Elle sera déçue, Tilu, quand elle viendra fouler les forêts percheronnes.

panorama


        Point de panorama grandiose.
        Aucune vision vertigineuse sur les collines pierreuses.
        Pas de paysages où l’œil se perd,
        ni de trouées magnifiques sur une falaise déraisonnable.

        De perspective confondante, inutile d’en rêver.

Quand je marche en forêt, je baisse le nez et je vois ça.


jolieA gauche, un étrange animal aux écailles toutes de douceur empreintes, sur le dos duquel se dressent de sombres toupets émeraude.







A droite, la vase fétide et nocive d’Anglora,
lointaine planète aux confins de l’univers des Fanes.laide












Je baisse le nez, pour éviter de néantiser ces trésors d’une semelle lourde et colonisatrice.

moussess


Je baisse le nez au mépris du danger. Les arbres, en forêt, ne s’ingénient-ils pas à se placer en travers du passage du promeneur voûté ? Encore que les arbres, bien casqué — accessoire indispensable au randonneur un peu cintré— on se remet vite de la rencontre, surtout si le tronc, pourri, héberge des perles de nacre.perles









Non, le danger, c’est cela.
troudo
















Elle sera déçue, Tilu, quand elle viendra fouler le tapis de feuilles mortes.

Tiens, une comparaison me vient au bout  des doigts. Je pense à Darwin et à ses pinsons des Galapagos, à ses iguanes des mêmes îles.

Tilu, elle s’est adaptée aux collines provençales. L’œil de l‘aigle, le pied sûr, la petite taille comme ces pins qui poussent sur les arêtes rocheuses, économie de surface pour déperdition d’eau  minimale, aiguilles plutôt que feuilles.

Ici, les arbres
marofeuillestrempent leurs racines dans l’eau
et s’élèvent à des hauteurs
où aucun humain ne les concurrence.












Elle ne sera pas déçue, Tilu, bien sûr que non !

C’est juste une manière de renouveler l’invitation.
L’osmondecrosses_osmondes_avril aura déroulé ses crosses. J’arrête les miennes,

et puis, on évitera les jours de chasse.tir___balles