et c’est ainsi, qu’elle en trouva un troué — à mon humble avis, nous l’avions acheté en cet état — mais allez vérifier l’intégrité de deux tonnes* de galets bennés au fond de la cour ! D’autant que c’est moi, le buveur de thé patenté,  qui avait réceptionné la livraison !

Voilà ! Épouse-Aux-Épaules-Brunies-Par-Le-Soleil dort du sommeil du cantonnier heureux. La terrasse attend son nouvel aménagement, les galets lavés, briqués, polis dorment en un endroit dont je ne vous révèlerai pas l’existence, pour deux raisons et surtout la première.

Le galet troué trouvé attend que nous ressortions la facture pour nous faire rembourser, à moins que je ne parvienne à persuader Mamoune qu’il n’existe pas meilleur porte-bonheur au monde, auquel cas je le lui ferais monter en  sautoir. Il me reste la chaîne d’un antique cadenas qui barrait le portail, quand voici cinq ans nous acquîmes la maison.

Épouse-Bronzée sera sensible au symbole !

*Une autre fois, je vous conterai l'usage que nous fîmes des 1900 kg restant. J'assume l'entière responsabilité de cette erreur : commander deux tonnes de galets, à la légère, ne pouvait venir que du Papistache, vous l'aviez deviné !

Et en prime, à partir d'aujourd'hui, un feuilleton signé par votre buveur de thé (préféré ?) qui paraît chez les Fanes de Carottes.

Posté par Old_Papistache à 23:59 - Commentaires [21] - Permalien [#]
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