Papistacheries

Vains petits écrits

dimanche 30 mars 2008

Disette matutinale

Pour patienter, je poste une image qui n'avait pas trouvé grâce aux heures chaudes des petits déjeuners et qui aspirait à voir le jour un matin de disette.

sept_diff_rences

sept_diff_rencessoluce

Eh bien non, j'en vois une huitième dites donc !

Posté par Old_Papistache à 05:01 - Commentaires [17] - Permalien [#]

samedi 29 mars 2008

Message à caractère informatif

 

C'est gentil à vous de vous soucier de ma santé.

Des obligations professionnelles à honorer en masse me tiennent éloigné de l'ordinateur.

Je n'ai pas le temps de répondre à vos commentaires, ni même de commenter à droite et à gauche, et il semble impossible d'empêcher que la nuit prochaine ne perde une heure.

Mais mon cœur bat toujours et je me soigne à la confiture !

A bientôt !
Papistache.

Posté par Old_Papistache à 13:10 - Commentaires [5] - Permalien [#]

jeudi 27 mars 2008

N'ouvre pas, c'est peut-être la police

Personne ne s’étonnera.
        Tout le monde savait.
                Six milliards d’habitants, un seul demeurait encore dans l’ignorance !

                                Depuis ce matin,
                                    mes yeux se sont ouverts.
                                                                                    Enfin,
                                                                                                mes yeux ?
                                                                                                                        Jugez-en  !

Petit déjeuner ultra classique avant de prendre les rênes de la calèche.
Main devant la bouche quand tu tousses.

            Angine banale mais fulgurante.
            Petites douleurs la veille au soir.
            Combat de rats au fond du larynx pendant la nuit.
            Déglutition difficile au matin.

Ne me plaignez pas, si c’était ce que j’avais voulu je m’y serais pris autrement.


Le thé n’apaise pas la douleur,
                                                        ni ne l’augmente.

Pas de tartines, non merci.
Juste une boisson chaude.
Ça ira.
On a connu pire dans les tranchées en 14.
Laisse, je débarrasse la table pendant que tu sors Tempête de l’écurie.


Les bols dans l’évier.
Le pain roulé dans un torchon propre.
La boîte à thé entre la boîte à thé et la boîte à thé. 
La confiture au réfrigérateur.
Ne gaspillons pas, je lèche la cuillère avant de la passer sous le robinet.


Soulagement immédiat.

Une gorge de nouveau-né. Plus une seule irritation.


Gelée de coings, automne 2007.


    Serait-ce le froid qui m’aurait procuré cette sensation ?
        J’en doute.
    Vérifions.
        Une cuillerée de moutarde à l’ancienne aura-t-elle le même effet ?
    Je n’ai pas essayé !
        Pourquoi ?
    Comme ça !
        Une intuition !
    Plutôt une cuillerée de crème de marrons.
        Je n’ai pas essayé.
    Comme ça !
        Le frigo en était dépourvu, aussi !

Soyons honnête, la douleur est revenue assez vite, mais j’ai attendu toute la journée de rentrer au bercail, soigner les chevaux, ranger la calèche, curer les box, etc., avant de me précipiter à la cuisine.

Avec cérémonie, je prélève une dose allopathique de la précieuse gelée et... soulagement immédiat !
Authentique !

— Epouse-Aux-Bassines-En-Cuivre, ta potion est divine !  J’hésite à publier ce billet, tous les  pharynx en feu du royaume ne risquent-ils pas, désormais, de frapper à notre huis ? Je ne voudrais pas que tu croupisses en cellule, sur la paille humide, pour exercice illégal de la médecine.

Posté par Old_Papistache à 06:01 - Commentaires [25] - Permalien [#]

mercredi 26 mars 2008

Haïku de l'ombre

A bon jardinier
Jamais la mousse ne croît
Au manche de sa fourche

MOUSSE

Posté par Old_Papistache à 06:01 - Commentaires [18] - Permalien [#]

lundi 24 mars 2008

La désescalade

Toto, gaillard, se rend à l'église en compagnie de la Politesse.  Soudain, les entrailles de la Politesse se nouent ; alors la jeune personne supplie Toto de lui indiquer un endroit où elle pourrait  mettre un terme à ses souffrances. Toto lui répond :

— "Va, ne sois pas fière ; installe-toi derrière l'église !"

Sur le parvis, Toto rencontre Monsieur le curé qui lui lance :

— "Bonjour Toto !"

Toto ne répond pas. Alors le curé l'apostrophe :

— "Et la politesse ?"

Toto :

— "Elle est en train de chier derrière l'église !"


Et dire que Val doutait que je parvienne à me surpasser aujourd'hui !

Posté par Old_Papistache à 23:59 - Commentaires [19] - Permalien [#]

dimanche 23 mars 2008

Trop émotif

    J’ai conservé des événements du 7 juillet 1985 comme un écheveau confus. Il faut dire que je n’en ai jamais parlé à qui que ce soit. Je vais en avoir le cœur net. J’avais fini par me persuader que ça n’avait été qu’un rêve. Au fil des ans, j’ai refoulé mes impressions, mes sentiments et ces images pour ne plus entretenir qu’un fil s’amenuisant chaque jour.

    Et puis, ce matin, j’ai réalisé que j’allais pouvoir vérifier, voire réactiver tous mes souvenirs.

— "M. Papistache, vous ne nous connaissez pas, mais vous allez comprendre. Suivez-nous !"

    J’ai réalisé en m’asseyant dans la voiture. Sans me vanter, je suis assez performant quand il s’agit de faire fonctionner mes neurones. C’est sûrement pour cela que j’ai été choisi d’ailleurs. Assurément.
J’ai reconnu le sigle sur la serviette du  militaire, celui que je portais, cousu sur ma chemisette, cet après-midi de juillet 1985 quand j’ai frappé à la porte de mon domicile de l’époque et que je me suis fait entrer.

— "Bonjour ! Vous avez lu Jules Verne et Barjavel ?" C’est ainsi que je me suis présenté. Du moins, c’est ce que j’ai gardé en mémoire.
J’ai acquiescé. Je me suis suivi et nous nous sommes assis. Moi, sur le canapé et moi sur le fauteuil.

    L’intérieur est fidèle à mon souvenir. Je pensais juste que nous avions déjà changé la moquette verte en 1985. Pas encore.  C’est bien moi, en plus jeune. Comme sur les rares photographies de l’époque. Plus maigre, plus nerveux, l’œil clair et vif. Je m’écoute avec concentration. J’essaie de cacher mon trouble, je suis fort pour cela, je l’étais déjà. Une fine veine bleue bat à ma tempe droite.

    Je me souviens de ce vieil homme qui s’était fait passer pour moi. Un voyage dans le temps. Expérimental. Je l’ai cru. Ainsi je resterais maigre et élancé mais je finirais chauve. Une grosse veine battait à ma tempe droite. Moi, j’essayais de cacher mes ongles noirs ; je rentrais du jardin, j’avais nettoyé les fraisiers envahis par le liseron. Le son de ma voix m’a déplu. Trop aiguë ! Je rêvais déjà à l’époque de posséder la voix de Philippe Noiret. Raté !

    Je lui redis ce que j’ai entendu voici vingt-trois ans. Pourtant je ne récite pas. Je m’écoute mais je vois bien, au fond de mes pupilles dilatées, que je gamberge ferme.

    Tout revient si vite. J’ai bien commencé, je parlais clairement, mes propos s’emboîtaient avec précision et soudain, je le revois avec clarté, j’ai bégayé, j’ai rougi et je suis resté interdit, comme frappé d’hébétude. J’ai respecté mon silence. Une conséquence de la téléportation ai-je pensé. Je suis rapide pour formuler des hypothèses. J’ai attendu que je reprenne mes esprits puis j’ai fini par douter d’avoir conservé mes facultés intactes. Je me suis trouvé l’air pitoyable et je me suis laissé sortir sans prendre congé, reculant vers la porte.

    Aujourd’hui, après vingt-trois ans, je sais enfin pourquoi !

    Par dessus mon épaule, à travers la vitre de la porte de la cuisine, je l’ai vue, elle, revenant de promenade par le chemin de la Mission. Elle portait sa robe blanche à fines bretelles. Un frisson a parcouru mon échine et j’ai senti, aussi vif qu’autrefois, le désir enfler mes veines. Elle marchait, féline et légère. Comme les cheveux courts lui vont bien. A côté d’elle, les trois filles. Rosette écrasait dans sa menotte un bouquet de fleurs des champs. Pâquerette, songeuse s’accrochait à la ceinture de la robe blanche tout en suçant son pouce et Grisette, portée “à bras”, la tête contre le cou de sa maman, désignait du doigt un oiseau que je n‘ai pas vu.
    Je me suis levé sans rien dire, me laissant sur le fauteuil un peu ébahi et j’ai quitté le salon à reculons en emportant d’elle une image si vive et pimpante qu’en écrivant, ce soir, après qu’ils m’ont déposé devant la porte, sans autre commentaire, je ne puis ni ne veux m’en défaire.

    Les militaires tireront les conséquences de mon échec. Je ne me suis jamais plus retrouvé face à moi-même !

    Tout à l’heure, sur l’oreiller, je vais lui conter une histoire qu’elle croira sortie de mon imagination et je ne tenterai pas de la contredire.

Posté par Old_Papistache à 23:59 - Commentaires [17] - Permalien [#]

samedi 22 mars 2008

Interlude

Je cligne des yeux, Mowgli éclate de rire.
Je recommence, il se tord.

Comment voulez-vous que je me consacre à l'écriture ?

Posté par Old_Papistache à 17:25 - Commentaires [10] - Permalien [#]

vendredi 21 mars 2008

Thé CDXLVI

Épouse-L’oreille-Attentive m’apostrophe :
— Dis, Petit-Homme, la morosité ne se serait-elle pas emparée de tes amies de plume ? La lecture que tu me fais de leurs journaux intimes respectifs n’incline pas à  l’allégresse. Quelle sombre adversité rôde-t-elle au-dessus de leurs têtes ? Ne te resterait-il pas quelques tisanes de 2007 à dresser sur la table de la cuisine qu’elles y plongent leurs lèvres pour s’y réchauffer ?

Attendez !
    C’est une traduction !
        Épouse-Qui-Parle-D’or n’use pas exactement des mots qui s’échappent de la pulpe de mes  maigres phalanges.


Triviale, elle aurait sorti :
— Eh ben, mon comp [pour compagnon, certainement , une particularité méridionale, sans doute] c’est pas la joie chez tes copines ! Elles ont avalé un parapluie ou quoi ?
Mais Épouse-Au-Langage-Fleuri, quand bien même sa vie en dépendrait, ne saurait jamais recourir au vocabulaire de charretier.

— Tes chroniques matutinales manquent, sais-tu ? Moi-même, je reprendrais bien une petite tasse de breuvage tiède en compagnie des habitués de ton bar à thés. Dommage que tu aies perdu la main ! Ça ne fait rien !

        Quelle lucidité chez ma doulce épouse !
        Elle me connaît tant.
        Elle sait  la plaie par laquelle ma verve s’écoule à flots continus.

        Et elle ne fait rien pour endiguer l’hémorragie ?

Elle me pique au vif !


    Bon !
    Ne lisez pas les lignes qui viennent de m’échapper.
    Val vous dira comment faire !
    Quand je claquerai des doigts, vous aurez oublié les deux minutes qui auront précédé.
            — Clac ! font les doigts !

Thé CDXLVI


“Au café des marguerites”, la nouvelle pendule décompte les minutes. Choisie pour que le Papistache noctambule puisse y  lire l’heure sans ses lunettes.
        Une horloge de gare ?
                Quasi !


Silencieuse amie qui surveille et contrôle le temps d’infusion des thés du jour. C’est que cinq minutes de l’un ne valent pas pour les quatre de l’autre.
Oh, une double ( ) !
( Comme tout un chacun, je m’adonne aux joies de l’index inquisiteur et j’ai trouvé, me livrant au petit jeu,  un blogue québécois uniquement axé sur le thé. La personne — ce n’est pas une inconnue — avoue  user d’une  batterie de minuteurs afin de ne jamais se laisser surprendre. Je crois qu‘elle ne lisait les chroniques ridées que pour en respirer les vapeurs des thés percherons. Addiction, addiction ! )

Toutefois, mes incursions nocturnes au rez-de-chaussée sont du domaine du fantasme. Quand l’envie m’en prend, j’urine par la fenêtre, directement dans la gouttière* et si d’aventure ma montre s’oublie sur la table de nuit, je ne me hasarderais point à  dévaler l’escalier sans avoir chaussé mes lunettes. Une marche est si vite oubliée et de là à ce que je pose le pied précisément sur l’absente et je disparaîtrais, allez savoir où ?

        Non, la pendule donne l’heure, c’est déjà bien assez !
        Enfin, elle donne !
        Elle restitue !
        C’est qu’une pile en ses entrailles la conduit et la guide.
     Je la mets au défi, sans le petit cylindre d’acier, logé en son sein, de servir à autre chose que de  réceptacle à chiures de mouches.


Cependant, des mouches, en ce moment,  nous n’avons guère à redouter, aussi, la chose dont nous débattons, se contente-t-elle de nous rappeler à nos obligations professionnelles.

Tic-Tac ! Ton thé l’est trop chaud !
Tic-Tac ! Ton thé l’est trop chaud !
Tonthélétrochaud !
Tontélétrocho !
Tontélétrocho !


Ce doit être sa ressemblance avec une horloge de gare que se martèlent ces mots rythmés par le passage à intervalles réguliers des roues de la machine sur les jointures des rails.

Tontelétrocho !
Tontelétrocho !


Tchou ! Tchou !
Le petit train s’enfonce dans la verte campagne !
Tontélétrocho !
Tontélétrocho !


— Bientôt doux Époux-De-La-Gare-Le-Sous-Chef, il nous faudra réclamer les électrochocs pour te faire revenir sur terre. J’aime assez les tartines, fallait-il pourtant que tu alignes, jusqu’à la porte de l’entrée, tous les petits pains suédois, comme autant de wagons à la remorque de ton bol fumant ? Allons doux ami, changeons de véhicule, sors du garage notre vieille automobile, je remise jusqu’à demain tes jouets ferroviaires.

Sontélététrocho !
Sontélététrocho !



* Ne cherchez pas à percer le mystère,
sachez qu’il est possible,
n’essayez même pas de vous représenter l’action,
clac ! font les doigts
je détiens les droits de retransmission télévisée
pour le siècle à venir
et ne les cèderai 
en aucune circonstance.

Posté par Old_Papistache à 06:01 - Commentaires [12] - Permalien [#]

mercredi 19 mars 2008

NEUF LIVRES

Je me suis vanté de pouvoir raconter le souvenir que j’ai de ma naissance.
        Vantard !
En fait, c’est du souvenir de ce souvenir qu’il s’agit.
        Nuance ! Mais vantardise encore !

Je jette au panier toutes les versions que je griffonne depuis dimanche.
            Ordre chronologique ?
                Retour en arrière ?
                        Souvenirs entrecroisés ?

Je jette tout.

C’est difficile. Ce n’est pas de la fiction.

Ma sœur aînée lisait beaucoup.  Chaque fois que je le pouvais, je m’emparais de ses livres.
    Quel rapport ?

Je pesais neuf livres à la naissance. Maman le disait souvent.
    Quel rapport ?

Longtemps, enfant, j’ai joué dans la grange à foin. C’étaient de longs après-midi emplis de rires et de douceur. La grange était couverte, il y faisait sombre. Certainement une lucarne devait-elle distribuer une chiche lumière, j’ai oublié. Chaud ! Il y faisait chaud. Le foin sentait incroyablement bon. Ah ! ces après-midi !

Seulement, arrivait toujours un moment où je devais quitter mon douillet repaire.
        Maman m’appelait-elle ?
        Avais-je conscience qu’il était l’heure ?

Je cherchais, entre les ballots empilés, les interstices par lesquels me glisser pour obéir à l’appel. La lumière du jour n’y parvenait pas. Invariablement, je sentais monter l’angoisse alors que le tunnel dans lequel je m'étais faufilé enserrait mes épaules et comprimait ma poitrine..

Ma sœur — appelons-la Camille !— cachait certains livres pour qu’ils échappent à ma curiosité. La maison était petite et les cachettes rares. “La religieuse” de Diderot connut le havre de la soupière de Grand-Mère. Cacher un livre sur la religion, Camille était folle ! J’étais déjà athée. “Introduction à la psychanalyse” de Sigmund Freud m’a, à jamais, interdit l’accès à la grange à foin. La soupière était déjà occupée !

Nous n’avions pas de grange à foin. Papa était ouvrier, pas agriculteur !

Neuf livres ! Quatre kilogrammes cinq cents. Maman me le disait souvent. L’accouchement fut difficile. Maman a souffert. La sage-femme poussait au derrière du gros bébé.

Ne me reste plus que le souvenir de ces rêves. Ces rêves si agréables qui s’interrompaient toujours de la même façon. Ce lent cheminement vers la sortie. Ce rétrécissement qui m’étouffait et me faisait m’éveiller en sueur.

Après la lecture du père Freud, j’ai longtemps lutté pour refaire, ne serait-ce qu’une fois, ce rêve, qui me faisait mal mais que j’aimais tant. Mais la démonstration de Sigmund avait mis un point final à l‘accouchement. C’était terminé ! C’est terminé !

Une autre fois, si vous vous tenez bien, mais alors vraiment bien, je vous dirai comment j’ai phagocyté mon jumeau et comment j’ai cessé de creuser le sol de la cave pour y retrouver les ossements du bébé que j’y avais enfouis.

Nous n’avions pas de cave à la maison. Ça ! vous l’aviez deviné.   

Neuf livres !

Posté par Old_Papistache à 17:07 - Commentaires [17] - Permalien [#]

mardi 18 mars 2008

Post-it jaune

post_it

Posté par Old_Papistache à 06:01 - Commentaires [12] - Permalien [#]
« Accueil  1  2  3   Page suivante »